France : Lecornu annonce une suspension des cours dans les lycées
17:58, 06/10/2026, mardi
AA

X
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu.Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a annoncé mardi une suspension des cours dans les lycées en fin de semaine afin de permettre un temps de "démocratie interne", lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale marquées par des échanges houleux.
Suspension des cours et appel au calme
Selon des déclarations faites lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le Premier ministre français Sébastien Lecornu a annoncé mardi une suspension des cours dans les lycées en fin de semaine, permettant ainsi un temps de "démocratie interne" dans les établissements.
Le chef du gouvernement a salué les manifestations organisées dans un cadre légal démocratique, affirmant les accueillir
"avec beaucoup de respect et de soulangement".
Toutefois, il a appelé la classe politique à faire corps avec les fonctionnaires victimes de violences, soulignant que la responsabilité individuelle existe également pour les mineurs.
"Brûler un lycée n'améliore pas la situation bâtimentaire des lycées"
et "lyncher un professeur n'améliore pas le taux de remplacement des professeurs"
, a-t-il déclaré, précisant qu'on ne peut pas laisser un espace de tolérance à la violence.Accusations de l'opposition
Par ailleurs, la présidente du groupe La France insoumise (LFI), Mathilde Panot, a vivement mis en cause la gestion gouvernementale du mouvement, accusant l'exécutif d'avoir choisi le
"pourrissement"
et une "répression inédite"
. Elle a évoqué quelque 4 400 mineurs placés en garde à vue ainsi que plusieurs cas de jeunes grièvement blessés lors d'interventions policières.
"Dans n'importe quelle autre démocratie, vous auriez déjà démissionné"
, a-t-elle lancé au Premier ministre. "
À des revendications politiques, il faut une réponse politique et non policière"
, a-t-elle poursuivi, rappelant les demandes portant sur la rénovation des locaux et la fin du "tri social"
de Parcoursup. De plus, l'élue a demandé l'interdiction des armes mutilantes et des techniques d'immobilisation létales.Défense des ministres
En réponse aux critiques sur les interventions policières, Lecornu a affirmé que
"des instructions de proportionnalité"
avaient été données aux forces de l'ordre. Il a qualifié de
"mensonge"
les affirmations faisant état d'instructions politiques de répression, ainsi que celles selon lesquelles la police de la République et les militaires de la gendarmerie seraient racistes.Interrogé sur les lycéens blessés par les forces de l'ordre, il a déclaré :
"Est-ce que des accidents peuvent arriver ? La réponse est oui".
Le Premier ministre, qui a contesté l'emploi du terme violences policières, a ajouté que ces situations devaient donner lieu à des enquêtes administratives et judiciaires, à l'établissement des responsabilités et à de l'empathie.
Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a fait état de 85 personnels blessés en huit jours et de 24 bâtiments saccagés ou incendiés, estimant que 30 000 élèves sont privés de cours.
Défendant son action, il a affirmé que le taux de remplacement des absences de courte durée avait été multiplié par trois en deux ans et que le nombre de postes vacants avait diminué de 57 % à la rentrée.
Outre cela, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a réaffirmé son soutien aux forces de sécurité et détaillé le projet de loi dit
"casseur-payeur"
, qui doit être examiné au Sénat à partir du 27 octobre. Selon Nuñez, le texte doit permettre d'engager la responsabilité civile de personnes demeurant dans un attroupement après sommation lorsque des dégradations y sont commises, y compris celle de leurs parents.
Contexte des mobilisations
Ces annonces interviennent alors que des dizaines de milliers de lycéens, d'étudiants et de soutiens ont manifesté mardi à Paris pour réclamer davantage de moyens et de meilleures conditions d'enseignement.
Entamé à la mi-septembre, le mouvement touche de nombreux établissements à travers la France, avec 891 lycées perturbés mardi selon le ministère de l'Intérieur.
A lire également:

International
France : 413 établissements perturbés, le syndicat lycéen appelle à intensifier la mobilisation

International
France : 24 établissements saccagés en marge du mouvement lycéen

Économie
Lecornu annonce 54 milliards d'euros d'effort budgétaire

International
France : le Ministre du travail défend les priorités du budget 2027

International
Mobilisation lycéenne : Panot réclame la démission de Laurent Nuñez



