Au Gabon, derniers jours de campagne avant le référendum sur la nouvelle Constitution

10:06, 14/11/2024, jeudi
AFP
Au Gabon, derniers jours de campagne avant le référendum sur la nouvelle Constitution
Nao MukadiAFP
Vue générale d'un panneau de campagne encourageant les citoyens à voter "oui" au prochain référendum constitutionnel à Libereville le 12 novembre 2024.

À deux jours du référendum constitutionnel prévu samedi, la campagne bat son plein au Gabon: à Lambaréné comme à Libreville, les panneaux pour le 'oui' dominent l'espace public, tandis que les opposants à la nouvelle loi fondamentale, rédigée par le gouvernement de transition, peinent à se faire entendre.

"Je vais voter 'oui' parce qu'il faut qu'on avance. Cette Constitution, c'est donner des instructions aux futures générations pour qu'on aille de l'avant",
affirme fièrement Bernard Mambenda, un retraité, à l'ombre d'un arrêt de bus de Lambaréné, à quatre heures de route de la capitale.

Ce référendum est une étape clé du retour au régime civil promis par les militaires après leur coup d'État en août 2023.


Le nouvel homme fort du pays, le général Brice Oligui Nguema, a promis de rendre le pouvoir au terme d'une période de transition de deux ans, mais il ne cache pas son intention de remporter la présidentielle prévue en août 2025.

Les premières affiches appelant à voter 'oui' ont été placardées partout au lendemain du premier anniversaire du coup d'État, marqué par la mise en valeur des actions du nouveau pouvoir et de son chef.


Depuis le lancement officiel de la campagne il y a huit jours, nombreux sont ceux qui arborent t-shirts et casquettes
"Votons oui pour l'avenir du Gabon",
massivement distribués par les partisans du 'oui'.

"Le 'oui' est partout dans la ville. Mais on aimerait avoir plus de précisions, pourquoi 'oui'? Certaines personnes pourraient vouloir voter 'non' sans le savoir"
, déplore Neil Amédé Ngonga, un DJ ambarénéen de 25 ans.

"Beaucoup de gens sont moins renseignés sur ce qu'est un référendum. Il aurait fallu qu'ils viennent nous expliquer ça de manière simple"
, ajoute celui qui hésite à voter samedi faute de renseignement sur les enjeux des 173 articles du texte publié il y a moins d'un mois.

Exécutif fort


La nouvelle loi fondamentale, fruit des contributions récoltées lors d'un dialogue national en avril, consacre entre autres un mandat de sept ans renouvelable une seule fois, avec un régime présidentiel doté d'un pouvoir exécutif fort, sans Premier ministre, et l'interdiction d'une transmission dynastique du pouvoir.


Son deuxième article grave dans le marbre l'accession au pouvoir de la junte menée par le général Oligui le 30 août 2023, avec l'instauration d'une
"fête de la libération"
pour marquer la chute de la dynastie Bongo après 55 ans de pouvoir.

L'article 170 exonère de poursuites et de condamnation
"les acteurs des événements allant du 29 août 2023 à l'investiture du président de la transition"
, le 4 septembre.

Plusieurs dispositions ne pourront faire l'objet d'aucune révision future. Parmi elles: la limite de deux mandats présidentiels successifs, le mode d'élection au suffrage universel direct ou encore le mariage réservé à deux individus de sexes opposés.


"C'est la première fois que notre génération vit un événement tel que le référendum",
s'enthousiasme Laeticia Carmella Diweckou, une fonctionnaire de 40 ans, trop jeune pour voter lors de l'unique référendum constitutionnel de l'histoire du Gabon depuis son indépendance, en 1995.

"Ces articles ont été proposés par nous, c'est la première fois dans notre Constitution qu'on demande aux Gabonais de faire le choix de ce qu'ils veulent pour leur avenir. Je ne comprends pas les raisons de voter 'non'
, insiste, casquette
"Votons oui"
vissée sur la tête, celle qui fait activement campagne à Lambaréné.

