France : 970 dossiers prioritaires dans les violences sur mineurs
17:47, 16/07/2026, jeudi
AA

STEPHANE DE SAKUTINAFP
Le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, arrive pour prendre la parole lors de l'examen du projet de loi sur la protection des mineurs à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 15 juillet 2026.Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a annoncé l'identification de 970 dossiers prioritaires dans le réexamen national des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs, lancé après le meurtre de Lyhanna dans le Gers.
Le bilan du réexamen national
Selon les déclarations faites mercredi à l'Assemblée nationale, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a indiqué que 85 047 plaintes avaient été recensées par les parquets dans le cadre de cette opération lancée après le meurtre de la jeune Lyhanna dans le département du Gers.
Parmi ces dossiers, 970 ont été classés comme prioritaires par les services judiciaires, notamment lorsque les auteurs présumés sont identifiés ou présentent des antécédents judiciaires.
Le ministre a également précisé que 1 350 informations judiciaires avaient été ouvertes au cours des cinq dernières semaines et que 675 personnes avaient été incarcérées.
Des délais de traitement préoccupants
Par ailleurs, Gérald Darmanin a souligné que la moitié des plaintes examinées dataient de plus d'un an, certaines remontant même à plus de trois ans.
Le délai moyen de traitement des dossiers s'élève actuellement à quatorze mois, révélant des dysfonctionnements structurels dans la gestion de ces affaires sensibles.
De plus, plus de 15 000 plaintes restées bloquées dans des commissariats de police ou des brigades de gendarmerie ont été découvertes et ajoutées aux quelque 70 000 dossiers initialement recensés.
Profil des victimes et des auteurs
S'agissant des victimes, six sur dix sont aujourd'hui majeures, ce qui témoigne de l'ancienneté d'une grande partie des faits dénoncés, selon les explications du ministre.
Dans près de trois quarts des affaires, les auteurs présumés appartiennent au cercle familial ou proche des victimes, et une majorité d'entre eux étaient jusqu'ici inconnus de la justice.
La plupart des affaires concernent des délits, principalement des agressions sexuelles, tandis qu'un peu plus d'un tiers des faits recensés sont de nature criminelle, notamment des viols.
Réactions et perspectives
Toutefois, l'Union syndicale des magistrats (USM), principal syndicat de la profession, a mis en garde contre le risque que cette opération de réexamen ait été menée au détriment d'autres dossiers.
Selon elle, ce rythme ne pourrait être maintenu sans moyens supplémentaires et pérennes, soulignant la tension entre l'urgence démontrée et les ressources disponibles.
Gérald Darmanin a annoncé qu'il rencontrerait individuellement les 36 procureurs généraux afin d'identifier les difficultés locales et d'accélérer durablement le traitement des procédures.
Pour rappel, le ministre a réaffirmé son soutien à l'imprescriptibilité des crimes commis contre des mineurs, une mesure que les associations de protection de l'enfance réclament depuis plusieurs années.
A lire également:

International
France: Geffray défend le projet de protection des enfants

International
Affaire Lyhanna : le suspect convoqué pour viol et meurtre

Société
France: imprescriptibilité des crimes sexuels réclamée

International
France : 88 000 plaintes réexaminées après l'affaire Lyhanna