Le directeur général de la police, le directeur général de la gendarmerie, ainsi que des commandants de la garde nationale du Tchad, ont été "appelés à d'autres fonctions"
avec une dizaine d'autres hauts responsables mercredi, sur décision du président Déby. Une minorité d'entre eux a été promue, tandis que la plupart des autres caciques ont été évincés de leur poste de responsabilité et remplacés par des hauts gradés de l'armée.
Le directeur général de la gendarmerie évincé de son poste, Ahmat Youssouf Mahamat Itno, est un cousin du président Mahamat Idriss Déby Itno. Il faisait partie des 15 généraux qui l'ont porté au pouvoir après la mort d'Idriss Déby Itno, son père, qui a dirigé le Tchad pendant plus de 30 ans.
Remercié mercredi de son poste de directeur général de la police, Brahim Gorou Mahamat a longtemps été aide de camp du président avant d'être propulsé à la tête de la police nationale.
"Pour parer à toutes les éventualités, le président est obligé de se séparer de certains de ses officiers et de faire beaucoup plus confiance à ceux qu'il estime acquis à lui",
analyse auprès de l'AFP un officiel tchadien ayant requis l'anonymat.En cause, selon lui, "l'insécurité grandissante qui semble être entretenue par certains officiers mécontents de la position de Kaka (le surnom du président) dans la guerre du Soudan, notamment son soutien aux FSR",
les Forces de soutien rapide, en guerre contre l'armée soudanaise depuis avril 2023. Samedi, la télévision d'État avait déjà annoncé le remplacement du ministre de la Sécurité, Mahamat Charfadine Margui, par le général Ali Ahmat Akhabache, dans le cadre d'un remaniement ministériel limité.
Cette restructuration des forces sécuritaires intervient dans un contexte de détérioration du climat politique et sécuritaire au Tchad.
Un ex-commandant des renseignements généraux et son fils, le général Tidjani Salim Diro et Djamal Tidjani Salim, ont été tués le 30 septembre par des hommes armés non identifiés. Début octobre, les autorités ont émis un ordre opérationnel pour "sécuriser la ville de N'Djamena"
et procéder à des "fouilles systématiques"
pour retrouver des armes. Des militaires lourdement armés ont ensuite été déployés pour mener ces fouilles dans différents quartiers de la capitale.
Dénonçant un "climat délétère de dictature et de terreur"
et les risques de "fraude électorale",
les partis d'opposition ont, pour leur part, annoncé la semaine dernière leur refus de participer aux élections législatives et communales du 29 décembre. Trois ans après avoir été proclamé chef de l'État par l'armée, à la suite de la mort de son père tué par des rebelles, le général Mahamat Idriss Déby, aujourd'hui âgé de 40 ans, a fait adopter par référendum une nouvelle Constitution en décembre 2023, puis a été élu président en mai à l'issue d'un scrutin boycotté par une partie de l'opposition.
Mi-septembre, l'Organisation mondiale contre la torture a dénoncé une multiplication des arrestations et des détentions hors procédures par les services de renseignement.
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