Migration vers Ceuta: Rabat pointe les fausses informations en ligne
11:39, 04/08/2026, mardi
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Henry NICHOLLSAFP
Rabat impute la vague de migration vers Ceuta aux fausses informations en ligne et aux réseaux de passeurs.Le ministère marocain de l'Intérieur attribue la récente vague de migration vers Ceuta à la désinformation en ligne, aux réseaux de traite et à de fausses interprétations juridiques. Rachid El Khalfi évoque 40 000 tentatives vers Ceuta, 1 135 vers Melilla et un bilan de onze morts. Des ONG marocaines contestent ce chiffre et réclament plus de transparence, tandis que Madrid fait état de 72 décès.
Le Maroc réagit enfin. Dimanche, le ministère de l'Intérieur a livré sa première explication officielle sur la récente vague de migration vers Ceuta. Selon Rabat, plusieurs facteurs se combinent, mais la désinformation numérique arrive en tête.
Le Directeur général du ministère, Rachid El Khalfi, s'exprimait lors d'une conférence de presse. Il évoquait les événements survenus aux points de passage vers les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Ainsi, pour la première fois, Rabat a détaillé sa lecture de la crise.
Migration vers Ceut : les causes avancées par Rabat
El Khalfi rejette l'idée d'un phénomène soudain. Ces événements
"ne sont pas le fruit de facteurs conjoncturels"
, a-t-il affirmé. En effet, il décrit plutôt une addition de causes qui se renforcent.Au premier rang figure
"l'exploitation malveillante de l'espace numérique"
. Le responsable cite aussi "la diffusion d'informations trompeuses"
et "le rôle des réseaux de traite d'êtres humains"
. Par ailleurs, il pointe "les interprétations erronées de décisions juridiques".
Ces interprétations, selon lui, laissent croire à une entrée facile en Europe. Elles font miroiter
"la possibilité d'accéder facilement à l'espace européen sans conséquences judiciaires".
C'est pourquoi Rabat insiste sur la responsabilité des contenus diffusés en ligne.Des chiffres qui donnent la mesure de la crise
Le ministère marocain avance des données précises. Environ
40 000 personnes
auraient tenté de rejoindre Ceuta lors de cette vague. Dans le même temps, près de 1 135 personnes auraient visé Melilla.Le bilan diffère fortement d'une enclave à l'autre. En effet, El Khalfi affirme que toutes les personnes parvenues à Melilla ont été renvoyées.
"Toutes les personnes ayant réussi à atteindre Melilla ont été immédiatement renvoyées"
, a-t-il déclaré.Le responsable annonce aussi un bilan humain lourd. Onze morts seraient liés à ces tentatives de migration. De plus, cette annonce constitue la première réaction officielle de Rabat sur le drame.
Un bilan humain contesté par les ONG
Les chiffres officiels ne font pas l'unanimité. Plusieurs organisations de défense des droits humains les contestent. Elles réclament davantage de clarté sur le déroulé des faits.
L'Association marocaine des droits humains (AMDH) évoque un nombre de victimes plus élevé. En revanche, le ministère s'en tient à son bilan de onze morts. L'écart nourrit le débat sur la transparence des autorités.
L'Organisation nationale des droits de l'homme (ONDH) formule une autre critique. Elle dénonce l'absence de communication officielle durant les premiers jours. C'est pourquoi elle appelle Rabat à plus de transparence sur les circonstances.
Ce que disent les autorités espagnoles
Madrid livre, de son côté, un décompte différent. Selon les autorités espagnoles, 72 migrants sont morts ces derniers jours. Ce bilan concerne les 60 000 personnes ayant tenté de rejoindre Ceuta.
Les deux capitales ne s'accordent donc ni sur les volumes ni sur les pertes. Cependant, elles partagent un même constat: l'ampleur inédite de cette vague. Par ailleurs, la pression migratoire ravive les tensions autour des enclaves.
Le rôle central des réseaux sociaux
Rabat revient sans cesse sur la responsabilité du numérique. Les autorités marocaines soutiennent que la désinformation a joué un rôle déterminant. Elle aurait alimenté l'afflux de candidats au départ.
Le mécanisme décrit reste simple. Des messages en ligne promettent une entrée facile en Europe. De plus, ils assurent une absence de suites judiciaires. Ainsi, de nombreux jeunes se sont mis en route sur la foi de ces promesses.
Ce discours pose une question de fond. La lutte contre les passeurs passe désormais aussi par les plateformes numériques. En effet, l'information, vraie ou fausse, façonne les décisions de départ.
Une crise loin d'être refermée
La séquence laisse plusieurs zones d'ombre. Le décompte des victimes varie selon les sources officielles et associatives. Les circonstances exactes des décès restent, elles aussi, à établir.
Rabat promet une action contre les réseaux de traite. Toutefois, les ONG attendent des preuves concrètes de transparence. La confrontation des bilans marocain et espagnol devrait, par ailleurs, se poursuivre.
Une chose paraît acquise. Cette vague migratoire vers Ceuta marque un tournant par son ampleur. Elle rappelle enfin le poids croissant des réseaux sociaux dans les routes migratoires.
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