Femme voilée intimidée par la Police: le témoignage d'Amina
17:26, 14/09/2026, lundiM: Mise à jour: 18:13, 14/09/2026, lundi
Yeni Şafak

David BizetNouvelle Aube
Amina (nom changé), qui se décrit comme une "femme ingénieure noire, voilée et pudique" témoigne de l'abus policier qu'elle a subi à Paris.Amina (prénom changé) raconte un contrôle policier qu'elle juge abusif à Châtelet, à Paris, début septembre 2026. Trois agents l'interpellent alors qu'elle cherche son chemin. Elle dénonce une accusation d'insulte contestée, une pièce d'identité délibérément lâchée et une photo prise sans son accord. Le contrôle ne révèle aucune infraction. Amina refuse de porter plainte et appelle les musulmans de France à envisager un départ vers l'étranger.
Amina raconte un contrôle qu'elle juge abusif. La scène se déroule à Châtelet, à Paris, début septembre 2026. Cette jeune ingénieure a accepté de témoigner en exclusivité pour Nouvelle Aube, sous un prénom changé.
Elle cherchait simplement son chemin. Son téléphone affichait un GPS, direction un magasin d'articles de randonnée. C'est alors qu'une policière l'interpelle, casquette vissée sur la tête.
Le déroulé du contrôle selon le récit d'Amina
Amina ne réagit pas tout de suite. Châtelet grouille de monde en semaine. Elle ne pense donc pas que l'appel lui est destiné.
La policière insiste une seconde fois. Trois agents s'approchent alors pour la contrôler. Amina demande aussitôt le motif de ce contrôle. Les policiers répondent qu'ils "ont le droit" de la contrôler, sans autre précision.
Ils l'interrogent ensuite sur le contenu de son téléphone. Amina refuse de répondre. Selon elle,
"ce n'est pas leur problème"
ce qu'elle regarde sur son écran.Une question sur l'origine qui fait basculer l'échange
Amina remarque alors un policier qu'elle identifie comme d'origine maghrébine. Elle lui demande son origine. Il refuse de répondre et déclenche sa caméra-piéton.
À partir de cet instant, la situation se tend. Amina rapporte quatre faits précis qu'elle juge problématiques.
Quatre reproches formulés par Amina contre les policiers
D'abord, un agent affirme qu'elle l'a insulté. Amina dément fermement cette accusation.
Ensuite, une policière lui demande sa pièce d'identité. Amina tend son étui, contenant sa carte grise et son permis de conduire. La policière le fait tomber. Amina y voit une tentative délibérée de la déstabiliser,
"pour que j'aie une réaction abusive".
Elle affirme aussi que la policière a photographié son permis de conduire avec son téléphone personnel. Enfin, un troisième agent prétend qu'elle
"traîne tout le temps"
à Châtelet. Amina conteste cette affirmation. Elle dit voyager fréquemment à l'étranger et n'être passée que pour ses courses ce jour-là.Une vérification d'identité qui ne débouche sur rien
Les policiers demandent ensuite son adresse et sa date de naissance. Amina répond sans difficulté. Le contrôle ne révèle aucune infraction.
"Je ne ressemble pas du tout à un voyou"
, résume-t-elle. Selon elle, rien ne justifiait donc ce contrôle dès le départ.Ce témoignage s'inscrit dans un débat ancien en France. Plusieurs études, dont celles menées par le Défenseur des droits, ont déjà documenté des écarts significatifs dans la fréquence des contrôles d'identité selon l'apparence physique perçue.
La réaction d'Amina: la douceur plutôt que la colère
Amina reconnaît avoir ressenti de la colère et de l'injustice. Elle dit toutefois avoir choisi une autre voie.
Elle cite l'exemple du prophète Mohammed (Paix et Salut sur Lui), confronté selon elle à de nombreuses injustices. Elle affirme s'être inspirée de sa douceur face à l'agressivité.
C'est pourquoi Amina refuse de porter plainte. Elle explique ne pas faire confiance à la justice française, qu'elle juge
"profondément islamophobe"
et "raciste".
"Il est temps de partir"
Amina veut transformer son expérience en message de prévention. Elle s'adresse en priorité aux musulmans de France.
Selon elle, il est
"temps"
de quitter le pays. Elle appelle les jeunes générations à choisir des formations qualifiantes, reconnues à l'international. L'objectif affiché: pouvoir s'installer en Afrique, au Moyen-Orient ou en Asie.Amina insiste sur un point. Pour elle, partir n'est
"pas un échec".
C'est avant tout, dit-elle, "mettre sa religion en priorité".
Une visibilité revendiquée pour les femmes voilées
Amina se présente comme ingénieure, formée et passée par de grands groupes du CAC 40. Elle s'exprime en tant que
"femme noire, voilée et pudique"
, catégorie qu'elle juge "sous-représentée"
dans les médias.Elle rejette enfin l'argument du vote comme seule réponse. Voter pour
"le moindre mal"
ne résout rien, selon elle, aux problèmes "de base"
qu'elle évoque: la liberté de pratiquer sa religion.
Ce qu'il faut retenir de ce témoignage
Amina décrit un contrôle qu'elle juge abusif, survenu à Châtelet début septembre 2026. Son récit, non contredit à ce jour par une version officielle, met en cause le comportement de trois agents.
Au-delà du contrôle lui-même, Amina en tire un message plus large. Elle appelle les musulmans de France à envisager un départ, au nom de leur liberté religieuse.
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