18:02, 06/10/2026, mardi
Violences policières contre des lycéens: dix enquêtes ouvertes en France
Depuis le début du mouvement lycéen, les violences policières se multiplient en France. Le ministère de l'Intérieur fait état de dix enquêtes de l'IGPN, dont quatre au moins pour des mineurs blessés à Saint-Ouen-l'Aumône, Tours, Argenteuil et Lens. Le Défenseur des droits s'est saisi d'un cas. La police défend un usage proportionné de la force. Amnesty International demande la fin des tirs directs de lance-grenades et la suspension du LBD 40.
Depuis le début du mouvement lycéen, les
violences policières
se multiplient en France. Lundi soir, le ministère de l'Intérieur a fait état de dix enquêtes de l'IGPN. L'Inspection générale de la police nationale, la "police des polices", examine donc ces dossiers.Au moins quatre enquêtes concernent des blessures sur des mineurs. Elles visent des faits survenus à Saint-Ouen-l'Aumône, Tours, Argenteuil et Lens, selon France 24 et franceinfo. Par ailleurs, le Défenseur des droits s'est autosaisi du cas de Saint-Ouen-l'Aumône.
Violences policières: les cas les plus graves chez les lycéens
Plusieurs adolescents ont subi des blessures lourdes en une seule semaine. Les faits se répartissent sur tout le territoire. Chaque dossier fait l'objet d'une version contradictoire entre les familles, les témoins et les autorités.
Un lycéen de 14 ans a eu la mâchoire fracturée. De nombreuses dents ont également été cassées. Amnesty International évoque un tir de lance-grenades à très courte distance.
Le parquet donne une autre lecture. Il parle d'une riposte policière après des violences. En revanche, le Défenseur des droits a jugé le dossier assez grave pour s'en saisir de lui-même.
Tours et Argenteuil: des blessures au visage et à l'œil
À Tours, un lycéen a été blessé au visage. Le parquet juge ses lésions "compatibles" avec un tir de LBD. Ce sigle désigne le lanceur de balle de défense, une arme qui tire des projectiles en caoutchouc.
À Argenteuil, un jeune de 16 ans a été touché à l'œil. Il dénonce lui aussi un tir de LBD. Ce type de blessure peut entraîner des séquelles définitives.
Lens: un lycéen de 15 ans a la main arrachée
Lundi, à Lens, un lycéen de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade. L'incident s'est produit devant le lycée Béhal. C'est le cas le plus lourd de cette série.
Le procureur de Béthune dit ne pas pouvoir établir si l'adolescent a ramassé la grenade. Il ne peut pas non plus affirmer qu'elle a été lancée dans sa direction. L'enquête devra donc trancher.
Sevran et Alençon: charge à cheval et accusations de racisme
D'autres scènes inquiètent les familles et les enseignants. À Sevran, des policiers à cheval ont chargé devant un établissement. Selon plusieurs témoins, des élèves, des professeurs et des personnels ont été blessés.
Plusieurs lycéens de Sevran accusent aussi des policiers d'insultes racistes. Ces accusations restent à vérifier. Cependant, elles s'ajoutent à un climat déjà très tendu dans les quartiers populaires.
À Alençon, un agent a saisi une adolescente de 14 ans au cou. La scène s'est déroulée devant son lycée. Elle illustre la brutalité que dénoncent de nombreux parents.
La police défend un usage "nécessaire et proportionné" de la force
Les forces de l'ordre répondent point par point. Elles défendent un usage "nécessaire et proportionné" de la force. Selon elles, des individus viennent commettre des dégradations et des violences en marge des rassemblements.
Cette ligne n'a rien de nouveau. En effet, chaque mobilisation depuis dix ans a nourri le même argument. Les autorités invoquent la sécurité des biens et des agents pour justifier leurs méthodes.
Le ministre de l'Enseignement supérieur va plus loin. Il refuse de parler de "violences policières". Ce choix de mots, en revanche, heurte les familles des adolescents blessés.
Le gouvernement parle d'une "bascule" vers les violences urbaines
Le gouvernement évoque une "bascule" vers des violences urbaines. Il avance un bilan chiffré. Plus de 300 policiers et gendarmes ont été blessés, selon ses données.
Côté éducation nationale, 65 personnels et 170 élèves ont aussi été blessés. De plus, 1 949 interpellations ont eu lieu pour la seule journée de jeudi. Ces chiffres émanent des autorités et appellent une vérification indépendante.
Ce bilan pose une question simple. Combien de ces 170 élèves ont-ils été blessés par les forces de l'ordre ? Aucune donnée publique ne répond pour l'instant.
Amnesty International demande la fin des tirs directs
Amnesty International réclame des changements concrets. L'organisation demande de ne jamais utiliser les lance-grenades en tir direct. Elle exige aussi la suspension du LBD 40 en manifestation.
L'ONG tient toutefois un discours nuancé. Elle rappelle que les violences commises par certains manifestants ne dispensent pas les forces de l'ordre de la proportionnalité. Autrement dit, la violence de l'un ne justifie pas celle de l'autre.
Cette position rejoint celle de nombreux juristes. C'est pourquoi le Défenseur des droits suit désormais de près ces dossiers.
Un débat ancien sur le maintien de l'ordre
Les enquêtes sont en cours. Les circonstances exactes de plusieurs blessures restent à établir. Il faut donc rester prudent sur les responsabilités individuelles.
Pourtant, la répétition de blessures graves sur des adolescents en une semaine relance un débat ancien. Il porte sur la doctrine du maintien de l'ordre. Il s'était déjà posé lors de mobilisations lycéennes passées.
Ainsi, la France critique volontiers les méthodes de répression à l'étranger. Mais elle peine à regarder les siennes. Des armes dites "non létales" mutilent pourtant des enfants à quelques mètres de leur salle de classe.
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