Niger : permis d'uranium attribués à des sociétés nationales
12:40, 23/08/2026, dimanche
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Permis d'uranium attribués à des sociétés nationalesLe gouvernement nigérien a attribué vendredi deux permis d'exploitation d'uranium, précédemment détenus par les groupes français Orano et canadien GoviEx, à des entreprises nationales, lors d'une réunion du conseil des ministres.
Attribution des permis à des opérateurs nationaux
Le gouvernement nigérien a procédé vendredi à la réattribution de deux permis d'exploitation d'uranium à des sociétés locales, mettant fin à la détention de ces concessions par des groupes étrangers. La décision, prise au cours d'une réunion du conseil des ministres, s'inscrit dans le cadre de deux projets de décret adoptés par l'exécutif. Selon la même source, la société TELOUA SAFEGUARDING URANIUM MINING COMPAGNY (TSUMCO SA) se voit confier le permis d'Arlit, situé dans la région d'Agadez.
Par ailleurs, le permis dénommé Madaouela I, localisé dans le même bassin minier, est transféré à la MADAOUELA MINING COMPAGNY (MAMICO). Cette concession était précédemment détenue par le groupe canadien Govi High-Power Exploration (GoviEx), qui en a été dépossédé au cours de l'été 2024 suite à l'expiration d'un délai imparti.
Rupture avec Orano et nationalisation
La perte du permis d'Arlit par le groupe français remonte à juin 2024, lorsque les autorités nigériennes ont décidé de rompre les accords miniers liant le pays à la France. En dépit de la procédure judiciaire engagée par Orano devant les instances internationales compétentes, le gouvernement a annoncé en juin 2025 la nationalisation complète de la SOMAIR. Cette société, créée en 1971, était détenue à 63,40 % par l'ancien opérateur colonial.
Selon les données communiquées par les autorités, la production cumulée entre 1971 et 2024 atteint 80 518 tonnes d'uranium, dont 86,3 % ont été commercialisées par le groupe français. Ce chiffre illustre la part prédominante détenue par l'intérêt étranger dans l'extraction des ressources radioactives du pays.
Retrait des permis et nouvelle politique minière
Quant au groupe canadien GoviEx, il a fait l'objet d'un retrait de permis en juillet 2024, consécutif à l'expiration d'un ultimatum fixé par les autorités pour le démarrage effectif des travaux d'exploitation. Dans ce contexte, le Niger affiche depuis le coup d'État du 26 juillet 2023 une volonté affirmée d'exercer un contrôle total sur ses ressources stratégiques et de diversifier ses partenaires commerciaux.
Toutefois, depuis l'accession du pays à l'indépendance en 1960, c'est la France qui détenait le monopole quasi exclusif de l'extraction et de la commercialisation de l'uranium nigérien. Les autorités actuelles entendent définitivement modifier cette situation historique au profit d'une gestion souveraine des ressources naturelles.
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