L'UEFA boycotte la FIFA: les confédérations lâchent Infantino
09:33, 31/07/2026, vendredi
Yeni Şafak

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L'UEFA et d'autres confédérations menacent de boycotter la FIFA et toutes ses compétitions après le plan d'Infantino pour vendre la Coupe du monde à des fonds privés.L'UEFA menace de boycotter la Coupe du monde. En cause: le plan d'Infantino pour vendre 20 % des activités de la FIFA à des fonds privés, via "FIFA Forward Enterprise", afin de lever 20 milliards de dollars. Les 55 fédérations européennes rejettent ce projet, jugé "irresponsable". La CONCACAF et l'AFC s'y opposent aussi. Cette fronde ouvre la plus grave crise de gouvernance de la FIFA depuis des années.
Pourquoi l'UEFA boycotte la FIFA
Le 28 juillet 2026, la FIFA a dévoilé un projet explosif. L'instance veut créer une entité baptisée "FIFA Forward Enterprise". Cette société gérerait toutes les opérations commerciales et événementielles du football mondial.
Concrètement, la FIFA veut vendre 20 % de cette structure à des fonds privés. L'objectif affiché : lever 20 milliards de dollars. En échange, les investisseurs obtiendraient une influence sur les futures Coupes du monde. Cela concerne les droits télévisés et les contrats commerciaux du tournoi.
Le premier bailleur pressenti s'appelle Thrive Capital. Ce fonds a été fondé par Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, gendre de Donald Trump. Par conséquent, la proximité entre Infantino, Trump et ce cercle d'affaires nourrit les soupçons.
La révolte européenne: "La Coupe du monde n'est pas à vendre"
Face à ce plan, l'UEFA a réagi vite. Le 30 juillet, ses 55 fédérations membres ont tenu une réunion d'urgence. La visioconférence a duré deux heures. Surtout, tous les participants ont dénoncé le projet d'Infantino.
Ensuite, l'UEFA a voté un boycott des compétitions de la FIFA. Ce boycott vise les Coupes du monde masculine et féminine. En effet, c'est la première fois qu'une confédération menace ainsi un tournoi de la FIFA.
L'UEFA a jugé la démarche
"irresponsable et indéfendable"
. De plus, elle reproche à la FIFA d'avoir agi sans consulter ses membres. La confédération a aussi lancé une phrase forte: "La Coupe du monde n'appartient pas à la FIFA."
Par ailleurs, l'UEFA accuse Infantino de faire passer des
"intérêts politiques privés"
avant le jeu. Cette critique vise directement ses voyages en Arabie saoudite aux côtés de Donald Trump.Un boycott qui peut tout bloquer
L'arme européenne est puissante. En effet, les 16 sélections de l'UEFA pèsent plus que les 32 autres qualifiées réunies. Leur valeur combinée dépasse 10 milliards d'euros.
C'est pourquoi un investisseur hésiterait sans l'Europe. Un Mondial sans l'Espagne, la France, l'Angleterre, l'Italie ou l'Allemagne perdrait l'essentiel de sa valeur. Selon plusieurs observateurs, le projet serait alors
"mort-né".
Les autres confédérations lâchent aussi Infantino
L'UEFA n'est plus seule. En effet, la CONCACAF a rejoint la contestation. Cette confédération gère le football d'Amérique du Nord et centrale.
Ses 41 fédérations ont exprimé de
"profondes inquiétudes".
Elles dénoncent "l'absence de tout examen ou approbation par les organes de gouvernance de la FIFA"
. Or, la CONCACAF regroupe les États-Unis, le Canada et le Mexique, hôtes du Mondial 2026.L'Asie bouge également. La Confédération asiatique (AFC), pourtant fidèle à Infantino, s'est dite
"préoccupée"
. Elle demande pourquoi elle n'a pas été consultée.Cependant, deux confédérations restent prudentes. La CONMEBOL sud-américaine n'a pas commenté publiquement. Son président, Alejandro Domínguez, soutient traditionnellement Infantino. De son côté, la Confédération africaine (CAF) réunira son comité exécutif la semaine prochaine.
Infantino, un président plus contesté que Blatter
La méthode d'Infantino cristallise les critiques. D'abord, il aurait proposé jusqu'à 20 millions de dollars à des fédérations pour rallier leur vote. Ensuite, il a défendu son plan depuis Zurich, sans dialogue réel avec les confédérations.
Certains analystes estiment qu'il s'est rendu
"plus impopulaire que Sepp Blatter"
. Cette comparaison est lourde de sens. En effet, Blatter reste associé aux scandales qui ont ébranlé la FIFA.De plus, ce n'est pas la première tentative du genre. En 2018, Infantino avait déjà porté un projet secret de 25 milliards de dollars avec SoftBank. À l'époque, l'UEFA avait fait échouer l'opération.
Une crise de légitimité aux échos géopolitiques
Cette fronde dépasse le seul cadre financier. Elle interroge la gouvernance et la crédibilité de la FIFA. En effet, l'instance apparaît tiraillée entre ses membres et des intérêts privés puissants.
Le contexte aggrave le malaise. Depuis des mois, la Türkiye et de nombreuses voix réclament la suspension de l'équipe d'Israël. Des experts des Nations unies ont eux aussi demandé à la FIFA et à l'UEFA d'agir face à la guerre à Gaza. Pourtant, ces instances ont longtemps temporisé.
Ainsi, un contraste frappant se dessine. D'un côté, la FIFA tarde à répondre aux appels pour la justice sportive. De l'autre, elle accélère pour vendre le Mondial à des fonds proches du pouvoir américain. Ce décalage alimente la défiance envers Infantino.
Que va-t-il se passer maintenant ?
L'avenir du plan reste incertain. Sans l'Europe, la vente perd son sens économique. C'est pourquoi de nombreux acteurs jugent le projet compromis.
Cependant, Infantino conserve des soutiens. Il rappelle qu'il a fortement augmenté les revenus versés aux fédérations. Beaucoup de petites nations pourraient donc rester à ses côtés.
En revanche, l'unité des grandes confédérations change la donne. Pour l'heure, la pression monte sur Zurich. La suite dépendra de la capacité d'Infantino à reculer, ou non, sur son projet le plus contesté.
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