Kosovo : le Parlement approuve le gouvernement Kurti
17:10, 13/09/2026, dimanche
AFP

Muhamet HajrullahuX
Le Parlement approuve le gouvernement KurtiLe Parlement du Kosovo a approuvé dimanche un nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre par intérim Albin Kurti, au pouvoir depuis 2021, trois mois après des législatives anticipées, sans pour autant régler la crise institutionnelle sous-jacente, selon la présidente de l'assemblée Albulena Haxhiu.
Le vote de confiance
Selon la présidente du Parlement Albulena Haxhiu, le nouveau cabinet a été entériné par 62 voix dans une assemblée qui compte 120 députés, une majorité acquise dans un climat politique tendu. Ce gouvernement, composé essentiellement de cadres du parti Vetevendosje (VV, Autodétermination), s'appuie sur une formation politique qui prône une politique sociale marquée à gauche ainsi qu'une orientation nationaliste affirmée. Par ailleurs, l'investiture a été rendue possible grâce au soutien des députés représentant les minorités, à l'exception notable de la minorité serbe, tandis que les deux principaux partis d'opposition ont choisi de boycotter la séance, a constaté un correspondant de l'AFP.
Priorités du nouvel exécutif
Dans un discours prononcé avant le vote, Albin Kurti a assuré que les questions sociales figureraient inscrites au rang des priorités absolues de son nouveau cabinet, dont il assume la direction par intérim depuis 2021. De plus, en évoquant la politique étrangère, il a déclaré que
"l'obtention du statut de pays candidat à l'Union européenne (demeurait le) principal objectif (...) et l'orientation stratégique prioritaire".
Cette affirmation souligne la volonté persistante de Pristina de poursuivre son rapprochement avec Bruxelles, malgré les tensions régionales persistantes et les blocages internes qui marquent la vie politique kosovare.Une crise institutionnelle sans issue
Toutefois, cette approbation parlementaire ne met pas fin à la crise institutionnelle profonde qui a contraint le pays à organiser trois élections législatives depuis février 2025, dont deux scrutins anticipés successifs en décembre 2025 et juin 2026. Albin Kurti, âgé de 51 ans, n'a en effet pas réussi à négocier une issue viable avec les partis d'opposition en raison de divisions politiques particulièrement profondes. L'entrave principale demeure l'élection du président de la République, un scrutin qui nécessite une majorité qualifiée des deux tiers au Parlement et ne peut se dérouler sans un large compromis entre les formations rivales.
Conséquences économiques
Dans ce contexte, l'absence persistante d'accord sur l'élection du chef de l'État risque de provoquer de nouvelles élections législatives, car la Constitution prévoit mécaniquement la dissolution de l'assemblée à défaut d'un compromis réalisé dans les délais constitutionnels impartis. En outre, cette paralysie institutionnelle coûte très cher au Kosovo, l'un des États les plus pauvres du continent européen, qui se voit privé de millions d'euros de fonds communautaires tant qu'il n'est pas doté d'un Parlement pleinement fonctionnel et d'un président élu selon les règles démocratiques. Selon des données officielles précises, le mouvement Vetevendosje a recueilli 47,13 % des voix lors du scrutin du 7 juin, remportant 53 des 120 sièges de l'Assemblée nationale, une avancée certes significative mais structurellement insuffisante pour gouverner seul et surmonter l'obstruction systématique qui bloque l'élection présidentielle.
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