Togo : deux réalisateurs français libérés
12:59, 02/09/2026, mercredi
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@AblodeGbadja1X
Les deux documentaristes français, Sébastien Perez Pezzani et Gaël Mocaër.Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, interpellés le 27 juillet dans le nord du Togo lors d'un tournage, ont bénéficié d'une décision de remise en liberté provisoire et devraient regagner la France dès mercredi soir, selon le quotidien Le Monde.
Remise en liberté provisoire
Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani ont été remis en liberté mardi après plus d'un mois de détention au Togo.
Selon le quotidien français Le Monde, les deux documentaristes ont bénéficié d'une décision de remise en liberté provisoire et devraient regagner la France dès mercredi soir. Par ailleurs, leur fixeur togolais, Fred Vedomey, interpellé en même temps qu'eux, a également recouvré la liberté.
Interpellation dans une zone sous état d'urgence
Les deux cinéastes avaient été arrêtés le 27 juillet sur le marché de Madjatom, dans la préfecture de Binah, à proximité de la frontière béninoise.
Ils se trouvaient au Togo pour tourner un épisode de la série documentaire "Les Routes de l'impossible", diffusée sur France 5.
Cette localité se situe à moins de 80 kilomètres de la région des Savanes, dans le nord du pays, où l'état d'urgence est en vigueur en raison de la situation sécuritaire et d'incursions armées en provenance du Burkina Faso voisin.
Accusations de non-respect des procédures
Incarcérés à Lomé, les deux réalisateurs étaient poursuivis pour de supposées
"fausses déclarations"
liées à leurs visas. Les autorités togolaises leur reprochaient notamment l'utilisation d'un drone dans une zone confrontée à des tensions sécuritaires, affirmant disposer d'
"indices graves et concordants"
à leur encontre. Selon les autorités togolaises citées par Le Monde, le documentaire avait obtenu le 19 juin une autorisation de tournage du ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts, au nom de leur fixeur.
Toutefois, le gouvernement estimait que les deux Français n'avaient pas effectué de demande d'accréditation de presse conforme aux procédures requises.
Les intéressés ont contesté ces accusations. Leur avocat togolais, Martial Akakpo, a notamment fait valoir qu'ils disposaient d'une autorisation pour réaliser leur documentaire. De plus, la société Tony Comiti Productions, avec laquelle ils travaillent, a assuré que les deux réalisateurs étaient en règle.
Tensions dans les relations bilatérales
Cette affaire survient dans un contexte de relations en évolution entre Lomé et Paris. Le Togo a, ces dernières années, renforcé ses relations avec les pays membres de l'Alliance des États du Sahel (AES), composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger, tout en développant sa coopération avec la Russie.
En outre, Lomé et Moscou ont conclu en novembre 2025 un accord de défense prévoyant la formation de militaires togolais par des instructeurs russes, le partage de renseignements et l'organisation d'exercices militaires conjoints.
Par ailleurs, le Togo avait suspendu en juin 2025 la diffusion de RFI et France 24, médias du groupe France Médias Monde, leur reprochant d'avoir relayé des informations jugées
"inexactes et tendancieuses"
lors de manifestations contre le pouvoir. Aucune réaction officielle des autorités togolaises ou françaises à cette remise en liberté n'a été rapportée dans l'immédiat.
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