Russie : attaque massive de drones au dernier jour du scrutin
11:09, 20/09/2026, dimanche
AFP

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Vue d’un immeuble résidentiel de plusieurs étages endommagé à la suite d’une attaque de drone à Kotelniki, dans la région de Moscou, le 20 septembre 2026.La Russie a fait face à une attaque massive de drones dimanche, dernier jour des élections législatives visant à renouveler les 450 sièges de la Douma, dans un contexte de tensions accrues et de crainte de déstabilisation, ont indiqué les autorités russes.
Attaque massive de drones contre Moscou
Selon le gouverneur de la région de Moscou, Andreï Vorobiov, la défense anti-aérienne a abattu 249 drones dans la nuit de samedi à dimanche, touchant plusieurs zones résidentielles de la capitale et de sa périphérie. Cette offensive aérienne s'est inscrite dans le contexte de la troisième et dernière journée des élections législatives, marquée par une intensification significative des tensions militaires sur l'ensemble du territoire.
Les dégâts matériels ont été considérables : dans la capitale russe, une importante raffinerie a été endommagée, a indiqué le maire Sergueï Sobianine. Ce dernier a dénoncé sur Telegram une attaque
"sans précédent"
et "manifestement planifiée dans le but de perturber les élections".
"L'ennemi n'y est pas parvenu",
a-t-il ajouté, précisant que plus de 1 600 drones avaient été abattus au total par les systèmes de défense, dont "450 se dirigeaient vers Moscou".
Par ailleurs, le bilan humain s'est élevé à deux morts, une femme de 44 ans et un homme âgé, dans deux localités distinctes de la région moscovite, selon la même source. Dans une troisième zone touchée, 400 personnes ont dû être évacuées en raison d'un incendie provoqué par la chute d'un drone sur un immeuble résidentiel.
Scrutin sans surprise dans la Douma
Ces élections interviennent plus de quatre ans et demi après le début de l'intervention militaire à grande échelle en Ukraine et visent à renouveler l'intégralité des 450 sièges de la Douma, la chambre basse du Parlement fédéral. Le scrutin s'est également déroulé sur les territoires ukrainiens occupés et annexés par Moscou, une extension territoriale contestée par la communauté internationale.
L'issue du vote ne faisait guère de doute dans un contexte politique marqué par la répression sévère de toute forme de dissidence. Le parti Iabloko, seule formation frontalement opposée à la guerre, a été purement et simplement écarté de la compétition électorale. Seules des organisations soutenant à des degrés divers le président Vladimir Poutine et la poursuite des hostilités – les communistes du KPRF, les nationalistes du LDPR, les conservateurs de Russie juste ainsi que les libéraux du parti des Nouvelles personnes – ont obtenu l'autorisation de concourir face au parti Russie unie au pouvoir.
De plus, l'Union européenne a dénoncé un scrutin se déroulant dans un climat de
"répression systématique et institutionnalisée".
L'opposition en exil a appelé les "Russes opposés à la guerre"
à voter contre le parti présidentiel le même jour à la même heure, dimanche à midi, pour manifester leur nombre réel.Cyberattaques et crainte de mobilisation
Le processus électoral a également été visé par des moyens informatiques sophistiqués. La Commission électorale centrale a fait état d'une
"cyberattaque très puissante"
visant spécifiquement à perturber le système de vote électronique déployé dans une trentaine de régions russes. "Nous considérons cet incident comme un acte délibéré de sabotage",
a déclaré sa présidente Ella Pamfilova, précisant que des lignes de communication avaient également été sectionnées dans l'Extrême-Orient russe dans le même objectif de déstabilisation.Toutefois, selon la même institution, la situation était rapidement revenue
"sous contrôle"
et la sécurité du système électoral garantie. En outre, les autorités ont dû faire face à des spéculations persistantes concernant une nouvelle vague de mobilisation militaire. Depuis que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé qu'une telle mesure serait annoncée "à l'automne"
suite aux législatives, le Kremlin et son entourage ont réfuté à plusieurs reprises ce scénario, pourtant très impopulaire au sein même des élites dirigeantes moscovites.Témoignages contrastés dans la capitale
Devant un bureau de vote improvisé dans un théâtre du centre-ville de Moscou, Tatiana, retraitée de 71 ans, a expliqué avoir porté son choix sur Russie unie.
"C'est le plus grand parti, le plus travailleur et qui a le plus de résultats"
, a-t-elle estimé lors d'un bref entretien accordé sous le sceau de l'anonymat.Diana, âgée de 30 ans, a préféré donner sa voix au parti des Nouvelles personnes, espérant que cette formation s'attèlerait davantage aux questions socio-économiques locales.
"Beaucoup de gens ont perdu leur emploi. Les salaires sont désormais en baisse, et non plus en hausse",
a-t-elle indiqué avec préoccupation, exprimant par ailleurs son souhait sincère de voir revenir la paix avec l'Ukraine. "Mais en regardant toute cette situation, il me semble que (la guerre) ne finira pas bientôt",
a-t-elle conclu en requérant l'anonymat.Pour rappel, les premiers résultats provisoires de ce scrutin, qui s'est achevé à 18H00 GMT dimanche, sont attendus dans les heures suivantes. Les analystes politiques scruteront particulièrement le taux de participation réel pour évaluer l'état d'esprit des électeurs russes confrontés aux sanctions économiques occidentales, aux frappes ukrainiennes régulières et aux restrictions croissantes affectant le fonctionnement d'internet dans plusieurs régions du pays.
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