Charles-De-Gaulle : 166 jours d'odyssée entre Orion et Ormuz
11:02, 11/07/2026, samedi
AFP

Pascal POCHARD-CASABIANCAAFP
Cette photographie, prise depuis un hélicoptère de la Marine, montre le porte-avions Charles de Gaulle revenant de sa mission « Lafayette 26 » près de Bonifacio, sur l'île de Corse, dans le sud de la France, le 10 juillet 2026.Le porte-avions Charles-De-Gaulle est rentré samedi à Toulon après 166 jours de déploiement, ayant conduit ses Rafale de l'exercice Orion dans l'Atlantique à la crise du détroit d'Ormuz, selon l'état-major de la Marine nationale.
Retour à Toulon après 166 jours de mer
Le porte-avions Charles-De-Gaulle a regagné samedi son port d'attache de Toulon, mettant fin à une mission de cinq mois et demi qui l'a conduit de l'Atlantique Nord aux rives du détroit d'Ormuz. Les personnels du pont d'envol ont formé une haie d'honneur pour accueillir les quatre derniers Rafale catapultés, tandis que l'équipage entamait le nettoyage des coursives dans une atmosphère désormais plus légère.
"On est tous contents de rentrer à la maison",
a confié le second-maître Oriana, marins-pompier de 26 ans chargée de diriger les avions sur le pont, identifiée par son prénom selon les règles de l'état-major français.De l'Atlantique Nord à la Méditerranée orientale
Parti le 27 janvier de Toulon, le groupe aéronaval avait d'abord participé à l'exercice majeur Orion dans l'Atlantique Nord avant d'afficher la présence de l'Otan aux abords de la Scandinavie. Par ailleurs, l'escalade des tensions au Proche-Orient a provoqué un changement de cap radical: le 3 mars, l'état-major a ordonné le ralliement immédiat de la Méditerranée orientale, où Chypre venait d'être visée par des drones. En outre, les 6 000 kilomètres ont été parcourus en seulement six jours, sans interruption des vols ni du ravitaillement des frégates alliées.
"On était parti pour faire acte de présence dans le Grand nord, on n'avait pas prévu de rentrer dans un conflit"
, a reconnu l'enseigne de vaisseau Matthieu, pilote de Rafale, bien que la France ne soit pas belligérante.Diplomatie navale dans le détroit d'Ormuz
Le 6 mai, le groupe aéronaval a franchi le canal de Suez pour rejoindre la mer d'Arabie et soutenir l'initiative diplomatique franco-britannique visant à sécuriser la navigation dans le stratégique détroit d'Ormuz. Selon le contre-amiral Thibault de Possesse, commandant le groupe aéronaval, cette mission illustre la
"diplomatie navale"
et la façon dont "la présence du groupe aéronaval modifie le calcul des acteurs locaux"
. De plus, cette opération revêt un caractère exceptionnel puisqu'il s'agit de la deuxième mission la plus longue du navire depuis son entrée en service il y a 25 ans, a-t-il précisé depuis la passerelle.Conditions extrêmes et prolongation
Toutefois, ce déploiement a été marqué par des conditions climatiques extrêmes, des températures de moins 4 degrés dans l'Atlantique Nord à plus de 70 degrés sur le pont d'envol en mer Rouge. Le capitaine de vaisseau Thomas Puga, commandant le bâtiment, a souligné que les marins doivent savoir
"tenir dans la durée, tenir dans la distance, tenir dans le climat"
, car "on sait quand on part, on sait jamais quand on rentre"
. Par ailleurs, le second-maître Oriana a ajouté: "Je me suis sentie utile, je me suis engagée pour ça, mais là j'en ai marre, les trois dernières semaines ont été assez hard"
. Pour rappel, le Charles-De-Gaulle et son escorte ont mené des vols au-dessus de la mer Noire, de l'Irak et de la Syrie dans le cadre de la mission antiterroriste Chammal.À lire également:

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