Limoges : l'incendie de la mairie circonscrit
12:43, 18/10/2026, dimanche
AFP

Melaine PAYZALAFP
Inauguré le 14 juillet 1883, l'hôtel de ville de Limoges est l'un des édifices emblématiques du patrimoine architectural de la ville. Lors de l'incendie du 17 octobre 2026, sa toiture a été ravagée par les flammes et son campanile de 43 mètres s'est effondré.L'incendie qui a ravagé la mairie de Limoges lors de violences samedi en marge de manifestations contre la vie chère est désormais circonscrit, ont annoncé dimanche les autorités, précisant que le feu avait été allumé sciemment.
Un sinistre d'origine criminelle
Selon les autorités départementales, l'incendie qui a dévasté la mairie de Limoges samedi est désormais circonscrit. Les violences avaient éclaté en marge d'une journée de manifestations en France contre la
"vie chère"
, mobilisation qui a rassemblé des centaines de milliers de personnes de Paris à Marseille à six mois de la présidentielle.Le représentant de l'État dans la région, Maurice Barate, a fermement dénoncé l'origine criminelle du sinistre.
"C'est sciemment que le feu a été mis"
, a-t-il déclaré, fustigeant "une horde sauvage"
responsable d'avoir mis le feu à l'édifice du XIXe siècle et causé de très nombreux dégâts dans la ville.Destruction massive de l'édifice du XIXe siècle
La partie historique du bâtiment a subi des destructions massives, la toiture s'étant effondrée sur elle-même. Le préfet a précisé que l'intérieur était "quasi 100% détruit", tandis que seule la partie arrière moderne a pu être préservée grâce à l'intervention des pompiers.
Dimanche matin, la façade s'inspirant de l'hôtel de ville de Paris demeurait encore debout, également dépourvue de son beffroi et présentant de nombreuses vitres éclatées. Sur la margelle de la fontaine située devant l'édifice, on pouvait lire l'inscription
"Vive la commune"
, une référence explicite aux communes insurrectionnelles qui ont eu lieu dans plusieurs grandes villes françaises, notamment à Paris, à la fin du XIXe siècle.Violences urbaines d'une rare intensité
Environ 5 000 personnes avaient défilé dans les rues de Limoges, dont plusieurs centaines d'individus qualifiés de
"radicalisés et extrêmement violents"
par les autorités. De violents heurts ont opposé ces manifestants aux forces de l'ordre, notamment devant la mairie où des casseurs ont brisé les vitres pour pénétrer dans le bâtiment et y mettre le feu.Par ailleurs, M. Barate a souligné la gravité de la situation devant l'hôtel de ville.
"Il y avait énormément de casseurs devant l'établissement (...) à peu près 800 personnes qui ont dû être dégagées par les forces de l'ordre"
, a-t-il indiqué dimanche matin, décrivant des scènes de chaos inédites pour la ville.Garde à vue et contexte électoral
De nombreux commerces du centre-ville ont parallèlement fait l'objet de pillages, ainsi que d'importantes dégradations, et des particuliers ont été agressés en marge des rassemblements, a indiqué la procureure Emilie Abrantes. En outre, elle a précisé que 17 personnes, dont 7 mineurs, étaient en garde à vue dimanche matin après de nombreuses interpellations.
Pour rappel, la journée de mobilisation nationale contre la vie chère s'est conclue par des affrontements et des scènes de chaos d'une intensité rare sur tout le territoire français. Selon des sources concordantes, ces événements marquent une escalade significative des violences urbaines à l'approche de la présidentielle, vivement condamnée par le gouvernement.
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