Trump plaide pour une Irlande unifiée
15:28, 12/09/2026, samedi
AFP

Photo par BRENDAN SMIALOWSKI / AFP
Le président américain Donald Trump prend la parole lors d'une cérémonie spéciale organisée dans le cadre de sa visite à la résidence de l'ambassadeur des États-Unis à Dublin, la capitale irlandaise, le 12 septembre 2026.Le président américain Donald Trump a exprimé samedi son soutien à une Irlande unifiée lors d'une conférence de presse à Dublin avec le Premier ministre irlandais Micheal Martin, une prise de position inattendue sur ce sujet sensible entre Londres et Dublin.
Déclaration surprise sur l'unification
Selon des sources concordantes, le dirigeant républicain a indiqué samedi à Dublin qu'i
l "aimerait beaucoup"
voir une Irlande "unifiée"
. Cette déclaration intervient au cours d'un point presse avec Micheal Martin, chef du gouvernement irlandais, alors qu'un journaliste l'interrogeait sur l'éventuelle réunification de la république d'Irlande et de l'Irlande du Nord, province britannique depuis des siècles. "Je pense que ce serait fantastique - comment cela pourrait-il être mauvais?",
a lancé le président américain, selon les mêmes sources, assurant que cette perspective lui semblait inévitable.Par ailleurs, Donald Trump a estimé que cette unification
"finira par arriver",
prenant ainsi clairement parti sur un dossier hautement sensible pour les capitales irlandaise et britannique. Cette position marque une rupture significative avec la neutralité diplomatique traditionnellement observée par les États-Unis sur cette question, qui stipule que le destin de l'île doit être décidé par ses populations.Contexte politique et position britannique
Toutefois, Londres maintient sa position fondée sur les accords de paix de 1998, qui ont mis fin aux Troubles en Irlande du Nord. Selon des informations relayées par l'agence de presse, le Premier ministre britannique Andy Burnham a récemment indiqué qu'un référendum sur l'unification ne pouvait être organisé qu'en cas de
"consensus clair dans le pays",
précisant que ce moment n'était "pas d'actualité".
Cette référence aux accords du Vendredi saint demeure le cadre juridique et politique de référence.De plus, les données d'opinion révèlent un clivage persistant entre les deux entités. Si les sondages donnent généralement une majorité aux partisans de l'unification en République d'Irlande, ce n'est pas le cas en Irlande du Nord. Notamment, un sondage de mai 2026 de l'Institut des études irlandaises de l'université de Liverpool créditait seulement 35% des Nord-Irlandais comme favorables à une unification avec le Sud, tandis que la majorité reste attachée à l'appartenance au Royaume-Uni.
Implications diplomatiques et autres sujets sensibles
Dans un discours prononcé ensuite à l'ambassade américaine à Dublin, Donald Trump a semblé conscient du caractère polémique de ses propos.
"C'est une de ces questions où, quoi que vous disiez (...), il n'y a pas de bonne réponse",
a-t-il déclaré en riant. Cette intervention s'inscrit dans une série de prises de position récentes sur des dossiers sensibles pour le Royaume-Uni, notamment après s'être déclaré ouvert à toute éventualité concernant la souveraineté des Malouines, archipel atlantique revendiqué par l'Argentine.En outre, cette visite survient dans un contexte de divergences notables entre Dublin et Washington sur plusieurs dossiers internationaux. L'Irlande, membre de l'Union européenne, maintient en effet une position particulièrement ferme sur la question palestinienne, dont elle est l'un des plus fervents soutiens sur le continent européen, tandis que l'administration Trump adopte une approche radicalement différente sur le conflit israélo-palestinien.
Visite présidentielle et tournoi de golf
Par ailleurs, ces déclarations diplomatiques donnent une tournure inattendue à un déplacement initialement présenté comme privé. Donald Trump doit en effet rejoindre son complexe hôtelier et golf de Doonbeg, sur la côte ouest irlandaise, où se déroule l'Open d'Irlande. Selon Daniel Geary, professeur d'histoire américaine au Trinity College de Dublin,
"il vient essentiellement visiter le complexe de golf qu'il possède, avec un passage à Dublin pour une visite de courtoisie".
De plus, le président américain, accompagné de son fils Don Jr., de ses petits-enfants, de son épouse et de l'assistante Natalie Harp, a été accueilli par la présidente irlandaise Catherine Connolly. Cette figure de la gauche pacifiste et anti-Otan, connue pour ses critiques passées à l'encontre du dirigeant républicain, lui a offert un recueil du poète nord-irlandais Michael Longley, notamment son poème
"Ceasefire"
écrit pendant les Troubles. La sécurité de cette visite, qualifiée d'une des plus importantes jamais menées en Irlande avec 4 000 policiers mobilisés et un coût estimé à 20 millions d'euros, témoigne de l'ampleur de l'événement.Pour rappel, Donald Trump pourrait remettre lui-même le trophée au vainqueur du tournoi dimanche soir au golf de Doonbeg, qu'il a vanté comme
"considéré comme l'un des meilleurs au monde",
tandis que le golfeur nord-irlandais Rory McIlroy, six fois vainqueur d'un tournoi majeur et actuellement deuxième joueur mondial, figure parmi les vedettes de la compétition qui attire quelque 40 000 spectateurs.À lire également:

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