Ghana : 1 000 rapatriements depuis l'Afrique du Sud
14:22, 26/07/2026, dimanche
AFP

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Le Ghana et le Nigeria haussent le ton face à la recrudescence des violences xénophobes en Afrique du Sud.Le Ghana a annoncé ce week-end le rapatriement de mille ressortissants supplémentaires depuis l'Afrique du Sud, en raison des violences xénophobes persistantes contre les immigrés dans ce pays, selon un communiqué officiel du ministère des Affaires étrangères d'Accra.
Une opération d'évacuation par vagues successives
Selon le ministère ghanéen des Affaires étrangères, le gouvernement a décidé de
"reprendre les évacuations des ressortissants ghanéens présents en Afrique du Sud avec le lancement d'une nouvelle phase, à la suite des attaques xénophobes en cours contre les migrants dans ce pays"
. Cette décision intervient dans un contexte de violences persistantes visant spécifiquement les communautés immigrées installées dans la première économie du continent africain.Par ailleurs, cette dernière phase des évacuations devrait concerner environ 1 000 Ghanéens qui seront rapatriés par groupes successifs, précise la même source. Les premiers vols charter sont attendus à l'aéroport d'Accra les dimanche 26 et lundi 27 juillet 2026, permettant ainsi le retour de ces ressortissants qui fuient les tensions sociales grandissantes.
De plus, un millier de Ghanéens ont déjà regagné leur pays natal au cours des trois derniers mois dans le cadre d'opérations similaires, portant ainsi le total des rapatriements à 2 000 ressortissants pour cette année seulement. L'Afrique du Sud attire traditionnellement les migrants économiques de toute la région, mais fait face depuis des années à une hostilité croissante de segments de la population locale envers ces travailleurs étrangers.
Un exode massif des communautés immigrées
En outre, les violences récentes ont provoqué un exode sans précédent : plus de 160 000 étrangers ont quitté le territoire sud-africain depuis fin mai, selon des données compilées par l'AFP à partir des statistiques communiquées par différents pays d'origine. Ces départs massifs interviennent après des manifestations et des violences, parfois meurtrières, à l'encontre des étrangers accusés par certains groupes activistes de détourner les emplois des travailleurs sud-africains.
Selon les autorités sud-africaines, les violences qui ont accompagné la récente campagne antimigrants ont fait au moins quatre morts, dont deux Mozambicains, un Malawite et un Ethiopien, et ont été marquées par des pillages ainsi que des incendies volontaires ciblant des commerces appartenant à des ressortissants étrangers.
Des frictions diplomatiques croissantes
Des tensions diplomatiques sont ainsi apparues entre Pretoria et plusieurs gouvernements africains, notamment le Ghana, à la suite de ces manifestations antimigrants qui ont déclenché cette importante vague d'exode forcé. Le président ghanéen John Mahama a appelé jeudi l'Union africaine à inscrire à son agenda des discussions urgentes sur
"la multiplication des attaques xénophobes",
estimant que les autorités sud-africaines ne réagissaient pas "à la hauteur de ce que l'on pourrait attendre" face à cette crise humanitaire.Toutefois, le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Ronald Lamola, avait qualifié la semaine dernière lors d'une visite officielle à Accra ces violences d'
"incidents isolés"
, tout en les condamnant formellement. Par ailleurs, deux ressortissants ghanéens ont saisi mi-juillet la Cour pénale internationale pour qu'elle enquête sur ces "attaques xénophobes répétées",
une démarche juridique que le gouvernement de Pretoria a immédiatement qualifiée d'"opportuniste"
et dénuée de fondement.À lire également:

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