Liban: l'ONU dénonce de possibles crimes de guerre
13:03, 28/07/2026, mardi
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Volker Türk (ONU) documente des violations massives du droit humanitaire au Liban : plus de 4 300 morts depuis mars, de possibles crimes de guerre.Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, a dénoncé lundi à Beyrouth des violations massives du droit international humanitaire au Liban, dont certaines pourraient constituer des crimes de guerre. Plus de 4 300 personnes ont été tuées depuis le 2 mars, dont des soignants et des journalistes. Malgré la cessation des hostilités du 17 avril, les frappes israéliennes se poursuivent et une mission d'enquête indépendante recueille désormais des preuves sur le terrain.
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a affirmé lundi que son bureau avait documenté des violations à grande échelle du droit international humanitaire au Liban, dont certaines pourraient constituer des crimes de guerre. Un constat sévère dressé au terme d'une visite officielle marquée par les témoignages de civils meurtris.
"Mon Bureau a recensé des violations à grande échelle du droit international humanitaire, dont certaines pourraient constituer des crimes de guerre. Dans certaines circonstances, elles pourraient également relever de crimes au regard du droit international"
, a déclaré M. Türk lors d'une conférence de presse à Beyrouth.Le responsable onusien a résumé l'état d'esprit d'un pays exsangue:
"La souffrance, la frustration et le désespoir sont palpables, mais la demande de justice l'est tout autant."
Plus de 4 300 morts depuis le 2 mars
Selon les chiffres des autorités libanaises cités par le Haut-Commissaire, plus de 4 300 personnes ont été tuées et 12 200 autres blessées au Liban depuis le 2 mars. Parmi les victimes figurent plus de 135 personnels de santé, ainsi que de nombreux journalistes et travailleurs des médias.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) souligne que les frappes aériennes israéliennes, les bombardements et l'utilisation d'armes explosives dans des zones densément peuplées ont causé d'importantes pertes civiles, des destructions massives et des déplacements à grande échelle. Le bureau relève également que des tirs de roquettes du Hezbollah vers des zones habitées en Israël ont fait des victimes civiles et endommagé des infrastructures.
Un embrasement né de la guerre contre l'Iran
Cette nouvelle escalade s'inscrit dans le prolongement des tensions régionales impliquant les États-Unis, Israël et l'Iran. Israël a lancé une nouvelle offensive au Liban début mars, à la suite de la riposte du Hezbollah, mouvement libanais allié de Téhéran, à la guerre menée contre l'Iran.
Ce regain de violence a brutalement freiné les espoirs de redressement d'un pays qui tentait de sortir d'une succession de crises: blocage politique, effondrement économique et séquelles de l'explosion du port de Beyrouth.
Les frappes se poursuivent malgré le cessez-le-feu
Malgré l'annonce d'une cessation des hostilités le 17 avril et plusieurs cycles de négociations visant à désamorcer le conflit,
"l'armée israélienne continue de tuer et de blesser des personnes au Liban, dans le cadre de frappes aériennes et d'opérations terrestres qui se poursuivent"
, a déploré M. Türk.Le Haut-Commissaire s'est également dit préoccupé par l'occupation persistante de territoires du sud du Liban par les forces israéliennes et par l'ampleur des déplacements forcés, estimant que ces pratiques pourraient elles aussi relever de crimes internationaux.
Des villages entiers réduits en ruines
Au cours de sa visite, Volker Türk s'est rendu dans une école transformée en centre d'hébergement accueillant environ un millier de déplacés. Beaucoup en étaient à leur deuxième ou troisième déplacement. Certains lui ont raconté avoir tenté de regagner leur village la semaine précédente avant de le découvrir détruit.
Le Haut-Commissaire a rapporté des témoignages faisant état de villages entiers, situés au sud du fleuve Litani, réduits en ruines ou rendus inhabitables. Habitations, écoles, établissements de santé, réseaux d'eau et d'électricité, lieux de culte et terres agricoles ont été anéantis. À l'approche de l'expiration du mandat de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), il s'est inquiété des conséquences pour la protection des civils dans le sud du pays.
Une mission d'enquête déployée sur le terrain
Une mission d'évaluation indépendante et impartiale, annoncée en juin avec l'accord du gouvernement libanais, est désormais déployée pour recueillir des informations et des preuves sur les violations présumées des droits humains et du droit international humanitaire commises depuis le 2 mars par toutes les parties au conflit.
Au-delà du conflit, Volker Türk a exhorté les autorités libanaises à poursuivre les réformes engagées en faveur de l'indépendance de la justice, de la lutte contre l'impunité et de la protection des groupes marginalisés. Il a salué le projet de loi visant à abolir la peine de mort, qui ferait du Liban le premier pays de la région à supprimer totalement ce châtiment.
"La reconstruction ne consiste pas seulement à rebâtir des infrastructures"
, a conclu le Haut-Commissaire. "Il faut aussi reconstruire le contrat social afin que toutes les communautés du Liban vivent dans la dignité, avec leurs droits pleinement respectés, dans un État capable de les protéger et d'exercer pleinement sa souveraineté."
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