L'ESA veut des fusées réutilisables après Ariane 6
11:09, 10/10/2025, vendredi
AFP

X
Face à la domination de SpaceX, l’Agence spatiale européenne mise sur une nouvelle génération de lanceurs réutilisables pour assurer l’avenir de l’accès souverain de l’Europe à l’espace.L’Agence spatiale européenne (ESA) prépare l’après-Ariane 6 avec un objectif clair : rattraper le retard technologique sur SpaceX grâce au développement de fusées réutilisables, a déclaré à la presse le directeur de l’agence, Josef Aschbacher.
"Nous devons rattraper une situation où nous voyons qu’il y a un acteur dominant, SpaceX, et arriver sur le marché avec un lanceur réutilisable relativement rapidement. Nous sommes sur la bonne voie pour y parvenir"
, a-t-il souligné.Cet été, l’ESA a présélectionné cinq entreprises dans le cadre de son projet European Launcher Challenge (Défi des lanceurs européens) : les allemandes Isar Aerospace et Rocket Factory Augsburg, la française Maiaspace, la britannique Orbital Express Launch et l’espagnole PLD Space. Leur nombre sera réduit à terme à deux, voire à une seule entreprise, a précisé M. Aschbacher.
Ce programme vise à ouvrir le marché des lancements institutionnels européens — jusqu’ici dominé par les grands programmes comme Ariane ou Vega — à de nouveaux acteurs privés capables de développer de petits lanceurs réutilisables.
"En même temps que nous avons décidé de lancer ou relancer Ariane 6 et Vega-C, nous avons aussi décidé un changement de paradigme. La prochaine génération de lanceurs sera très différente"
, a ajouté le directeur de l’ESA.Ariane 6, dont le vol inaugural a eu lieu en juillet 2024, compte déjà deux lancements commerciaux. Conçue comme une évolution d’Ariane 5, la fusée mise avant tout sur la fiabilité pour les missions institutionnelles et commerciales.
"Ariane 6 est une excellente fusée. Elle est très précise. Nous avons effectué trois lancements, deux autres sont prévus avant la fin de cette année"
, a rappelé M. Aschbacher.Le prochain lancement d’Ariane 6 est prévu depuis Kourou, en Guyane française, le 4 novembre à 21h03 GMT, pour placer en orbite le satellite Sentinel-1D du programme européen d’observation de la Terre Copernicus.
Selon l’ESA, la réutilisation n’a pas été intégrée à Ariane 6, car jugée non rentable à court terme. L’ajout de cette technologie aurait également retardé la mise en service du lanceur, considéré comme un pilier de l’accès souverain de l’Europe à l’espace, après une année de vide institutionnel.
Mais la fusée reste critiquée pour ses coûts élevés face à des concurrents réutilisables tels que SpaceX et son lanceur Falcon 9, qui domine aujourd’hui le marché des lancements commerciaux.
À lire également:

Technologie
Un "tic-tac" atomique dans l'espace pour tester l'effet Einstein

Technologie
Spatial: la start-up allemande Isar Aerospace décroche son premier contrat avec l'ESA

Société
NASA: la sonde Parker confirme un mécanisme à l’origine des éruptions solaires
Titres : industrieaérospatialesciencestechnologiesentreprisesinnovationUSAUEstratégiemarketingElon MuskJosef AschbacherESAAriane 6SpaceXfusée réutilisableEuropean Launcher ChallengeMaiaspaceIsar AerospaceFalcon 9KourouGuyane françaiseCopernicusUnion européennelanceur spatialindustrie spatiale européenne.