Les Etats-Unis et l'Angola pour une issue pacifique au conflit dans l'Est de la RDC

La rédaction avec
11:46, 21/02/2025, vendredi
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Les Etats-Unis et l'Angola pour une issue pacifique au conflit dans l'Est de la RDC
LUIS TATOAFP
Un membre de la Croix-Rouge congolaise fait une pause tandis que d'autres portent des sacs mortuaires contenant des restes humains lors d'un enterrement de masse pour les victimes des affrontements dans l'est de la République démocratique du Congo au cimetière de Musigiko à Bukavu, le 20 février 2025.

Les Etats-Unis et l'Angola ont exprimé leur convergence pour une solution pacifique au conflit dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), entre les rebelles du M23 et l'armée congolaise, notamment dans le cadre du processus de Luanda.

C'est ce qui ressort d'un communiqué du Département d'Etat américain rendu public, mercredi, suite à un entretien entre le secrétaire d'État Marco Rubio et le ministre angolais des Affaires étrangères, Tete Antonio.


"Le secrétaire d'État Marco Rubio s'est entretenu aujourd'hui avec le ministre angolais des Affaires étrangères, M. Tete Antonio"
, peut-on lire dans le communiqué.

"Le secrétaire d'État Rubio et le ministre des Affaires étrangères Antonio ont discuté du processus de Luanda et du leadership de l'Angola dans la recherche d'une issue pacifique au conflit dans l'est de la République démocratique du Congo"
, a ajouté la même source.

Les deux partie ont
"également évoqué l'aspect collaboratif de la relation bilatérale qui existe entre les États-Unis et l'Angola"
, selon la même source.

Pour rappel, l'Angola avait été désignée par l'Union africaine pour faciliter les négociations entre la RDC et le Rwanda afin de trouver une issue au conflit entre les rebelles du M23 qui avaient pris le contrôle de nombreuses localités dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, d'où le processus de Luanda.

Ce processus devait être couronné en décembre dernier par un accord de paix entre les deux pays, mais s'est soldé par un échec, dans la mesure où le M23 n'a pas été associé aux pourparlers.


Un membre de MSF blessé


Un membre de l'organisation Médecins sans frontières (MSF) et un enfant ont été blessés, jeudi, suite à des tirs ayant visé une installation de l'organisation humanitaire à Masisi, dans la province du Nord-Kivu.


"Nous condamnons fermement ce dernier épisode de violence, qui a directement affecté une structure humanitaire qui devrait être protégée des tirs"
, a déclaré l'organisation médicale humanitaire internationale dans un communiqué.

Des affrontements violents impliquant des armes lourdes ont éclaté dans la ville de Masisi, sous contrôle des rebelles du M23 depuis janvier, selon Stephan Goetghebuer, responsable des programmes de Médecins Sans Frontières (MSF).

Depuis le 16 janvier, deux civils ont été tués, tandis que deux membres de MSF et un agent du ministère de la Santé ont été blessés dans les environs de la base de l'organisation et de l'hôpital de Masisi, théâtre de plusieurs incidents.


MSF a souligné que, depuis début janvier, les affrontements quotidiens près de Masisi ont fait des victimes civiles à l'hôpital soutenu par l'organisation, avec des milliers de personnes cherchant refuge dans les locaux de MSF et dans le marché adjacent.

Après avoir pris le contrôle de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu près de la frontière rwandaise, les rebelles du M23 ont capturé Bukavu, principale ville de la province du Sud-Kivu, au cours de la semaine passée.


Depuis le 26 janvier, le conflit a fait plus de 3 000 morts, près de 3 000 blessés et plus de 500 000 nouveaux déplacés, s'ajoutant aux 6,4 millions de déplacés déjà recensés, selon l'ONU.

Le Mouvement du 23 Mars (M23) a été créé en 2012 par des militaires dissidents de l'armée congolaise. Après une brève montée en puissance, il a été défait en 2013 par les Forces armées de la République démocratique du Congo (Fardc), appuyées par les Casques bleus de la Monusco. Cependant, le M23 a repris les armes en 2022, s'emparant de plusieurs localités dans la province du Nord-Kivu, située à la frontière du Rwanda et de l'Ouganda.


Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir activement le M23 pour accéder aux richesses minières de la région. Ces accusations sont étayées par des rapports d'agences onusiennes, qui pointent un appui militaire rwandais au mouvement rebelle. Pour la RDC, le M23 est un groupe
"terroriste"
et toute forme de négociation est catégoriquement rejetée.

Le Rwanda réfute ces allégations, affirmant que le M23 est un mouvement congolais dirigé par des Congolais, bien que ses membres parlent le kinyarwanda, la langue rwandaise. Kigali rejette également les conclusions des rapports onusiens et rappelle avoir désarmé les rebelles du M23 qui s'étaient réfugiés sur son sol en 2012-2013, avant de remettre leur arsenal aux autorités congolaises.


Pour l'heure, les rebelles du M23 contrôlent plusieurs villes, en l'occurrence Goma et Bukavu, respectivement chefs-lieux du Nord-Kivu et du Sud-Kivu et continuent leur progression avec l'intention d'atteindre Kinshasa, la capitale.


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