Coupe du Monde 2026 - Tunisie: Sabri Lamouchi limogé en plein Mondial, Hervé Renard nommé

Au lendemain de la déroute 5-1 contre la Suède, la Fédération tunisienne de football a écarté Sabri Lamouchi, cinq mois seulement après sa nomination. La séquence a viré au cafouillage: un communiqué annonçant l'intérimaire Mondher Kebaier a été publié puis effacé, le sélectionneur a continué d'animer l'entraînement, avant que le président de la FTF n'officialise le départ à la télévision. Hervé Renard a finalement été nommé pour la fin du tournoi. Un cas quasi inédit (un limogeage après un seul match de Coupe du monde) qui ravive la colère contre la gouvernance du football tunisien.
Cinq mois de mandat, cinq matches sur le banc, et une sortie par la petite porte au plus mauvais moment. Sabri Lamouchi n'aura dirigé les Aigles de Carthage qu'une seule fois en Coupe du monde avant d'être écarté par la Fédération tunisienne de football (FTF). Mais c'est surtout la manière, un enchaînement d'annonces contradictoires en moins de vingt-quatre heures, qui a transformé une décision sportive en crise de communication et relancé un vieux procès: celui de la gouvernance du football tunisien.
La déroute de trop : 5-1 face à la Suède
Tout est parti de la pelouse de Monterrey, au Mexique. Pour son entrée en lice dans le Groupe F, la Tunisie a sombré face à la Suède sur le score de 5-1, dans la nuit du dimanche 14 au lundi 15 juin. Un naufrage qui s'ajoute à une préparation déjà inquiétante, marquée par un cinglant 0-5 en amical contre la Belgique et une défaite 0-1 face à l'Autriche.
L'imbroglio: un communiqué publié, puis effacé
C'est dans les heures qui suivent que la séquence dérape. Selon plusieurs médias locaux (Mosaïque FM, Jawhara FM), la FTF, furieuse, décide de se séparer de son technicien. Un communiqué est diffusé sur Instagram, évoquant la nomination de Mondher Kebaier comme entraîneur à titre intérimaire.
Problème: le post est supprimé peu après. Et dans le même temps, Sabri Lamouchi est aperçu en train de diriger la séance d'entraînement des Aigles de Carthage à Monterrey. De quoi alimenter, l'espace de quelques heures, l'hypothèse d'un rétropédalage et plonger l'ensemble de la délégation dans la confusion.
Pourquoi ce cafouillage ?
L'officialisation: la télévision publique tranche, Renard débarque
Un précédent quasi inédit dans l'histoire du Mondial
Limoger un sélectionneur en pleine Coupe du monde n'est pas une première. La Tunisie elle-même avait écarté Henryk Kasperczak en 1998 ; le Mondial français de cette année-là avait aussi coûté leur poste à Cha Bum-kun (Corée du Sud) et à Carlos Alberto Parreira (Arabie saoudite).
La colère côté tunisien: le procès récurrent de la fédération
Ces critiques s'inscrivent dans un climat plus large de contestation de la gouvernance fédérale, déjà alimenté par des polémiques d'arbitrage et de sanctions disciplinaires tout au long de la saison.
Le bilan de Sabri Lamouchi en chiffres
Nommé en janvier 2026 pour succéder à Sami Trabelsi, lui-même écarté après l'élimination dès les huitièmes de la CAN 2025 au Maroc , Lamouchi quitte la Tunisie avec un bilan famélique.
Entre janvier et juin 2026, en cinq matches dirigés, il n’a obtenu qu’une seule victoire, face à Haïti (1-0) en amical, pour un nul contre le Canada (0-0) et trois défaites contre l’Autriche (0-1), la Belgique (0-5) et la Suède (1-5). Malgré un contrat initial courant jusqu’en 2028, cette série de résultats a précipité son départ.
Il est remplacé par Hervé Renard, nommé jusqu’à la fin du Mondial 2026.
Hervé Renard, l'homme des missions africaines
Le profil de Renard n'a rien d'un hasard. Le technicien français connaît parfaitement le football africain et les sélections en difficulté: il a notamment dirigé le Maroc et la Côte d'Ivoire, et a marqué le dernier Mondial avec l'Arabie saoudite, autrice de l'un des plus grands exploits de la compétition en battant l'Argentine, future championne du monde. Un CV de "pompier" expérimenté, censé rassurer un vestiaire ébranlé.
La Tunisie n'est pas mathématiquement éliminée: huit des douze meilleurs troisièmes de groupe accèdent au tour suivant dans ce format élargi à 48 équipes. Mais avec zéro point et une différence de buts plombée, la marge est minuscule.
Renard hérite d'un groupe touché mentalement et de très peu de temps pour réinjecter de l'ordre avant les deux derniers matches de poule, face au Japon puis aux Pays-Bas.
FAQ - Limogeage de Sabri Lamouchi
Officiellement par "commun accord", dans les faits à la suite de la lourde défaite 5-1 contre la Suède lors du premier match du Mondial 2026, qui s'ajoutait à une préparation ratée (notamment un 0-5 contre la Belgique).
Parce que la FTF a d'abord publié sur Instagram un communiqué annonçant un intérimaire (Mondher Kebaier), avant de le supprimer, tandis que Lamouchi continuait d'entraîner l'équipe. Le départ n'a été confirmé que dans un second temps, à la télévision publique.
Le Français Hervé Renard, nommé pour diriger la sélection jusqu'à la fin de la Coupe du monde 2026, avec une évaluation prévue ensuite.
Cinq : une victoire (Haïti), un nul (Canada) et trois défaites (Autriche, Belgique, Suède).
Oui. Des sélectionneurs ont déjà été remerciés en pleine Coupe du monde, mais généralement après plusieurs matches. Un renvoi après une seule rencontre serait quasi inédit.
Non, pas mathématiquement: huit des douze meilleurs troisièmes se qualifient. Mais avec zéro point et un goal-average négatif, la tâche s'annonce très difficile.
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