Défense : Macron appelle à "bâtir en européens"
16:03, 13/07/2026, lundi
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THOMAS PADILLA POOL / AFP
Le président français Emmanuel Macron prononce son discours traditionnel devant les forces armées à l'Hôtel de Brienne, à Paris, le 13 juillet 2026, à la veille du défilé annuel du 14 juillet dans la capitale française. Le président français Emmanuel Macron a appelé à "bâtir en européens" en matière de défense, qualifiant d'"absurdité" la course aux armements nationaux, et a annoncé un budget des armées porté à 64 milliards d'euros dès 2027, a-t-il déclaré dimanche.
Une défense "bâtie en européens"
Macron a évoqué l'échec du programme d'avion de combat européen SCAF, qu'il a dit regretter profondément, tout en appelant les partenaires à poursuivre la coopération.
Emmanuel Macron a également insisté sur la nécessité de construire des projets communs tout en préservant les spécificités et la crédibilité de chaque nation.
"Le patriotisme, oui, le nationalisme, jamais"
, a-t-il affirmé, ajoutant que "partout où on flatte les nationalismes, en France ou ailleurs, on se trompe sur l'histoire qui est la nôtre"
. Il a en outre mis en garde contre la création de "
dyssynergies
" qui génèrent des retards, appelant les Européens à conserver leurs modes de décision et leurs forces d'intervention. Parmi les chantiers cités figurent notamment le char de combat franco-allemand, un programme d'alerte avancée, une constellation spatiale commune et une revue stratégique spatiale coordonnée par le SGDSN avec un sommet prévu en septembre.
Effort budgétaire et modernisation
Le président français a rappelé avoir fixé dès 2017 l'objectif d'atteindre 2% du PIB pour la défense dès 2025, engagement qu'il a affirmé avoir tenu à l'euro près. Il a également confirmé l'avancement à 2027 de l'objectif de 64 milliards d'euros initialement prévu pour 2030, soit un doublement du budget en dix ans.
De plus, il a annoncé un effort supplémentaire de 36 milliards d'euros pour la période 2026-2030, articulé autour de trois priorités distinctes.
Cet investissement vise notamment à augmenter les stocks de munitions et à renforcer la préparation opérationnelle, mais également à développer des moyens de souveraineté dans le spatial, les alertes avancées et la dissuasion nucléaire.
En outre, il prévoit l'amélioration des capacités de combat dans la défense sol-air, la lutte anti-drones, la guerre électromagnétique, la robotique, le quantique et l'intelligence artificielle, en complément des efforts engagés en 2023 dans le cyber et le maritime.
Selon la même source, la ministre des Armées Catherine Vautrin et le Parlement ont été salués pour leur travail sur la loi de programmation militaire.
Ukraine et sécurité dans le Golfe
Concernant le soutien à Kiev, Emmanuel Macron a indiqué que la
"coalition des volontaires"
formée avec le Royaume-Uni se réunirait aux Invalides dans l'après-midi du 14 juillet. Des éléments de cette coalition défileront aux côtés de partenaires européens, du Canada et de démocraties indopacifiques. Toutefois, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a réagi en estimant que cette coalition ne recherchait pas la paix.
"Je dirais que c'est une coalition de fauteurs de guerre. C'est ce groupe de pays qui ne veut pas de la paix, mais qui veut la poursuite de la guerre"
, a-t-il affirmé. Il a par ailleurs jugé que la coalition "se berce de la plus profonde illusion quant à la possibilité d'infliger une défaite stratégique"
à la Russie, ajoutant que Moscou suivrait de très près les résultats de la réunion.Par ailleurs, le président français a évoqué le déploiement de la marine nationale en mer d'Arabie pour sécuriser le détroit d'Ormuz, qualifié d'artère vitale pour l'économie mondiale dans une déclaration conjointe avec Londres selon laquelle Oman a accepté de coopérer.
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a réagi en affirmant sur X que le détroit
"n'est pas le théâtre de démonstrations de force militaires de la part de puissances extra-régionales"
. "La sécurité d'Ormuz relève des États riverains, et les fauteurs de crise seront responsables des conséquences de leur aventurisme"
, a-t-il averti.A lire également:

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