Faim dans le monde : un Africain sur cinq touché
15:44, 21/07/2026, mardi
AA

@anadolufrancaisX
La situation apparaît particulièrement alarmante sur le continent africain, où un habitant sur cinq souffre de sous-alimentation chronique, définie comme un manque durable de calories.Selon un rapport de la FAO publié mardi, 645 millions de personnes ont souffert de la faim en 2024, soit 7,8% de la population mondiale. Toutefois, ce chiffre demeure supérieur aux niveaux d'avant-pandémie, tandis que 20% de la population africaine souffre de sous-alimentation.
Un recul mondial contrasté
Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), quelque 645 millions d'individus ont souffert de la faim l'année dernière, soit 7,8% de la population mondiale.
Ce bilan traduit une amélioration sensible par rapport aux 688 millions de personnes recensées en 2022, au sortir de la crise économique liée au Covid-19, mais reste supérieur aux données observées avant la pandémie.
L'Afrique, nouvel épicentre de la faim
La situation apparaît particulièrement alarmante sur le continent africain, où un habitant sur cinq souffre de sous-alimentation chronique, définie comme un manque durable de calories.
"Le centre de gravité de la faim s'est déplacé de l'Asie vers l'Afrique"
, a déclaré à la presse française David Laborde, directeur de la division économie agroalimentaire de la FAO.Par ailleurs, les conflits armés au Soudan, au Sahel et en République démocratique du Congo privent notamment des populations de leurs terres et de leurs revenus.
De plus, les chocs climatiques frappent le continent avec une intensité accrue, tandis que la reprise économique post-Covid s'est révélée plus lente que prévu, accentuant les inégalités existantes.
L'objectif de 2030 hors d'atteinte
Fixé en 2015 alors que près de 600 millions de personnes souffraient de la faim, l'objectif international d'éradication de ce phénomène d'ici à 2030 apparaît désormais compromis.
L'ONU estime qu'entre 510 et 520 millions de personnes seront encore sous-alimentées à cette échéance, dont plus de la moitié en Afrique.
En outre, au-delà de la faim chronique, 2,1 milliards d'individus, soit 25,8% de la population mondiale, connaissent une insécurité alimentaire modérée ou sévère, caractérisée notamment par des repas irréguliers ou peu diversifiés.
Également, près de 2,69 milliards de personnes, environ une sur trois, n'ont pas les moyens de s'offrir une alimentation saine, dont le coût a augmenté de 25% en cinq ans.
Malnutrition infantile et progression de l'obésité
Les enfants demeurent parmi les plus vulnérables, avec environ 150 millions d'enfants de moins de cinq ans souffrant d'un retard de croissance en 2024, contre 180 millions en 2012, soit près d'un quart de la population infantile.
Dans le même temps, l'obésité continue de progresser chez les adultes, concernant 16,2% d'entre eux en 2024, avec une projection à 18,6% d'ici 2030.
Conflits et climat menacent les progrès
La guerre au Moyen-Orient risque de fragiliser les avancées enregistrées en Afrique et en Asie, avertit le rapport.
Ses effets sur les prix de l'énergie et des engrais restent pour l'heure limités, mais la crise n'a pas encore été pleinement absorbée, selon David Laborde.
La FAO surveille également les conséquences d'El Niño sur les récoltes en Inde, en Afrique et dans le
"corridor sec"
d'Amérique du Sud, des régions déjà fragilisées.Selon la même source, la FAO et le Programme alimentaire mondial ont appelé à la mi-juin à une aide préventive destinée à protéger près de neuf millions de personnes.
Pour rappel, David Laborde a exhorté les institutions financières, les banques de développement et les pays donateurs à soutenir les États exposés à des crises dont ils ne sont pas responsables, citant notamment le Malawi confronté au renchérissement des engrais lié à la guerre dans le Golfe.
A lire également:

International
ONU: "Le réservoir du système humanitaire est presque à sec"

International
Les "rois de la famine": le business lucratif de la famine à Gaza

International
La crise humanitaire à Gaza reste critique selon l’ONU

International
La police britannique interpelle une femme âgée lors d’une manifestation pour Gaza