France: l'Arcom inflige une amende de 200 000 euros à CNews
10:55, 30/07/2026, jeudi
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Lionel BONAVENTUREAFP
L'Arcom inflige 200 000 € d'amende à CNews pour des propos incitant à la haine dans deux émissions de 2025.L'Arcom a infligé une amende de 200 000 euros à CNews pour des propos de nature à inciter à la haine. La décision vise deux émissions de 100 % Politique diffusées en 2025. Le régulateur pointe des stéréotypes sur les personnes issues de l'immigration et des références au "grand remplacement". La chaîne va saisir le Conseil d'État. Depuis janvier 2026, ses amendes atteignent 300 000 euros.
L'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a infligé une amende de 200 000 euros à la chaîne française CNews. Le régulateur reproche à la chaîne d'avoir diffusé des propos de nature à
"inciter à la haine"
. Ces manquements concernent plusieurs émissions diffusées en 2025. La décision a été rendue publique mercredi.Cette sanction confirme une tension durable entre le régulateur et la chaîne du groupe de Vincent Bolloré. En effet, ce n'est pas la première fois que l'Arcom sanctionne CNews pour des faits similaires.
Une amende de l'Arcom liée à deux émissions de 2025
La sanction a été adoptée le 24 juillet. Elle vise des manquements constatés dans deux éditions de l'émission 100 % Politique. Ces éditions ont été diffusées les 2 juin et 1er septembre 2025.
Selon l'Arcom, les questions liées à l'immigration et à l'intégration relèvent du débat d'intérêt général. Par ailleurs, elles bénéficient d'une protection renforcée de la liberté d'expression. Cependant, cette protection ne saurait justifier la diffusion de propos légitimant des attitudes discriminatoires.
Le régulateur reproche à la chaîne d'avoir laissé diffuser des déclarations sans contradiction suffisante. Ces déclarations véhiculaient, selon lui,
"des stéréotypes particulièrement infamants et inquiétants à l'encontre des personnes supposées issues de l'immigration".
Les émeutes post-Ligue des champions au cœur du dossier
La première séquence remonte au 2 juin 2025. Elle était consacrée aux violences ayant suivi la victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des champions.
Ce soir-là, le chroniqueur Erik Tegnér était sur le plateau. Fondateur du média identitaire Frontières, il avait établi un lien direct entre les émeutes et l'immigration.
De plus, il avait approuvé des déclarations d'Éric Zemmour. Ce dernier attribuait ces violences à des
"enfants de l'immigration arabo-musulmane"
. Ainsi, le débat glissait du fait divers vers une lecture ethnique des événements.Le "grand remplacement" visé par le régulateur
La seconde séquence a été diffusée le 1er septembre 2025. Elle portait sur une élue portant le voile lors d'une réunion du conseil communal de Molenbeek-Saint-Jean, en Belgique.
Au cours de l'émission, des références à la théorie du
"grand remplacement"
ont été formulées. Cette théorie était présentée comme un "projet"
de "contre-colonisation"
lié à l'islam.Pour l'Arcom, ces propos étaient
"de nature à susciter des sentiments de peur et de rejet"
. Par conséquent, ils pouvaient "inciter à la haine et encourager des comportements discriminatoires".
L'autorité relève enfin un point clé. En effet,
"aucune contradiction ou mise en perspective"
n'a été apportée par le présentateur ou les autres intervenants du plateau.CNews va saisir le Conseil d'État
La chaîne conteste fermement cette décision. C'est pourquoi elle a annoncé son intention de la contester devant le Conseil d'État.
Ce recours prolonge un bras de fer ancien. De son côté, l'Arcom rappelle avoir déjà mis en demeure la chaîne en 2019. Le régulateur a ensuite prononcé plusieurs sanctions en 2021, 2024 et 2026 pour des manquements similaires.
Avec cette nouvelle décision, le total grimpe encore. Ainsi, le montant des amendes infligées à CNews depuis le début de l'année 2026 s'élève désormais à 300 000 euros.
Un enjeu de responsabilité médiatique
Cette affaire dépasse le seul cas de CNews. En effet, elle interroge la responsabilité des chaînes face aux discours de rejet.
La liberté d'expression protège le débat sur l'immigration. En revanche, elle n'autorise pas la banalisation de propos discriminatoires. C'est précisément cette limite que l'Arcom entend faire respecter.
Pour de nombreux observateurs, l'enjeu reste la place du contradictoire à l'antenne. Un plateau équilibré permet, en effet, de confronter les points de vue. À l'inverse, l'absence de mise en perspective peut transformer l'information en tribune militante.
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