Afrique : un pays restrictif verrouille un corridor routier
12:37, 23/08/2026, dimanche
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Un pays restrictif verrouille un corridor routierLes disparités réglementaires dans le transport routier africain peuvent paralyser l'ensemble d'un corridor commercial lorsqu'un seul pays adopte un régime restrictif, selon une analyse de la Banque mondiale publiée le 15 juillet sur son blog.
Des écarts réglementaires majeurs entre pays
Selon une analyse publiée le 15 juillet sur le blog de la Banque mondiale et signée par les chercheuses Cloé Torbay et Martha Denisse Pierola, les barrières réglementaires au commerce des services de transport routier varient considérablement d'un pays africain à l'autre. Cette étude s'appuie sur l'Indice de restriction des échanges de services (STRI), qui mesure le degré de contrainte imposé par le cadre politique et réglementaire aux économies pour le commerce des services, y compris le transport.
Les transporteurs face aux obstacles nationaux
Selon les données de l'étude, les opérateurs routiers rencontrent des obstacles multiples selon les juridictions, notamment des restrictions au cabotage, des limitations sur la durée de séjour autorisée dans les pays de transit, ou même une interdiction totale de fournir certains services. L'Algérie, le Cameroun, la Guinée, le Lesotho, la Libye, le Mali et la Zambie affichent les indices STRI les plus élevés pour le fret routier, révélant des régimes particulièrement restrictifs, tandis que le Kenya, le Maroc, le Nigeria, l'Afrique du Sud et plusieurs économies d'Afrique de l'Ouest maintiennent des cadres relativement ouverts, caractérisés par des indices STRI faibles.
L'impact sur les corridors commerciaux
Par ailleurs, l'analyse souligne que des économies ouvertes et restrictives coexistent fréquemment au sein des mêmes communautés économiques régionales, partagent des frontières terrestres et dépendent des mêmes infrastructures de transport. Un seul maillon restrictif dans un corridor commercial peut ainsi affecter l'ensemble de la chaîne logistique. Selon la même source, le corridor Nord-Sud, qui relie l'Afrique du Sud et le Zimbabwe, deux économies relativement ouvertes, à la Zambie, dont le régime est plus fermé, illustre parfaitement cette situation. De plus, des corridors plus longs, comme celui reliant Dakar, N'Djamena et Djibouti, traversent également des économies aux niveaux d'ouverture très hétérogènes.
Méthodologie et contexte réglementaire
Le STRI est développé conjointement par la Banque mondiale et l'Organisation mondiale du commerce (OMC) dans le cadre de l'initiative I-TIP Services. Il couvre les politiques commerciales appliquées par 144 économies dans 34 secteurs de services. Les données réglementaires pour 102 de ces économies ont été collectées via des enquêtes menées par la Banque mondiale et l'OMC. Pour plusieurs économies africaines, cette collecte s'est effectuée en coopération avec le Centre du commerce international (ITC), ainsi que la coopération allemande (GIZ) et l'Union européenne. Pour rappel, la libéralisation des échanges de services de transport constitue un pilier central des objectifs de création de zone de libre-échange continentale africaine, selon les engagements de la Zlecaf.
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