Washington sanctionne la présidente de la CPI
10:50, 19/08/2026, mercredi
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EVA PLEVIER ANP / AFP
La juge Tomoko Akane arrive avant l'annonce du verdict de la Cour pénale internationale (CPI) condamnant le chef de la police djihadiste malien Al Hassan Ag Abdoul Aziz Ag Mohamed Ag Mahmoud à 10 ans de prison pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis lors d'un règne de terreur dans la légendaire ville malienne de Tombouctou, le 20 novembre 2024, au siège de la CPI à La Haye.Washington a inscrit mardi sur sa liste de ressortissants spécialement désignés la présidente de la Cour pénale internationale Tomoko Akane et le responsable sénégalais Abdoulaye Seye.
Des sanctions ciblant la direction de la CPI
Les États-Unis ont inscrit mardi sur leur liste de ressortissants spécialement désignés (SDN) la présidente de la Cour pénale internationale Tomoko Akane, ressortissante japonaise élue à la tête de l'institution en 2024, ainsi qu'Abdoulaye Seye, responsable sénégalais de la Cour.
Cette mesure, prise en vertu du décret présidentiel 14203 signé par Donald Trump le 6 février 2025, porte à dix le nombre de responsables de la CPI visés par des sanctions américaines, notamment l'ancien procureur général Karim Khan et huit juges.
Selon le site du département du Trésor, cette inscription bloque les éventuels avoirs détenus par les deux individus sur le sol américain et interdit aux citoyens et entités des États-Unis d'effectuer des transactions avec eux.
Un contexte de tensions autour de la guerre à Gaza
Cette décision intervient dans un contexte d'intensification de la pression américaine sur la Cour, notamment après l'émission, en novembre 2024, de mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et l'ancien ministre de la Défense Yoav Gallant pour des crimes de guerre présumés dans la bande de Gaza.
Le département d'État a lancé le mois dernier une campagne visant à démanteler ce que l'administration Trump présente comme une menace contre la souveraineté américaine, rappelant que Washington n'est pas partie au Statut de Rome.
S'exprimant à Camp David, le secrétaire d'État Marco Rubio a déclaré que la CPI
"s'était rendue illégitime"
en revendiquant sa compétence à l'égard de pays qui ne sont pas membres de la Cour.La défense de l'indépendance judiciaire
Tomoko Akane, sixième présidente de la CPI et première ressortissante japonaise à occuper ce poste, avait déjà critiqué à plusieurs reprises la campagne de sanctions depuis son lancement.
Lors d'une réunion de l'Assemblée des États parties en décembre, elle avait affirmé que ces mesures ne modifieraient pas la manière dont les juges interprètent leur mandat, déclarant :
"Nous n'accepterons jamais aucune forme de pression de la part de qui que ce soit sur les questions d'interprétation du cadre statutaire et de jugement des affaires."
Elle avait également souligné que "l'indépendance et l'impartialité sont nos étoiles polaires et restent intactes".
Réactions à Washington et silence à La Haye
Par ailleurs, Donald Trump avait précédemment indiqué que Marco Rubio cherchait à
"défendre Bibi et diverses autres personnes"
, faisant référence au Premier ministre israélien. Toutefois, la CPI n'a pas encore publié de déclaration concernant ces dernières désignations, alors que la juridiction continue d'affirmer sa détermination à poursuivre ses enquêtes malgré les pressions extérieures.
De plus, les sanctions s'inscrivent dans une ligne de conduite américaine de longue date consistant à s'opposer à la compétence de la Cour sur des ressortissants américains ou des alliés des États-Unis.
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