Procès Renault-Nissan : Rachida Dati nie tout conflit d'intérêts
12:48, 22/09/2026, mardi
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JULIEN DE ROSA et JOSEPH EID AFP
Ce montage de photos d'archives réalisé le 22 juillet 2025 montre la ministre française de la Culture, Rachida Dati (à gauche) à Paris, le 18 mars 2025, et l'ancien président de Nissan, Carlos Ghosn, lors d'une conférence de presse au Syndicat de la presse libanaise à Beyrouth, le 8 janvier 2020, au cours de laquelle il a expliqué les raisons pour lesquelles il avait fui son procès au Japon, où il est accusé de malversations financières.L'ancienne ministre française Rachida Dati a affirmé lundi n'avoir "jamais été en situation de conflit d'intérêts", au troisième jour de son procès dans l'affaire Renault-Nissan où elle est poursuivie pour corruption passive et trafic d'influence.
Déni formel devant le tribunal
Selon la presse, Rachida Dati a été interrogée pendant plus de quatre heures lundi au tribunal, alors que se tenait le troisième jour de son procès dans l'affaire Renault-Nissan.
L'ancienne garde des Sceaux est notamment poursuivie pour
"corruption passive"
et "trafic d'influence passif"
, des accusations qu'elle a vigoureusement contestées devant les juges."Je n'ai jamais été en situation de conflit d'intérêts. Tous mes actes se sont toujours conformés aux engagements politiques qui étaient ceux de mon groupe"
, a-t-elle déclaré devant la cour. Par ailleurs, elle a invoqué le secret professionnel propre à la fonction d'avocat pour justifier l'absence du nom de Renault-Nissan dans ses déclarations de revenus au Parlement européen.
Des activités revendiquées au Maghreb et au Moyen-Orient
Rachida Dati a soutenu que son travail de conseil pour le constructeur automobile concernait principalement le Maghreb et le Moyen-Orient.
Elle a notamment affirmé avoir participé au Maroc à un groupe de travail de
"haut niveau"
lié à l'implantation de l'usine Renault de Tanger, un projet représentant un investissement de 1,1 milliard d'euros.De plus, l'ancienne députée européenne a déclaré être intervenue sur des dossiers concernant l'Iran, l'Algérie et la Türkiye.
Concernant l'Iran, elle a assuré avoir identifié des interlocuteurs susceptibles de contribuer au maintien des investissements de Renault dans le pays, tandis que pour l'Algérie, elle a décrit un contexte où les relations entre Alger et les représentants du constructeur s'étaient fortement détériorées.
En outre, Rachida Dati a indiqué ne pas avoir conservé de traces écrites de certaines de ces démarches, invoquant la sensibilité des dossiers concernés et la confidentialité requise dans ce type de mission.
Les zones d'ombre de la défense
Toutefois, le tribunal a examiné une note interne dans laquelle un assistant de l'ancienne ministre évoquait une
"belle victoire obtenue au Parlement"
concernant le niveau sonore des véhicules électriques, un document qui était destiné à Carlos Ghosn, alors dirigeant de Renault-Nissan. La présidente du tribunal l'a également interrogée sur l'envoi à ce dernier d'une question parlementaire avant sa publication officielle, ainsi que sur plusieurs initiatives prises dans le domaine automobile.
"On parle clairement du Maghreb. Si on était sur autre chose, évidemment, j'aurais refusé. À aucun moment, on évoque l'Europe"
, a-t-elle déclaré pour sa défense. Elle a également affirmé : "Il n'avait pas besoin de moi pour trois questions au Parlement"
, rejetant l'idée que Carlos Ghosn l'aurait recrutée pour intervenir au Parlement européen.Rachida Dati est jugée aux côtés de l'ancien patron de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, dans une affaire où la justice cherche à déterminer si les sommes versées correspondaient à de véritables prestations de conseil ou si elles étaient liées à l'exercice de son mandat parlementaire.
Elle a fait part de son
"incompréhension"
face à l'ouverture de l'information judiciaire puis à son renvoi devant le tribunal, maintenant sa thèse d'un travail effectué en toute légalité.A lire également:

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