Belgrade enterre Ratko Mladic, bourreau de Srebrenica
10:28, 05/09/2026, samedi
AFP

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Belgrade enterre Ratko Mladic, bourreau de SrebrenicaLes funérailles de l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic se tiennent lundi à Belgrade, ravivant la mémoire du génocide de Srebrenica où près de 8 000 musulmans furent exécutés en juillet 1995, selon les données de l'ONU.
Les obsèques controversées à Belgrade
Selon les informations disponibles, la cérémonie funéraire de Ratko Mladic s'ouvre ce lundi dans la capitale serbe. L'ancien général, condamné à perpétuité par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), purgeait sa peine à La Haye pour son rôle dans le génocide de Srebrenica. Par ailleurs, l'Assemblée générale de l'ONU a institué en 2024 une journée internationale de commémoration fixée au 11 juillet, date anniversaire de la chute de l'enclave.
La chute de l'enclave assiégée
Dès avril 1992, les forces serbes bosniaques avaient encerclé Srebrenica, ville à majorité musulmane de l'est de la Bosnie située à proximité de la Serbie. En avril 1993, l'ONU décrète cette zone de 148 km²
"zone de sécurité"
et y déploie des Casques bleus néerlandais chargés de protéger la population civile. Toutefois, début juillet 1995, les unités de Mladic s'emparent de positions de la Forpronu après avoir pris en otage une trentaine de soldats néerlandais, permettant aux chars serbes d'approcher à moins de deux kilomètres de la ville.Le 11 juillet 1995, Srebrenica tombe aux mains des forces du général, partisan d'une
"République serbe"
ethniquement homogène aux côtés de l'ancien leader politique Radovan Karadzic. De plus, la population civile tente de trouver refuge auprès des soldats néerlandais basés à Potocari, mais ces derniers, débordés par l'afflux massif de réfugiés, ferment les grilles de leur base.Les exécutions systématiques
Dans les jours suivant la prise de la ville, les forces serbes séparent méthodiquement les hommes et adolescents musulmans des femmes et enfants. Ces premiers sont ensuite transportés par camions et cars vers des sites d'exécution où ils sont abattus. En outre, des centaines de fuyards ayant tenté de rejoindre les forêts environnantes sont rattrapés et tués. Selon l'Institut bosnien pour les personnes disparues, les restes de quelque 1 200 victimes demeurent introuvables à ce jour.
Les pelleteuses se sont ensuite mises à l'œuvre pour enfouir les corps dans des fosses communes. Par ailleurs, la plupart de ces charniers ont été ultérieurement ouverts à l'aide de bulldozers afin de déplacer les cadavres et dissimuler l'ampleur exacte des crimes commis.
La justice internationale rend son verdict
Dès le 17 juillet 1995, des témoignages concordants font état de meurtres, tortures et viols commis par les hommes de Mladic durant l'exode de la population. Le 24 juillet et le 16 novembre de la même année, le TPIY inculpe Radovan Karadzic et Ratko Mladic pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Longtemps en fuite après la signature des accords de Dayton le 21 novembre 1995, ils ont finalement été jugés et condamnés à la prison à vie.
Au total, plus de 50 condamnations, dont une vingtaine pour génocide, ont été prononcées par les juridictions internationales et les tribunaux de Bosnie et de Serbie. En outre, la Cour suprême des Pays-Bas a jugé en 2019 l'État néerlandais partiellement responsable du massacre de 350 musulmans par les forces serbes, reconnaissant ainsi une part de responsabilité dans l'abandon des victimes.
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