La République Turque de Chypre Nord veut sa reconnaissance par l'ONU
12:45, 28/07/2026, mardi
AA

AAAA
Ünal Üstel, Premier ministre de la RTCN, appelle l'ONU à reconnaître officiellement la République Turque de Chypre Nord avant la visite de Guterres.Le Premier ministre de la République Turque de Chypre Nord, Ünal Üstel, appelle l'ONU à reconnaître officiellement la RTCN, estimant qu'un règlement durable de la question chypriote passe par la reconnaissance des réalités politiques de l'île. À la veille de la visite d'Antonio Guterres, il dénonce l'isolement imposé aux Chypriotes turcs depuis le référendum de 2004, réclame l'abandon du modèle fédéral et rappelle l'existence de deux peuples, deux démocraties et deux États distincts.
Le Premier ministre de la République Turque de Chypre Nord (RTCN), Ünal Üstel, a affirmé, lundi, qu'un règlement durable de la question chypriote ne serait possible qu'à travers la reconnaissance des réalités politiques de l'île, appelant les Nations unies à reconnaître officiellement la RTCN.
"Si le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, veut entrer dans l'histoire en résolvant la question chypriote, alors l'Assemblée générale des Nations unies doit se réunir et reconnaître la République Turque de Chypre Nord"
, a déclaré Üstel.Une prise de parole à la veille de la visite de Guterres
Selon un communiqué écrit publié par le Parti de l'unité nationale (UBP), que préside Ünal Üstel, ces déclarations interviennent à la veille de la visite d'Antonio Guterres à Chypre, prévue du 27 au 29 juillet, au cours de laquelle il doit rencontrer les dirigeants chypriote turc et chypriote grec.
Ünal Üstel a estimé qu'un nouveau processus sur la question chypriote ne pourrait être engagé qu'à condition de reconnaître les réalités politiques de l'île. Il a également exprimé l'espoir que la visite d'Antonio Guterres offrira l'occasion de réévaluer sincèrement ce qu'il a qualifié d'injustices subies par le peuple chypriote turc depuis de nombreuses années.
Une légitimité enracinée dans l'histoire de l'île
La revendication de la RTCN ne relève pas d'une simple posture diplomatique : elle s'appuie sur une réalité politique et historique que la communauté internationale a longtemps refusé de regarder en face. Après des années de violences ciblées contre la communauté chypriote turque, contrainte de vivre dans des enclaves à partir de 1963, l'intervention de la Türkiye en 1974, menée en vertu du traité de garantie de 1960, a mis fin à un coup d'État soutenu par la junte grecque qui visait le rattachement de l'île à la Grèce.
C'est dans ce contexte que la République Turque de Chypre Nord a proclamé son indépendance en 1983, dotée depuis de ses propres institutions démocratiques, de son parlement, de ses élections libres et régulières et d'un exécutif issu du suffrage populaire. Pour ses dirigeants, ces attributs de souveraineté fonctionnent de manière ininterrompue depuis plus de quatre décennies, ce qui distingue la RTCN d'une entité purement théorique et fonde, à leurs yeux, son droit à la reconnaissance.
Des promesses non tenues depuis le plan Annan
Le Premier ministre a soutenu que les promesses faites aux Chypriotes turcs après le référendum de 2004 sur le plan Annan n'avaient jamais été tenues, tandis que leur isolement s'était accentué et que les pressions économiques systématiques exercées contre la République Turque de Chypre Nord s'étaient intensifiées.
Ce grief renvoie à l'un des épisodes les plus révélateurs du dossier chypriote. En avril 2004, lors du référendum sur le plan de réunification porté par les Nations unies, les Chypriotes turcs avaient approuvé le texte à une large majorité, tandis que les Chypriotes grecs l'avaient massivement rejeté.
Malgré ce vote favorable à la paix, c'est l'administration chypriote grecque qui a intégré l'Union européenne quelques jours plus tard, tandis que les Chypriotes turcs demeuraient soumis à des restrictions commerciales, sportives et de transport qui perdurent aujourd'hui.
Selon Ünal Üstel, la principale responsabilité de cette situation incombe à l'Union européenne et aux Nations unies, qu'il accuse de ne pas avoir respecté leurs engagements envers un peuple qui avait pourtant choisi la voie du compromis.
"Deux peuples, deux démocraties, deux États"
Ünal Üstel a, par ailleurs, appelé l'ONU à abandonner l'approche fondée sur une fédération, estimant qu'elle n'a produit aucun résultat depuis plus de soixante ans. Pour la partie chypriote turque, s'obstiner à négocier un modèle fédéral revient à ignorer six décennies d'échecs et à maintenir artificiellement un cadre que les faits ont déjà dépassé.
"La réalité sur l'île est claire. Il existe deux peuples, deux démocraties et deux États distincts à Chypre"
, a déclaré Ünal Üstel. Il a enfin réaffirmé qu'un règlement durable ne pourrait être obtenu qu'en acceptant ces réalités, plaidant pour une solution fondée sur l'égalité souveraine et le statut international des deux États plutôt que sur la subordination d'une communauté à l'autre.A lire également:

Actualités Turquie
Hakan Fidan et Guterres évoquent les dossiers régionaux

Actualités Turquie
Erdoğan célèbre les 52 ans de l'Opération de paix à Chypre

International
Chypre 1974: le jour où la Türkiye empêcha un génocide

Actualités Turquie
Chypre: la Türkiye critique le nouvel envoyé spécial de l'UE