Guinée-Bissau : dépouillement en cours après un référendum à l'affluence mitigée
10:45, 31/08/2026, lundiM: Mise à jour: 10:47, 31/08/2026, lundi
AFP

SAMBA BALDEAFP
Un responsable de la Commission électorale nationale (CNE) montre un bulletin de vote marqué dans un bureau de vote à Bissau, le 30 août 2026, après le référendum constitutionnel organisé en Guinée-Bissau.Les opérations de dépouillement ont débuté dimanche soir en Guinée-Bissau à l'issue d'un référendum constitutionnel visant à instaurer un régime présidentiel fort, marqué par une participation modeste selon la Commission électorale.
Dépouillement et participation électorale
Selon la Commission nationale des élections (CNE), les bureaux de vote ont fermé dimanche soir en Guinée-Bissau, où le dépouillement du référendum constitutionnel s'est engagé dans un climat de désaffection électorale.
Idrissa Djalo, secrétaire exécutif de la CNE, a annoncé un taux de participation dépassant 55 %, précisant que le scrutin s'était déroulé de manière organisée sur l'ensemble du territoire national.
La même source a estimé que le vote s'était déroulé sans incident de nature à compromettre la crédibilité du scrutin, bien que les premiers résultats provisoires ne soient attendus qu'à partir de mardi.
Toutefois, des observations sur le terrain ont révélé une affluence mitigée dans plusieurs régions, notamment sous l'effet des intempéries caractéristiques de la saison des pluies.
À Bissau, après un démarrage timide dû à une pluie intense, les électeurs ont afflué à la mi-journée avant que le rythme ne ralentisse nettement, tandis que dans les régions de Tombali et de Quinara, l'affluence est restée faible selon des journalistes locaux.
Révision constitutionnelle et renforcement du pouvoir exécutif
Le projet de nouvelle Constitution soumis aux électeurs vise à remplacer le système semi-parlementaire actuel par un régime présidential fort, rejoignant une tendance observée récemment dans plusieurs pays africains.
Ce texte accorderait au chef de l'État le pouvoir de nommer et de révoquer le Premier ministre ainsi que le gouvernement, tout en lui permettant de dissoudre le Parlement à sa convenance, abandonnant ainsi l'ancien modèle où le Premier ministre était issu de la majorité parlementaire.
Le Conseil national de transition (CNT), organe législatif, avait adopté cette révision à l'unanimité en janvier 2026, estimant qu'elle permettrait d'éviter les cohabitations conflictuelles entre la présidence et la Primature.
Nelson Moreira, membre du CNT, a indiqué que ce changement permettrait d'éviter les conflits institutionnels qui ont miné la stabilité du pays par le passé. Par ailleurs, le général Horta N'Tam, chef de la junte et président de la transition, a affirmé que
"ce que nous cherchons après ce référendum, c'est de permettre à celui qui gagne les élections de terminer son mandat dans la quiétude"
.Boycott de l'opposition et craintes démocratiques
Par ailleurs, l'opposition avait appelé au boycott de cette consultation, dénonçant une organisation dans un contexte de restriction des libertés publiques.
Le PAIGC, parti historique ayant conduit le pays à l'indépendance en 1974, a rejeté ce processus mené par une junte au pouvoir depuis le 26 novembre 2025, après la suspension du processus électoral initialement prévu.
De plus, une partie de la société civile et de la classe politique conteste avec véhémence cette réécriture constitutionnelle par un pouvoir de transition non élu. Abubacar Ture, président de la Ligue bissau-guinéenne des droits humains, a déclaré que
"le système présidentialiste que la junte veut imposer va concentrer tous les pouvoirs entre les mains d'un seul homme"
. "Cela est dangereux pour notre démocratie"
, a-t-il ajouté, soulignant les risques d'hyper-présidentialisme dans un pays marqué par cinq coups d'État et de nombreuses tentatives de putsch depuis 1974.Témoignages citoyens et perspectives électorales
Des électeurs ont exprimé leurs attentes malgré les conditions climatiques difficiles. N'djamba Seide, interrogé à la sortie d'un bureau de vote à Bissau, a indiqué avoir été motivé pour
"apporter des changements dans notre Constitution"
et pour "changer ce qui apporte toujours des problèmes dans le pays",
dénonçant l'impact des crises successives sur les rendements économiques.Halimatou Traoré, commerçante d'une trentaine d'années, a souhaité que cette consultation permette à la Guinée-Bissau de
"démarrer sur de nouvelles perspectives".
Ce scrutin intervient dans le cadre d'une transition militaire censée organiser le retour au pouvoir civil lors d'une élection présidentielle prévue le 6 décembre prochain, selon le calendrier annoncé par les autorités.
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