Coupe du Monde 2026: La RDC fait trembler le Portugal de CR7

Pour son entrée dans la Coupe du monde 2026, le Portugal, grand favori, a été accroché 1-1 par une RD Congo héroïque au NRG Stadium de Houston, mercredi 17 juin. João Neves avait pourtant ouvert le score d'une tête dès la 6e minute, mais Yoane Wissa a égalisé dans le temps additionnel de la première période, offrant aux Léopards leur tout premier but en Coupe du monde, 52 ans après leur unique participation. Cristiano Ronaldo, muet et fantomatique, symbolise le doute portugais. Pour le football africain francophone, ce nul a une saveur de victoire.
Une entrée en matière qui tourne au piège pour la Seleção
Annoncé parmi les prétendants au titre, le Portugal de Roberto Martínez abordait ce premier match du groupe K avec l'étiquette de favori incontestable. Sur le papier, l'écart était abyssal: plus de quarante places séparaient les deux nations au classement FIFA, et la RD Congo de Sébastien Desabre revenait dans la compétition après cinquante-deux ans d'absence.
Le scénario a d'abord semblé confirmer cette hiérarchie. Dès la 6e minute, sur un centre parfait de Pedro Neto venu de la droite, João Neves a surgi pour placer une tête décroisée imparable. À 21 ans, le milieu du Paris Saint-Germain devenait le plus jeune Portugais à marquer pour ses débuts en Coupe du monde. Le NRG Stadium, envahi par la marée rouge lusitanienne, s'attendait alors à une longue soirée tranquille.
Mais les Léopards n'ont pas paniqué. Solidement organisés derrière un Chancel Mbemba impérial dans un bloc bas à cinq défenseurs, les Congolais ont serré les rangs, encaissé la domination portugaise, puis progressivement haussé leur pressing. Et à la dernière minute de la première période, le séisme : sur un centre tendu d'Arthur Masuaku côté gauche, Yoane Wissa a jailli d'un coup de tête rageur pour égaliser (45e+5). 1-1 à la pause, et un match totalement relancé.
Un premier but historique pour les Léopards
Le chiffre résume tout: zéro. C'est le nombre de buts que la RD Congo, alors appelée Zaïre, avait inscrits lors de sa seule et unique participation au Mondial, en 1974, conclue par trois défaites et quatorze buts encaissés. Cinquante-deux ans plus tard, la tête de Yoane Wissa à Houston met fin à cette disette et entre directement dans les livres d'histoire du football congolais.
La symbolique dépasse le simple résultat sportif. Cette sélection était privée d'une grande partie de ses supporters, faute de visas pour rejoindre les États-Unis, et sa préparation avait été perturbée selon plusieurs médias par le contexte sanitaire dans le pays. Portée à distance par toute une nation depuis Kinshasa, elle a répondu par un exploit collectif. À Newcastle, où évolue Wissa, comme dans toutes les diasporas congolaises, son nom a résonné comme celui d'un héros.
Le doute s'installe autour de Ronaldo et du Portugal
À l'inverse, la soirée a été frustrante pour la Seleção. Malgré une possession écrasante, autour de 75 % selon les relevés statistiques, avec des pointes au-delà de 80 %, le Portugal s'est créé étonnamment peu d'occasions franches et a été dominé au nombre de tirs par une RD Congo plus tranchante en contre. Cédric Bakambu a même trouvé le poteau en seconde période.
Le cas Cristiano Ronaldo cristallise les interrogations. Titularisé en pointe pour son sixième Mondial, un record qu'il partage désormais avec Lionel Messi, le capitaine de 41 ans est resté muet et largement hors du coup, malgré deux timides tentatives en fin de match. La question, déjà ancienne, ressurgit avec force dans le débat public portugais: la Seleção doit-elle continuer à construire son animation offensive autour de CR7, ou le moment est-il venu d'évoluer ?
Posée ouvertement par une partie de la presse, elle mérite d'être traitée comme un vrai sujet d'analyse, sans procès expéditif: Ronaldo a face à lui une défense regroupée et un Mbemba qui l'a parfaitement muselé, et un seul match ne saurait clore un tel débat.
Ce que ce nul change dans le groupe K
Avec ce partage des points, les deux équipes lancent leur campagne avec une unité au compteur. Le Portugal, classé parmi les favoris du Mondial, repart de Houston avec beaucoup de questions et l'obligation de réagir. La RD Congo, elle, a prouvé qu'elle n'était pas venue pour faire de la figuration et peut légitimement rêver d'une qualification dans ce format à 48 équipes, où les huit meilleurs troisièmes accèdent aussi aux seizièmes de finale.
Les prochaines échéances seront décisives : le Portugal défie l'Ouzbékistan, tandis que les Léopards affrontent la Colombie, l'autre prétendant sérieux du groupe.
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