18:19, 04/11/2026, mercredi
Attentat raciste de Trappes: le père de Pengo appelle à lutter contre le racisme
Lundi 2 novembre, à Paris, Boléma Bossio Wangi, père de Pengo, 26 ans, a pris la parole. Son fils est mort dans l'attentat raciste de Trappes, le 23 octobre. Dans une déclaration lue par sa fille Ambre, il réclame justice et paix. Il dénonce un racisme qui gangrène la société française et confie sa peur de père d'enfants noirs. Le suspect, Kévin T., a été mis en examen et écroué.
"On n'est pas en colère, on veut simplement la justice et la paix."
Lundi 2 novembre, à Paris, Boléma Bossio Wangi a pris la parole. Son fils Pengo, 26 ans, a été tué dans l'attentat raciste de Trappes, le 23 octobre. Le père endeuillé demande justice et dénonce un racisme qui, selon lui, ronge la société française.Le père de Pengo brise le silence à Paris
Une conférence de presse s'est tenue lundi 2 novembre dans la capitale. Boléma Bossio Wangi y a exprimé sa douleur de père. Sa fille Ambre a lu sa déclaration à sa place.
Le message est empreint de dignité. Il refuse la colère et réclame la paix. Il décrit son fils comme
"quelqu'un de bien".
Sa phrase la plus poignante résume le drame familial:
"On nous a enlevé un ange."
Ainsi, la famille met un visage humain sur un fait divers devenu affaire d'État.Un racisme qui "gangrène la société française"
Le père élargit ensuite le propos. Il dénonce un racisme présent dans le pays depuis des décennies. Selon lui, certains médias et certains partis politiques l'alimentent.
Cependant, il ne s'arrête pas à l'accusation. Il confie aussi sa peur quotidienne. Il dit avoir peur
"en tant que père d'enfants noirs"
, dans une France traversée par de fortes tensions identitaires.Cette inquiétude est partagée par de nombreuses familles. En effet, les rassemblements de ces derniers jours l'ont montré. Des milliers de personnes ont répondu présent partout dans le pays.
Ce que l'on sait de l'attentat raciste de Trappes
Les faits se sont déroulés le vendredi 23 octobre 2026, vers 10 h 30. Un homme a ouvert le feu depuis son véhicule sur des passants. L'attaque a touché Trappes, puis La Verrière, dans les Yvelines.
Pengo Bossio Wangi, 26 ans, est mort. Il était originaire de Poissy. Il pratiquait les arts martiaux mixtes (MMA) et passait pour un espoir français de la discipline. Son club d'Aubervilliers lui a rendu hommage.
Le bilan atteint sept blessés selon les dernières sources. Parmi eux figure une fillette de 12 ans, grièvement atteinte. Plusieurs victimes portaient des noms à consonance africaine ou maghrébine.
Le président Emmanuel Macron a qualifié les faits d'
"attentat terroriste raciste"
. Le gouvernement a repris ces termes. Le maire de Trappes, Ali Rabeh, a lui évoqué une attaque probablement islamophobe.L'enquête: un crime prémédité visant des musulmans et des Africains
Le parquet national antiterroriste (PNAT) s'est saisi du dossier dès le premier jour. Il a ouvert une information judiciaire pour assassinat et tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste. La circonstance aggravante de racisme est retenue.
Le suspect s'appelle Kévin T. Il a 39 ans. Selon le procureur Olivier Christen, il a reconnu avoir visé des personnes perçues comme musulmanes, africaines ou nord-africaines. Il a aussi admis avoir préparé son attaque.
Le suspect a pourtant d'abord contesté le caractère raciste de ses crimes, d'après le PNAT. Il a été mis en examen jeudi 29 octobre à Paris, puis écroué. Comme pour tout suspect, la présomption d'innocence s'applique jusqu'au procès.
Par ailleurs, la presse belge rapporte qu'il avait été interpellé trois jours avant les faits. Cette information appelle des éclaircissements officiels. Les familles des victimes ont droit à toute la transparence.
Une mobilisation nationale pour Pengo et les blessés
Dès le lendemain, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Trappes. Une banderole réclamait
"Justice pour Pengo Bossio Wangi"
. Elle ajoutait: "Les mots tuent."
D'autres villes ont suivi. À Lyon, environ 1 500 personnes se sont réunies le 26 octobre. Des marches ont aussi eu lieu à Aubervilliers, à Besançon et à Bruxelles.
À l'Assemblée nationale, les députés ont observé une minute de silence. De plus, le gouvernement a annoncé un hommage national, présidé par le Premier ministre Sébastien Lecornu. La date reste à préciser.
En revanche, les débats politiques ont été tendus. Le maire de Trappes a regretté l'absence de Marine Le Pen lors de l'hommage. Cette polémique illustre la fracture autour du sujet.
Pourquoi ce drame nous concerne tous
Ce crime n'est pas un acte isolé. Il s'inscrit dans un climat où l'on stigmatise des populations entières. Les mots, répétés chaque jour, finissent par armer des bras.
À Nouvelle Aube, nous le disons clairement. Le racisme et l'islamophobie tuent. La déshumanisation prépare toujours la violence.
Ce mécanisme dépasse les frontières. En Palestine occupée (Cisjordanie) comme à Gaza, des peuples entiers subissent ce même regard qui nie leur humanité. Défendre la dignité de chaque être humain est un combat unique.
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