La FIFA s'excuse pour le projet d'ouverture aux investisseurs privés
11:51, 06/08/2026, jeudi
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FABRICE COFFRINIAFP
La FIFA s'excuse pour ses "erreurs" autour du projet d'ouverture aux investisseurs privés, abandonné, et réaffirme son soutien à Gianni Infantino.La FIFA a présenté mercredi des excuses pour des "erreurs" de communication liées à un projet d'ouverture de son capital à des investisseurs privés, depuis abandonné. Réunie au Maroc, sa direction reconnaît que le processus aurait dû être géré autrement, tout en réaffirmant son plein soutien à Gianni Infantino. L'instance promet de renforcer sa gouvernance et de restaurer la confiance, après la démission du conseiller Carlos Cordeiro.
La FIFA a présenté mercredi des excuses publiques. L'instance reconnaît des
"erreurs"
de communication autour d'un projet d'ouverture de son capital à des investisseurs privés. Ce projet, très critiqué, a depuis été abandonné. Dans le même communiqué, la Fédération internationale de football réaffirme son soutien à son président, Gianni Infantino.La FIFA reconnaît des "erreurs" après la fuite du projet
Le communiqué est tombé à l'issue d'une réunion de crise tenue au Maroc. La direction de la FIFA y admet que
"des erreurs ont été commises après la fuite de la proposition dans les médias".
L'organisation ajoute que
"des excuses ont été présentées pour ces erreurs"
. Elle les assortit d'un engagement clair: veiller à ce que ces manquements "ne se reproduisent plus".
Le ton reste toutefois mesuré. En effet, la FIFA ne cite jamais directement son président lorsqu'elle évoque ces défaillances.
Un projet vivement contesté
La controverse a éclaté après la révélation d'un projet inédit. Celui-ci prévoyait d'ouvrir le capital de la FIFA à des fonds d'investissement privés.
L'initiative a immédiatement suscité de vives critiques. Par ailleurs, ces critiques ne sont pas venues seulement de l'extérieur. Elles ont aussi émergé au sein même de la direction de l'organisation.
Sans nommer Gianni Infantino, la FIFA concède que le processus
"aurait dû être géré différemment"
. Cependant, elle affirme qu'"il n'était nullement dans l'intention d'exclure le Conseil de la FIFA et les associations membres"
des discussions.L'instance insiste enfin sur un point. Selon elle,
"tout ce qui a été fait l'a été dans le strict respect du cadre réglementaire de la FIFA"
. Le projet a finalement été enterré.La démission de Carlos Cordeiro
Le malaise interne s'était déjà exprimé quelques jours plus tôt. Carlos Cordeiro, conseiller principal de Gianni Infantino, avait annoncé sa démission.
Il indiquait alors s'opposer
"catégoriquement"
au projet d'ouverture à des investisseurs privés. Ce départ a donné une dimension politique nouvelle à la crise.De son côté, le secrétaire général Mattias Grafström avait écrit au personnel de la FIFA. Il y évoquait
"une série d'événements tristes et condamnables".
Le Conseil renouvelle son plein soutien à Gianni Infantino
Malgré la tempête, la direction affiche son unité. Les membres présents du Conseil ont renouvelé
"leur plein soutien"
à Gianni Infantino.La FIFA rappelle également son statut particulier. Elle le décrit comme
"le seul responsable élu par les 211 associations membres de la FIFA".
Ce rappel n'a rien d'anodin. C'est pourquoi il fonctionne comme un verrou politique face aux contestations internes.
Le soutien joue par ailleurs dans les deux sens. Gianni Infantino réaffirme en effet
"son plein soutien"
à Mattias Grafström et à l'administration de l'organisation.Une mise en garde contre les attaques à son intégrité
Le communiqué prend ensuite un ton nettement plus ferme. La FIFA prévient qu'elle
"ne tolérera plus aucune attaque à son intégrité, à sa bonne gouvernance et au respect de la procédure régulière".
L'instance annonce également qu'elle prendra
"toutes les mesures nécessaires pour protéger et préserver son nom et sa réputation"
. Le message vise autant les médias que les voix dissidentes internes.Cette fermeté contraste avec les excuses présentées quelques lignes plus haut. En revanche, elle traduit une volonté claire: reprendre la main sur le récit.
Vers une gouvernance renforcée de la FIFA
La réunion marocaine a aussi porté sur les mécanismes internes. Les participants ont convenu d'un constat partagé.
Les processus de gouvernance, de communication et de coordination doivent évoluer. Cela concerne la présidence, le secrétariat général et le Conseil de direction. Ces processus
"peuvent et doivent être continuellement améliorés"
, selon le texte.L'objectif affiché reste l'efficacité de l'organisation. De plus, la FIFA estime que les conclusions de cette réunion contribueront à
"renforcer la gouvernance de la FIFA".
Elle ajoute un second objectif, plus délicat encore. Il s'agit de
"restaurer la confiance dans l'organisation".
Une crise de confiance loin d'être refermée
Le football mondial génère des milliards d'euros chaque année. Ainsi, toute tentative de faire entrer des capitaux privés au cœur de sa gouvernance soulève des questions majeures.
Qui contrôlerait alors les décisions sportives ? Quel poids garderaient les 211 fédérations nationales ? Ces interrogations restent entières.
La FIFA a reculé sur le projet. Cependant, la méthode employée laisse des traces durables. La démission de Carlos Cordeiro en reste le symbole le plus visible.
Les prochains mois diront si les promesses de réforme se traduisent en actes. Pour l'heure, l'instance mise sur l'unité de façade et sur la réaffirmation de la légitimité électorale de son président.
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