Moyen-Orient : une centrale électrique visée au Koweït
15:29, 18/07/2026, samedi
AFP

Photo par - / VARIOUS SOURCES AFP
Cette capture d'écran, tirée d'une vidéo réalisée par un utilisateur et publiée sur les réseaux sociaux le 18 juillet 2026, montre un panache de fumée noire s'élevant au-dessus de la ville de Mangaf, au sud de Koweït.Les infrastructures civiles du Golfe sont de nouveau visées alors que l'Iran a frappé samedi une centrale électrique au Koweït pour le deuxième jour consécutif, après des frappes américaines nocturnes sur son territoire.
Frappes contre les installations civiles koweïtiennes
Téhéran a intensifié ses opérations contre les infrastructures civiles de ses voisins, visant pour la deuxième journée consécutive le territoire koweïtien avec une nouvelle série de frappes.
Selon les autorités locales, les attaques iraniennes ont gravement endommagé un site pétrolier et provoqué un incendie majeur, paralysant plusieurs unités de production au sein d'une centrale électrique et de dessalement d'eau essentielle à la population. Les responsables ont fermement condamné ces agressions répétées, affirmant qu'elles révèlent "une démarche hostile systématique"
à l'encontre "d'infrastructures essentielles et mettant en danger la vie et la sécurité des civils".
Menaces et accusations réciproques
La veille au soir, un conseiller du guide suprême iranien avait prévenu que Téhéran entrerait dans une
"phase d'offensive totale"
si les frappes américaines se poursuivaient au-delà de "deux-trois jours"
, tandis que l'artillerie américaine poursuivait ses bombardements nocturnes sur le territoire iranien. L'armée américaine affirme avoir ciblé exclusivement "des sites de surveillance, des infrastructures logistiques militaires, des dépôts souterrains d'armes et des moyens maritimes"
, sans mentionner de visées civiles dans son bilan opérationnel. Toutefois, les autorités iraniennes dénoncent une stratégie destructrice contre les populations, le ministre des Routes Farzaneh Sadegh accusant "l'ennemi"
de viser délibérément "les voies de communication et de transit du pays"
pour isoler la République islamique du reste du monde.Par ailleurs, les responsables locaux de la province d'Hormozgan, région stratégique donnant sur le détroit d'Ormuz, ont précisé que les raids américains avaient
"complètement détruit"
une station de pompage d'eau de mer ainsi qu'un transformateur électrique d'une usine de dessalement. Ces destructions s'inscrivent dans une série d'attaques qui ont fait voler en éclat le protocole d'accord du 17 juin, relançant les hostilités avec une ampleur sans précédent depuis le cessez-le-feu d'avril. Dans ce contexte, l'ONU a jugé "inacceptables"
ces frappes contre des infrastructures civiles, notamment les réseaux électriques et les ponts mentionnés par Téhéran, qui qualifie ces actes de "crimes de guerre"
.Blocage du détroit d'Ormuz et incidents maritimes
Les Gardiens de la Révolution, bras armé idéologique de la République islamique, ont annoncé avoir intercepté samedi quatre navires tentant de franchir le détroit d'Ormuz sans autorisation, utilisant drones et missiles pour les neutraliser. Selon leur communiqué,
"Deux pétroliers, qui tentaient de traverser le champ de mines situé au sud du détroit d'Ormuz, trompés par les services de renseignement américains, ont explosé et pris feu"
, une version des faits immédiatement démentie par le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom). Le trafic maritime dans cette voie stratégique, par où transitait près d'un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures avant le conflit, est désormais pratiquement à l'arrêt.En outre, les Gardiens ont averti que les frappes iraniennes
"se poursuivront jusqu'au retour du calme sur la côte sud et dans le détroit d'Ormuz"
, menaçant de poursuivre les opérations tant que la sécurité des installations iraniennes n'est pas garantie. Cette posture interventionniste coïncide avec les menaces du président américain Donald Trump, qui a soutenu mardi qu'il frapperait des centrales électriques et des ponts en Iran, à moins que les autorités iraniennes ne "s'assoient à la table des négociations"
. Les Etats-Unis ont également réimposé le blocus des ports iraniens qui avait été levé par l'accord de juin, aggravant la crise humanitaire.Extension des tensions à la région
La crise dépasse désormais le seul cadre irano-américain et koweïtien pour toucher l'ensemble du Golfe persique et ses alliés. En Jordanie, des frappes ont également été signalées, tandis qu'à Bahreïn, des explosions ont été entendues à Manama après le déclenchement des sirènes d'alerte, l'armée locale indiquant avoir intercepté une nouvelle vague d'attaques iraniennes visant notamment une base américaine sur l'île. De plus, la compagnie aérienne nationale koweïtienne a annoncé le report de la plupart de ses vols suite à la suspension temporaire du trafic aérien à l'aéroport international, conséquence directe des agressions par roquettes et drones.
Pour rappel, le conflit a repris une ampleur critique le 7 juillet, brisant la trêve établie en avril après l'offensive israélo-américaine sur l'Iran fin février. Les frappes mutuelles sont désormais quotidiennes, transformant la région du Golfe en théâtre d'affrontements directs entre puissances régionales et internationales, sans perspective immédiate de désescalade.
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