Ouganda : derniers hommages au plus jeune roi du monde
16:42, 12/09/2026, samedi
AFP

Photo par BADRU KATUMBA / AFP
Des passants réagissent alors que la dépouille du défunt roi Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV est transportée vers la cathédrale Saint-Jean à Fort, en Ouganda, le 12 septembre 2026.Des milliers de personnes ont rendu hommage samedi au roi Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV du royaume ougandais du Toro, décédé à 34 ans et inscrit au Guinness des Records comme plus jeune monarque régnant, lors d'une cérémonie à Fort Portal marquée par des tensions successorales.
Cérémonie funéraire à Fort Portal
Selon des sources concordantes, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées samedi dans l'enceinte de la cathédrale Saint-Jean de Fort Portal, dans l'ouest de l'Ouganda, pour accompagner les funérailles du souverain. Le cercueil du monarque, surmonté du drapeau jaune et bleu du royaume du Toro et orné d'une photographie le représentant sur son trône, a été salué par la foule. La Première ministre Robinah Nabbanja et le chef de l'armée de terre, le général Kayanja Muhanga, étaient notamment présents à cette cérémonie solennelle.
Témoignages familiaux et annonce successorale
La princesse Ruth Komuntale, sœur du défunt, vêtue de noir et les lunettes de soleil sur le nez, a rendu hommage à sa mémoire au milieu des sanglots.
"Il avait le don de faire rire les gens",
a-t-elle déclaré. "Il savait toujours comment égayer ma journée",
a-t-elle ajouté.Par ailleurs, la reine mère Best Kemigisa, les larmes aux yeux, a décrit son fils comme un homme
"joyeux et bon".
De son côté, Omusuuga Charles Karumasi, chef du clan royal Babiito détenant l'autorité traditionnelle suprême sur les questions successorales, a officialisé la désignation du nouveau souverain. "Nous avons désormais un nouveau roi pour le royaume de Toro: Edward Rukidi Kijanangoma",
a-t-il annoncé. "Nous avons tout accompli dans le respect de la culture et des traditions de Toro",
a-t-il précisé, appelant la population à "préserver la paix et la sérénité".Tensions autour de la succession
Toutefois, cette annonce a été contestée au sein même de la famille royale. La princesse Ruth Komuntale a accusé
"des vautours diaboliques"
de s'être réunis "dans le dos"
de la reine mère et d'elle-même "pour annoncer un nouveau roi".
De plus, la reine mère Best Kemigisa a accusé le général Kayanja Muhanga d'avoir "fait retirer les gardes royaux" du palais et "déployé des soldats"
autour du bâtiment.Dans ce contexte, le président Yoweri Museveni, dont le message a été lu par le vice-président du Parlement Thomas Tayebwa, a appelé au calme.
"Une fois la question du nouveau roi des Batoro résolue, nous serons heureux de collaborer avec lui, tout comme nous l'avons fait avec son altesse Oyo",
a-t-il affirmé. "J'appelle les Batoro à recourir à des moyens pacifiques et légaux pour régler cette affaire et à privilégier l'unité plutôt que la division",
a-t-il également souligné.Contexte historique et dernier voyage
Le roi Oyo, couronné à l'âge de trois ans et considéré par le Guinness des Records comme le plus jeune monarque régnant du monde au moment de son décès, est mort fin août aux États-Unis d'un cancer à 34 ans. Il régnait sur le Toro, l'un des quatre principaux royaumes traditionnels réunis à la fin du XIXe siècle dans le protectorat britannique de l'Ouganda.
Selon des informations historiques, les royaumes traditionnels avaient conservé certains pouvoirs à l'indépendance de l'Ouganda en 1962, avant d'être abolis par la Constitution de 1967 sous Milton Obote. En outre, la Loi fondamentale de 1995, adoptée sous le président Museveni, a rétabli leurs prérogatives, limitées toutefois aux affaires culturelles. Pour rappel, plusieurs milliers de personnes ont ensuite accompagné le cercueil jusqu'aux tombes royales situées à environ quatre kilomètres de la cathédrale.
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