Lescure craint la contestation des centres de données en France
13:23, 03/09/2026, jeudi
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ALLISON JOYCEAFP
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, arrive à Asheville, en Caroline du Nord, le 31 août 2026, pour participer à la réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du G20.Le ministre français de l'Économie Roland Lescure a averti mercredi que la contestation contre l'implantation de centres de données observée aux États-Unis pourrait également émerger en France, appelant les entreprises à obtenir leur "licence sociale".
Selon des propos rapportés mercredi, le ministre français de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, a indiqué depuis San Francisco que la contestation contre l'implantation de centres de données, déjà observée aux États-Unis, pourrait également émerger sur le territoire français.
"Honnêtement, sous différentes formes, cela pourrait aussi arriver en France. Nous en sommes très conscients",
a-t-il déclaré lors d'un point presse dans la capitale californienne où il rencontrait plusieurs acteurs de la Silicon Valley pour évoquer les investissements technologiques bilatéraux.Le ministre a appelé les entreprises développant ces infrastructures indispensables à l'intelligence artificielle à obtenir leur
"licence sociale"
, c'est-à-dire l'acceptation des populations locales."Quiconque installe un centre de données doit convaincre"
et expliquer aux habitants les retombées attendues en matière d'emplois et de création de valeur, a-t-il estimé.Des parallèles historiques avec le nucléaire et le TGV
Par ailleurs, Roland Lescure a comparé cette démarche à celle menée pour les centrales nucléaires dans les années 1970, le TGV dans les années 1980 et, aujourd'hui, les parcs éoliens.
Selon lui, les territoires accueillant déjà des centrales nucléaires sont désormais favorables à la construction de nouveaux réacteurs après avoir constaté leurs retombées économiques locales, illustrant ainsi l'importance de gagner l'adhésion des populations sur le long terme.
Les atouts français pour l'implantation de data centers
De plus, le ministre a mis en avant les atouts de la France pour attirer les investissements dans les centres de données, citant notamment une électricité
"décarbonée et bon marché"
, la stabilité du réseau ainsi que l'accélération des procédures d'autorisation. Il a également souligné le rôle de groupes français comme Schneider Electric et Legrand dans la chaîne d'approvisionnement des infrastructures d'intelligence artificielle, mettant en avant l'expertise industrielle nationale dans ce secteur stratégique.
Cette nouvelle activité industrielle doit contribuer à créer de la richesse en France et à financer son modèle social, a-t-il ajouté en rappelant l'objectif de souveraineté technologique européenne.
Contexte américain et réaction européenne
Aux États-Unis, les centres de données, fortement consommateurs d'électricité, sont devenus un sujet des élections de mi-mandat, tandis que les dirigeants de Nvidia, Meta et SpaceX ont appelé les gouvernements à accélérer leur construction lors d'une réunion du G20 en Caroline du Nord.
Toutefois, interrogée en marge de cette réunion, la vice-présidente de la Commission européenne Henna Virkkunen a jugé qu'une concentration de ces infrastructures dans les seuls pays européens disposant d'une énergie abondante et bas carbone ne constituait
"pas une bonne solution"
pour l'équilibre du continent.Pour rappel, la demande croissante en capacités de calcul pour l'intelligence artificielle générative pousse les géants technologiques à multiplier les projets d'infrastructures à travers le monde, soulevant des interrogations sur leur empreinte énergétique et leur acceptation locale dans plusieurs démocraties occidentales, notamment en Europe et en Amérique du Nord.
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