Samedi, Kévin Angoué, un étudiant en biotechnologie de 22 ans, ira, lui, voter 'non', notamment pour éviter à ses enfants
"de faire le service militaire"
qui deviendra obligatoire si le texte est adopté.

À Libreville, quelques petites affiches de la plateforme
"Ensemble pour le Gabon"
d'Alain Claude Bilie-By-Nze, dernier chef du gouvernement sous Ali Bongo, appellent à dire
"Non à la légalisation du coup d'État dans la constitution, non à un mandat de sept ans, et non à un président roi du Gabon".

Environ 860.000 électeurs sont invités à se déplacer dans les 2.800 bureaux de vote du pays. Un budget de 27 milliards de FCFA (plus de 41 millions d'euros) a été prévu pour l'organisation de la consultation dans le projet de loi de finances 2024.

Les autorités assurent avoir pris toutes les dispositions pour
"garantir la plus grande transparence"
pendant le vote, notamment en invitant des observateurs internationaux.

Pour encourager la participation, le pouvoir a accordé deux jours de congés à la population en amont du vote et autorisé les inscrits à changer de bureau de vote pour prévenir les possibles aléas liés aux transports et à la météo, en pleine petite saison des pluies.


À lire également:


Gabon: ouverture de la campagne électorale pour le référendum constitutionnel du 16 novembre
International
Gabon: ouverture de la campagne électorale pour le référendum constitutionnel du 16 novembre

Gabon: le projet de Constitution rendu public
International
Gabon: le projet de Constitution rendu public

Nouvelle constitution au Gabon: le référendum fixé au 16 novembre
International
Nouvelle constitution au Gabon: le référendum fixé au 16 novembre

Référendum constitutionnel au Gabon: Les autorités autorisent les observateurs internationaux
International
Référendum constitutionnel au Gabon: Les autorités autorisent les observateurs internationaux
Commentaires
Avatar

Les commentaires que vous publiez sur notre site constituent une ressource précieuse pour les autres utilisateurs. Veuillez faire preuve de respect envers les opinions différentes et les autres membres. Évitez tout langage grossier, offensant, dégradant ou discriminatoire.

Fin de page
Le patrimoine de la Turquie. Groupe de médias international.

Bienvenue sur la source d'information qui façonne l’actualité en Turquie ! Avec son approche journalistique impartiale, dynamique et approfondie, Nouvelle Aube – Yeni Şafak offre à ses lecteurs bien plus que de simples actualités. Des sphères politiques et économiques à l’univers de la culture, de l’art et du sport, accédez instantanément à tout ce qui se passe en Turquie et dans le monde. Grâce à ses plateformes numériques, restez informé à tout moment, où que vous soyez. Suivez l’actualité avec Nouvelle Aube – Yeni Şafak !

Suivez nous sur les réseaux sociaux
Télécharger les applications mobiles

Emportez l’actualité partout avec vous ! Grâce aux applications mobiles de Nouvelle Aube – Yeni Şafak, accédez instantanément aux dernières nouvelles. De la politique à l’économie, du sport à la culture et aux arts, une vaste sélection de contenus est à portée de main ! Téléchargez l’application facilement sur vos appareils iOS, Android ou Huawei, et restez informé en temps réel, où que vous soyez. Téléchargez dès maintenant et ne manquez rien de ce qui se passe dans le monde !

Catégories
Albayrak Medya

Maltepe Mah. Fetih Cad. No:6 34010 Zeytinburnu/İstanbul, Türkiyeiletisim@yenisafak.com+90 212 467 6515

AVERTISSEMENT LEGAL

Le nom et le logo de BIST sont protégés par un « Certificat de Marque Déposée » et ne peuvent être utilisés, reproduits ou modifiés sans autorisation. Tous les droits d’auteur relatifs aux informations publiées sous le nom de BIST appartiennent entièrement à BIST et leur reproduction est interdite. Les données de marché sont fournies par iDealdata Technologies Financières S.A. Les données boursières de BIST sont affichées avec un délai de quinze minutes.

© Net Medya, tous droits réservés. 2026