Attentat de Trappes : Macron reçoit la famille de Pengo Bossio Wangi
11:14, 06/11/2026, vendredi
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SIMON WOHLFAHRTAFP
Le président français Emmanuel Macron a reçu à l'Elysée la famille de Pengo Bossio Wangi, le 5 novembre 2026.Emmanuel Macron a reçu mardi à l'Élysée la mère et deux sœurs de Pengo Bossio Wangi, tué le 23 octobre lors de l'attentat raciste de Trappes. Les proches ont remercié le président pour son écoute. Le père de la victime avait appelé à la justice, à la paix et à un engagement concret contre le racisme. Le Parquet national antiterroriste enquête sur les faits. L'auteur présumé a reconnu avoir ciblé des personnes d'origine africaine ou musulmanes.
Emmanuel Macron a reçu mardi à l'Élysée la mère et deux sœurs de
Pengo Bossio Wangi
. Ce jeune homme de 26 ans a été tué lors de l'attentat raciste du 23 octobre à Trappes, dans les Yvelines. Le quotidien Le Parisien a révélé la rencontre jeudi.Une rencontre à l'Élysée, loin des caméras
Selon une source proche du dossier citée par Le Parisien, l'entretien a eu lieu mardi. Valérie Bossio, la mère de la victime, y participait. Ses deux filles, Tiffany et Ritsia Brou, l'accompagnaient.
Par ailleurs, la famille a publié un communiqué par l'intermédiaire de son avocat. Elle y remercie publiquement le chef de l'État pour son soutien. Les proches saluent surtout son écoute dans un moment très douloureux.
"Ses paroles réconfortantes nous ont apporté un précieux apaisement dans la douleur immense que représente la perte de notre fils et frère, Pengo"
, ont-elles déclaré. Elles ont ajouté que l'attention du président "a beaucoup compté"
pour elles.Le père de la victime dénonce le racisme en France
Cette rencontre suit une conférence de presse tenue lundi 2 novembre. Ce jour-là, Boléma Bossio Wangi, père de Pengo, a appelé à la justice et à la paix. En revanche, il n'a pas ménagé la société française sur la question du racisme.
Sa fille Ambre Bossio Wangi a lu sa déclaration. Le père y exprime une inquiétude très concrète pour l'avenir de ses enfants.
"Aujourd'hui, dans une France en proie à de fortes tensions identitaires, j'ai peur en tant que père d'enfants noirs"
, a-t-il affirmé.Il a toutefois précisé que la famille fait le choix de la confiance dans la justice française. Cette confiance ne l'empêche pas de pointer des responsabilités. Selon lui, la mort de son fils doit servir à sensibiliser sur
"le racisme qui gangrène la société française depuis des décennies".
Il estime que ce racisme est
"alimenté par certains médias et partis politiques".
Pour lui, le débat public porte une part de responsabilité dans le climat actuel.Un hommage national attendu
Le père a aussi évoqué la perspective d'un hommage national aux victimes. Il a demandé à Emmanuel Macron d'en faire un moment de prise de conscience. Il souhaite surtout un engagement concret contre le racisme, au-delà des paroles.
Après la conférence, il a pris brièvement la parole.
"On n'est pas en colère, on veut simplement la justice et la paix. C'était quelqu'un de bien. On nous a enlevé un ange"
, a-t-il déclaré.Ces mots disent la dignité d'une famille en deuil. Ils rappellent aussi que Pengo Bossio Wangi n'était pas qu'une victime. Il avait 26 ans et des projets.
L'enquête sur l'attentat raciste de Trappes
Pengo Bossio Wangi a été tué par arme à feu le 23 octobre à Trappes. Le Parquet national antiterroriste (PNAT) s'est saisi de l'enquête. Celle-ci avait d'abord été ouverte pour assassinat en raison de l'origine réelle ou supposée des victimes.
L'auteur présumé est identifié comme Kevin T. Il a reconnu avoir
"spécifiquement ciblé"
des personnes "de type musulman"
, "africain"
ou "nord-africain"
. Il reste toutefois présumé innocent jusqu'à un éventuel jugement.Ainsi, la justice antiterroriste traite ces faits comme un acte à caractère raciste. Cette qualification pèse lourd. Elle reconnaît que les victimes ont été visées pour ce qu'elles sont, et non pour ce qu'elles ont fait.
Une famille soutenue jusqu'à l'Assemblée nationale
La famille avait déjà été reçue à l'Assemblée nationale. Les députés y avaient observé une minute de silence en hommage à la victime. Ce geste a marqué les esprits, même si le débat politique a ensuite été tendu.
De plus, plusieurs rassemblements ont eu lieu ces dernières semaines. Des centaines de personnes se sont retrouvées à Trappes, puis dans d'autres villes de France. Elles réclament justice pour Pengo et pour tous les blessés.
Pourquoi cette affaire dépasse un fait divers
Cet attentat pose une question simple. Comment la France protège-t-elle ses citoyens noirs, arabes et musulmans ? Le père de Pengo la formule à sa manière, avec la peur d'un parent.
En effet, les mots comptent dans ce débat. Quand certains responsables et médias banalisent la haine, le passage à l'acte devient plus probable. Les familles des victimes le rappellent, et les associations antiracistes aussi.
C'est pourquoi la promesse d'un hommage national sera scrutée. La famille attend des actes, pas seulement une cérémonie. Elle veut que la mort de Pengo change quelque chose.
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