France-Algérie : le retour aux 250 000 visas annuels envisagés
15:02, 17/07/2026, vendredi
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@TSAlgerieX
Deux mois après son retour à Alger, l'ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, dresse, dans un entretien à TSA publié le 15 juillet 2026, le bilan de sa mission depuis la fin de la crise diplomatique entre les deux pays.L'ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatet, a annoncé la volonté de Paris de rétablir progressivement la délivrance d'environ 250 000 visas par an aux ressortissants algériens, niveau antérieur à la crise diplomatique, tout en renforçant les effectifs consulaires dès cet été.
Objectif de 250 000 visas annuels
Selon le diplomate français, interrogé par le média algérien TSA, les autorités françaises entendent rétablir à terme un rythme de 250 000 titres de séjour délivrés chaque année aux citoyens algériens, un volume correspondant aux flux observés avant la rupture des relations.
Cette démarche vise à répondre aux difficultés rencontrées par les demandeurs ces derniers mois, notamment en raison de la réduction drastique des effectifs diplomatiques et des délais prolongés pour obtenir un rendez-vous consulaire.
Par ailleurs, les deux capitales négocient actuellement le rétablissement complet de leurs personnels diplomatiques et consulaires respectifs.
La France souhaite également disposer dès cet été de l'ensemble des agents nécessaires au traitement effectif des dossiers, a précisé Stéphane Romatet, revenu à Alger il y a deux mois sur instruction d'Emmanuel Macron.
Coopération sécuritaire et judiciaire
La reprise du dialogue concerne en priorité les domaines de la sécurité, de la justice et des migrations, secteurs où les échanges avaient été fortement ralentis voire interrompus au cours des deux dernières années.
Paris entend notamment relancer la coopération policière et judiciaire contre les réseaux de trafic de drogue, un axe considéré comme essentiel par les deux parties.
De plus, les discussions ont repris sur la question des biens dits
"mal acquis"
, dont les autorités algériennes réclament la restitution depuis plusieurs années. Toutefois, cette volonté de réchauffement diplomatique suscite des critiques au sein de la droite française, où certains responsables politiques exigent de conditionner toute accélération des procédures visa à la reprise effective par Alger de ses ressortissants faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français.
En outre, la visite du ministre français de la Justice à Alger en mai, suivie de celle d'une délégation de hauts magistrats algériens à Paris, a permis de rouvrir ces dossiers sensibles.
Plusieurs déplacements officiels ont également eu lieu dans les deux sens, notamment ceux de la ministre française déléguée aux Armées et du ministre algérien de l'Intérieur, Saïd Sayoud.
Relance économique et présence industrielle
Les tensions diplomatiques ont provoqué une baisse significative des échanges commerciaux bilatéraux, particulièrement des exportations françaises vers l'Algérie.
Dans ce contexte, la visite à Alger du président du Medef, suivie d'une invitation adressée au président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), Kamel Moula, vise à soutenir la reprise des flux économiques.
Par ailleurs, la France a installé pour la première fois depuis plusieurs années un pavillon réunissant une trentaine d'entreprises lors de la Foire internationale d'Alger.
Des projets sont également évoqués dans les transports maritimes, la santé, l'industrie pharmaceutique, l'alimentation, la finance, l'intelligence artificielle et l'économie numérique, tandis que la présence de jeunes entreprises algériennes au salon VivaTech est présentée comme un signe du rapprochement technologique.
Le constructeur automobile Renault discute également avec les autorités algériennes d'une réouverture de son usine d'Oran, et Stellantis est déjà présent dans le pays à travers les marques Fiat et Peugeot.
L'ambassadeur a présenté cette reprise des coopérations comme le début d'une nouvelle étape destinée à
"rattraper le temps perdu"
après la crise.Pour rappel, les relations entre Paris et Alger s'étaient durablement dégradées au cours des deux années précédentes, entraînant une réduction drastique des délivrances de visas et un gel partiel des collaborations bilatérales.
Cette crise avait vu la France réduire ses effectifs consulaires et Alger rappeler son ambassadeur à plusieurs reprises, avant la mission de rétablissement de la confiance confiée à Stéphane Romatet par Emmanuel Macron.
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