France : extradition vers l'Allemagne du militant "Gino"
17:02, 19/08/2026, mercredi
AFP

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Rexhino Abazaj, alias "Gino", un militant antifasciste albanais.La cour d'appel de Paris a ordonné mercredi l'extradition vers l'Allemagne de Rexhino Abazaj, alias "Gino", un militant antifasciste albanais précédemment visé par une demande hongroise refusée, a indiqué son avocat.
La décision de la cour d'appel
La cour d'appel de Paris a ordonné mercredi la remise à l'Allemagne de Rexhino Abazaj, connu sous le nom de "Gino", un militant antifasciste albanais qui avait déjà fait l'objet d'une demande d'extradition refusée par les autorités françaises.
Cette décision marque un tournant dans le dossier, alors que Paris avait précédemment opposé une fin de non-recevoir à la Hongrie par crainte pour les droits fondamentaux du trentenaire.
Me Youri Krassoulia a annoncé que son client
"se pourvoit en cassation"
, qualifiant la décision de "scandaleuse"
à l'issue de l'audience.Les faits reprochés et les risques pénaux
Les autorités hongroises reprochent à l'intéressé des violences commises contre des néonazis lors d'un défilé à Budapest en février 2023, des faits pour lesquels il encourt une peine pouvant atteindre 24 ans de réclusion dans ce pays.
En outre, l'Allemagne, où résident certaines victimes présumées de nationalité allemande, réclame également son extradition pour les mêmes actes avec une peine maximale de 10 ans, ce qui explique la procédure actuelle devant la justice française.
Un refus préalable fondé sur la protection des droits
En avril 2025, la justice française avait refusé d'extrader le militant vers la Hongrie, invoquant des
"risques"
de "traitement inhumain"
en prison et l'absence de garanties suffisantes pour un procès équitable au sein de ce pays membre de l'Union européenne. Cependant, une seconde procédure d'extradition avait été enclenchée par l'Allemagne depuis 2025 pour des faits identiques, posant désormais la question de la juridiction compétente et des obligations européennes en matière d'entraide judiciaire.
Crainte d'une extradition successive vers la Hongrie
Lors d'une audience tenue en juin devant les magistrats parisiens, Me Laurent Pasquet-Marinacce, un autre avocat de la défense, avait soulevé un obstacle juridique majeur susceptible d'affecter la suite de la procédure.
"Nous n'avons pas les moyens de savoir si la Hongrie a condamné en son absence notre client: si la France le remet à l'Allemagne, est-ce que la Hongrie ne va pas le réclamer pour qu'il exécute sa peine là-bas ?"
, avait-il déclaré, soulignant ainsi les incertitudes entourant le sort de son client au-delà de la simple remise aux autorités berlinoises.Situation actuelle et calendrier judiciaire
Pour l'heure, Rexhino Abazaj demeure en liberté et réside à Paris, où il dispose d'un délai de dix jours pour être remis aux autorités allemandes.
Il dispose également de trois jours pour former un pourvoi en cassation contre l'arrêt rendu mercredi, une procédure d'urgence qui suspend l'exécution de la mesure d'extradition.
Pour rappel, la France avait refusé en avril 2025 de remettre Rexhino Abazaj à la Hongrie, invoquant des risques de traitement inhumain et d'absence de procès équitable, tandis que l'Allemagne réclame désormais son extradition pour les mêmes faits avec une peine maximale de dix ans, certaines victimes présumées étant de nationalité allemande.
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