Guinée-Bissau : la nouvelle constitution approuvée à 70%
17:35, 02/09/2026, mercredi
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SAMBA BALDEAFP
Le président par intérim de la Guinée-Bissau, le général Horta N'Tam, montre son doigt taché d'encre après avoir voté dans un bureau de vote lors du référendum constitutionnel organisé dans le pays, à Bissau, le 30 août 2026.Selon les résultats provisoires communiqués mardi par la Commission nationale électorale (CNE), le projet de nouvelle constitution de la Guinée-Bissau a recueilli 70 % des suffrages exprimés lors du référendum organisé le 30 août.
Une majorité écrasante en faveur du changement
Le projet de réforme fondamentale a séduit 383 116 électeurs, tandis que le camp du "Non" a recueilli 160 954 voix, selon les résultats provisoires annoncés mardi par la Commission nationale électorale (CNE).
Selon les données compilées par cette instance, la participation s'est établie à 63 %, avec 572 712 votants sur les 914 428 inscrits. La commission a précisé qu'aucune contestation n'avait été déposée à ce stade, ajoutant que la Cour suprême devrait proclamer les résultats définitifs dans les prochains jours.
Vers un renforcement des pouvoirs présidentiels
L'adoption de cette réforme ouvre la voie à une transformation majeure de la nature du système politique guinéen, mettant fin à des décennies de régime semi-parlementaire.
Le pays abandonne ainsi son modèle hérité de l'indépendance pour basculer vers un régime présidentialiste. Par ailleurs, le nombre de députés à l'Assemblée nationale passe de 102 à 65 sièges.
De plus, le chef de l'État se voit désormais doté de la prérogative exclusive de nommer et de révoquer le Premier ministre ainsi que les membres du gouvernement.
Contestations et contexte d'instabilité chronique
Toutefois, cette consultation n'a pas fait l'unanimité au sein de la classe politique. Le parti PAIGC, dirigé par Domingo Simoes Pereira, ainsi que plusieurs organisations de la société civile, ont contesté la légitimité même du scrutin et appelé la population au boycott.
Dans ce contexte, la Guinée-Bissau connaît une instabilité chronique depuis son indépendance en 1974.
Le pays est actuellement dirigé par une junte militaire qui a pris le pouvoir en novembre 2025 suite à un coup d'État contre le président Umaro Sissoco Embalo, intervenu à la veille de la proclamation des résultats des élections précédentes.
Calendrier électoral et transition
Le gouvernement de transition, placé sous l'autorité du général Horta N'Tam, figure proche du président déchu Embalo, s'est engagé à organiser une élection présidentielle le 6 décembre 2026.
Ce scrutin devra désigner le premier chef d'État élu sous les règles du nouveau système présidentialiste.
Selon la même source, cette transition institutionnelle marque une étape décisive dans la reconfiguration des équilibres politiques du pays.
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