Mélenchon : Netanyahu "menace l'Angleterre" et "ne sait pas à qui il a affaire"
10:20, 03/09/2026, jeudi
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THOMAS SAMSONAFP
Jean-Luc Mélenchon, fondateur du parti de gauche "La France Insoumise" (LFI), participe à un débat opposant sept candidats à l'élection présidentielle française de 2027, lors de la deuxième journée du rendez-vous des entrepreneurs français "La REF 2026", organisé par le MEDEF, sur le court Chatrier du complexe de Roland-Garros à Paris, le 27 août 2026.Le dirigeant de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a vivement critiqué l'absence de réaction de Paris face aux conflits à Gaza et au Liban, tout en commentant les récentes menaces israéliennes à l'encontre du Royaume-Uni, lors d'une conférence mercredi.
Menaces israéliennes et passivité française
Selon des sources concordantes, le président du groupe La France insoumise (LFI) a tenu des propos virulents mercredi lors d'une conférence consacrée à la politique étrangère française et aux défis géopolitiques actuels.
Évoquant les déclarations récentes du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, Jean-Luc Mélenchon a déclaré :
"Je vois que Netanyahou menace l'Angleterre".
Il a ajouté, à l'adresse des autorités britanniques : Il n'a pas l'air de savoir à qui il a affaire, là.
Par ailleurs, le candidat à la présidentielle a affirmé :
"Le massacre continue à Gaza et au Liban"
. Interrogeant l'attitude de Paris sur la scène internationale face aux conflits qui secouent le Proche-Orient, il a estimé : "Que fait la France ? Rien".
Il a également évoqué l'épisode du porte-avions français déployé dans le détroit d'Ormuz lors des tensions récentes avec l'Iran, soulignant avec une pointe d'ironie :
On a envoyé le porte-avions, il est revenu. Qu'est-ce que tout ça voulait dire ? On ne sait pas.
Ces critiques interviennent alors que le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a prévenu mardi que Tel Aviv riposterait avec fermeté à d'éventuelles sanctions britanniques.
"Si le Royaume-Uni agit contre l'État d'Israël, alors l'État d'Israël agira contre le Royaume-Uni"
, avait-il déclaré, alors que Londres prépare des mesures restrictives liées aux attaques récurrentes de colons israéliens en Palestine occupée.Inquiétudes sur la RD Congo et le Québec
Dans le même temps, Mélenchon a élargi son analyse géopolitique à d'autres zones de crise, exprimant une vive inquiétude au sujet de la République démocratique du Congo.
Qualifiant ce pays de
"plus grand pays francophone du monde"
et de "plus grand peuple francophone du monde"
, il a avancé le chiffre de "100 millions"
d'habitants confrontés selon lui à "une épidémie épouvantable"
qui menace de s'étendre.De plus, il a évoqué la situation précaire du Québec, qu'il a décrit comme confronté à
"le voisin grossier, violent, vulgaire, qui les menace"
. Il a affirmé que
"les Français"
feraient face à une situation comparable, sans toutefois préciser davantage cette analogie ni nommer explicitement les parties concernées.Polémique sur le port du voile
Mélenchon est également revenu sur la reprise du débat autour du port du voile dans l'espace public, qu'il a jugé lassante après quinze ans de controverses récurrentes.
"Ça fait quinze ans que ça dure",
a-t-il déclaré avec exaspération, estimant que "tout le monde en a plein le dos"
. Il a jugé "humiliant"
pour la démocratie française que ce sujet occupe à nouveau une place centrale dans le débat public.En outre, il a rejeté l'idée d'une simple
"diversion"
politicienne, affirmant au contraire : "C'est recommencer à diviser les Français entre eux".
Il a dénoncé le principe selon lequel
"une institution politique décide comment les femmes s'habillent ou ne s'habillent pas"
, soulignant l'aspect liberticide et patriarcal de telles dispositions législatives.Par ailleurs, Mélenchon a indiqué avoir lui-même évolué sur cette question au fil des années et des rencontres.
"Il y a 20 ans aussi, je n'étais pas d'accord avec cette histoire de voile"
, a-t-il reconnu avec franchise, ajoutant avoir été convaincu du contraire après avoir échangé avec des femmes voilées, des femmes croyantes non voilées et des femmes non croyantes. Il a conclu sur ce point : J'ai été convaincu. Et j'ai changé d'avis. Je me suis dit, j'ai fait une erreur terrible.
Risques d'escalade internationale
Concluant son intervention, Mélenchon a estimé avoir
"l'impression qu'une masse s'agglomère"
, en référence à la conjonction des crises internationales actuelles. Il a ajouté chercher
"dans l'histoire des comparaisons de cette nature"
sans vouloir, selon ses mots, "affoler davantage"
l'auditoire, mais en évoquant le risque réel que cette situation se traduise par des développements "auxquels nous ne serons absolument pas préparés, comme collectif"
, si ceux-ci intervenaient "avant 2027".
Pour rappel, le projet du Rassemblement national d'interdire le port du voile dans l'espace public et de sanctionner les contrevenantes par une amende suscite de nombreuses réserves au sein de la classe politique.
Le gouvernement met en doute sa constitutionnalité et son applicabilité concrète, tandis que la députée Danièle Obono dénonce une stigmatisation visant les femmes musulmanes et qu'un représentant de la police alerte sur les difficultés opérationnelles de mise en œuvre d'une telle interdiction.
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