"Malheureusement, les forces de défense et de sécurité déplorent 15 militaires tombés sur le champ d'honneur et 32 blessés qui sont tous évacués à N'Djamena pour des soins appropriés",
a indiqué Issakha Acheikh Chanane, général de brigade et porte-parole de l'armée.Fait marquant de ce lourd bilan, de hauts gradés figurent parmi les victimes, selon des médias locaux qui ont relayé samedi des listes de noms de militaires tchadiens tués ou blessés.
Des pages Facebook liées à l'ethnie zaghawa, à laquelle appartient également le président Déby, ont aussi annoncé dimanche la mort d'une dizaine d'officiers de leur communauté dans ces combats.
Dans un précédent communiqué samedi, l'état-major avait annoncé que "plusieurs éléments terroristes avaient été neutralisés"
et promis un bilan ultérieur. Un message de condoléances "aux familles de martyrs tombés en défendant la patrie lors de cet accrochage"
a été transmis sur sa page Facebook par le président Mahamat Idriss Déby Itno, sans autres détails sur le bilan. Fin octobre, une attaque du groupe terroriste Boko Haram contre une base militaire dans la région du Lac Tchad avait fait une quarantaine de morts, selon les autorités tchadiennes.
Opération "Haskanite"
En riposte, le président Déby a "personnellement"
lancé une opération baptisée "Haskanite",
qu'il a dirigée depuis la province du Lac Tchad pendant deux semaines avant de revenir à N'Djamena, selon la présidence samedi. Selon des sources militaires, l'accrochage a eu lieu samedi vers 15H00 locales sur l'île de Karia, au nord-ouest de Kaigakindjiria, dans la province du Lac Tchad. Cette attaque de Boko Haram est survenue quelques heures après le départ du président de la localité de Barkaram, où était basé son état-major.
La veille, les médias locaux avaient relayé des listes de noms de militaires tchadiens, dont certains hauts gradés, tués ou blessés.
Les soldats tchadiens sont fréquemment visés par les attaques de Boko Haram dans la région du Lac Tchad.
En mars 2020, le groupe avait mené une offensive sanglante sur une base militaire de la région, faisant une centaine de morts, les plus lourdes pertes jamais enregistrées par l'armée tchadienne.
Le maréchal Idriss Déby, qui a dirigé le Tchad pendant trente ans, était un habitué du commandement d'opérations sur le terrain et a été tué au front par des rebelles en 2021.
Trois ans après avoir été désigné par l'armée pour assurer la transition, son fils, le général Mahamat Idriss Déby, aujourd'hui âgé de 40 ans, a fait changer la Constitution par référendum en décembre 2023, puis a été élu président en mai 2024.
Des législatives sont prévues fin décembre, bien que l'opposition estime d'ores et déjà qu'elles seront truquées.
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