Mobilisation du 5 novembre: la CGT revendique 1,6 million de manifestants

La rédaction
11:06, 06/11/2026, vendredi
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Mobilisation du 5 novembre: la CGT revendique 1,6 million de manifestants
Ludovic MARINAFP
Près de 1,6 million de manifestants ont manifesté le 5 novembre selon la CGT.

La CGT revendique près de 1,6 million de manifestants en France, dont 350 000 à Paris, lors de la journée intersyndicale du 5 novembre. Le ministère de l'Intérieur en recense près de 600 000. Les deux décomptes en font la plus forte mobilisation de l'automne. Sophie Binet juge la grève efficace et réclame une hausse générale des salaires et du Smic de 10 %.

La CGT revendique près de
1,6 million de manifestants
, jeudi, dans toute la France. La journée intersyndicale du 5 novembre a donc pesé lourd. Le ministère de l'Intérieur, lui, annonce près de 600 000 participants. Pourtant, les deux décomptes mènent à la même conclusion : c'est la plus forte mobilisation sur une seule journée depuis le début de l'automne.

Mobilisation du 5 novembre: deux bilans, un écart énorme

La CGT a communiqué ses chiffres à 17h45, selon BFMTV. Le syndicat compte près de 1,6 million de manifestants à travers le pays. Parmi eux, 350 000 ont défilé à Paris.

Le ministère de l'Intérieur a publié un bilan provisoire à 17 heures. Il recense près de 600 000 participants. Ce chiffre pourrait donc évoluer dans la soirée.

L'écart dépasse un million de personnes. Cependant, ces désaccords de comptage ne datent pas d'hier. Le 17 octobre, déjà, la CGT avançait près de 800 000 manifestants. Le gouvernement, lui, en comptait 550 000.

Ces écarts tiennent à la méthode. Les syndicats additionnent les chiffres de leurs structures locales. Les autorités s'appuient sur les comptages de la police. Ainsi, le débat sur les chiffres accompagne presque chaque grande journée sociale.

Une mobilisation record depuis le début de l'automne

Quel que soit le décompte retenu, le constat reste identique. Cette journée dépasse les précédentes. Elle marque un nouveau palier dans la contestation sociale.

L'appel vient d'une intersyndicale. La CFDT, la CGT, FO, l'Unsa et la FSU l'ont lancé début octobre. Ensuite, les organisations de jeunesse l'ont rejointe. Ainsi, salariés du privé, fonctionnaires, retraités et jeunes étaient invités à défiler.

Sophie Binet: "Rien ne nous arrêtera"

À Paris, la secrétaire générale de la CGT a pris la parole dans le cortège. Sophie Binet s'est félicitée de l'ampleur de la mobilisation. Elle estime que
"la grève est extrêmement efficace"
.
Elle a aussi réaffirmé la détermination de son syndicat face au gouvernement. Sa formule est claire:
"Rien ne nous arrêtera".
Par ailleurs, elle a qualifié la journée de succès.
Ce ton n'est pas nouveau. Le 21 octobre, la dirigeante sortait d'une réunion à Matignon avec le Premier ministre Sébastien Lecornu. Selon elle, le chef du gouvernement n'avait annoncé
"aucune mesure"
. C'est pourquoi elle appelait alors à
"généraliser la grève"
à partir du 5 novembre.

Transports, écoles, services publics: une grève très large

Le mouvement ne se limite pas aux grandes villes. Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF avaient appelé à la grève nationale. Les transports figuraient donc parmi les secteurs les plus exposés.

L'éducation était aussi concernée. Pour la première fois, tous les syndicats de l'enseignement privé sous contrat ont rejoint l'appel, selon le Journal de l'économie. Plus de deux millions d'élèves étaient potentiellement touchés.

Cette convergence explique en partie le poids symbolique de la journée. Public et privé, jeunes et retraités : tous les profils ont répondu présent. Cependant, seuls les chiffres définitifs diront l'ampleur réelle de la grève dans chaque secteur.

Salaires et Smic: le cœur des revendications

Sur le fond, la CGT insiste sur le pouvoir d'achat. Sophie Binet réclame d'"augmenter tous les salaires, et augmenter le Smic de 10 %". En effet, elle juge que le coût de la vie reste élevé et que les salaires stagnent.

Cette hausse de 10 % représenterait environ 170 euros nets par mois, selon Économie Matin. De son côté, la CFDT demande une augmentation nette de 100 euros du Smic. Les syndicats ne réclament donc pas tous le même niveau, mais tous visent le pouvoir d'achat.

Les revendications dépassent d'ailleurs les seuls salaires. Les syndicats défendent aussi les services publics. Ils dénoncent les coupes budgétaires du gouvernement, évaluées à 54 milliards d'euros selon la presse économique. En outre, le point d'indice des fonctionnaires reste au centre des discussions.

Une tension sociale qui monte depuis septembre

Le 5 novembre ne surgit pas de nulle part. Le 29 septembre, la fonction publique a déjà fait grève. Environ 300 000 personnes ont défilé ce jour-là, selon Économie Matin.

Ensuite, des blocages ont touché des lycées. Puis, des manifestations contre la vie chère ont réuni des foules les 17 et 24 octobre. Au fil des semaines, la colère s'est donc élargie. Elle touche désormais l'ensemble du monde du travail.

Et maintenant ? Le gouvernement face à la rue

La question centrale reste simple. Le gouvernement va-t-il répondre aux syndicats ? À ce stade, les informations disponibles ne rapportent aucune réaction officielle à ces chiffres.

Les syndicats, eux, veulent prolonger l'élan. La CGT avait invité à tenir des assemblées sur les lieux de travail. L'objectif : étendre la grève aux jours suivants.

Du côté du patronat, les discussions restent suspendues à une rencontre avec le Premier ministre. Les organisations patronales ont en effet refusé de négocier avec le ministre du Travail avant cet échange, selon la presse. Le dialogue social reste donc bloqué sur plusieurs fronts.

Le bras de fer entre l'exécutif et les centrales syndicales s'annonce donc long. Les prochains jours diront si la rue parvient à imposer ses priorités: salaires, Smic et services publics.

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