Trois morts dans une attaque à Paris
21:45, 23/12/2022, vendredi
AFP

Trois morts dans une attaque à Paris @Thomas SAMSON / AFP
Trois personnes ont été tuées par balles et trois autres blessées vendredi dans le centre de Paris par un homme de nationalité française qui, selon le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin, a voulu "manifestement s'en prendre à des étrangers" et aurait agi seul.
L'homme de 69 ans, connu pour des faits précédents de violences avec armes, a été interpellé peu de temps après les faits et placé en garde à vue.
Les faits ont eu lieu rue d'Enghien dans un quartier commerçant animé et prisé de la communauté kurde.
"
Trois personnes sont décédées et une autre lutte contre la mort
", a détaillé M. Darmanin lors d'un point presse sur place dans l'après-midi.Deux personnes sont moins sérieusement atteintes et le tireur présumé a été lui aussi légèrement blessé lors de son arrestation.
Dans un tweet, le président français Emmanuel Macron a dénoncé une "
odieuse attaque
". "Pensées aux victimes, aux personnes qui luttent pour vivre, à leurs familles et proches
", a écrit le chef de l'Etat. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour assassinat, tentative assassinat, violences volontaires avec armes et infraction à la législations sur les armes. Les investigations ont été confiées à la police judiciaire.
Le parquet national antiterroriste (Pnat) s'est rendu sur place mais il n'y aurait selon la procureure de Paris "
aucun élément qui privilégierait la nécessité de leur saisine
", En effet, en France, la piste de l'attentat est privilégiée principalement quand les auteurs de crimes sont apparentés à l'islam"Manifestement agi seul"
Devant la presse, Mme Beccuau a ajouté que les éventuels "
motifs racistes des faits
(...) vont évidemment faire partie des investigations qui viennent de débuter
".L'homme a "
voulu s'en prendre à des étrangers
" et "manifestement agi seul
", a estimé pour sa part M. Darmanin, qui a précisé qu'il fréquentait un stand de tir."
Il n'est pas sûr que le tueur qui a voulu assassiner ces personnes
(...) l'ait fait spécifiquement pour les Kurdes
", a-t-il ajouté, alors que des rumeurs d'attaque "politique
" étaient relayées par des sympathisants du groupe terroriste PKK.M. Darmanin a précisé que les victimes n'étaient pas "
connues des services français
". Il a néanmoins ordonné la mise en place de mesures de protection."
Rien ne permet à ce stade d'accréditer une quelconque affiliation de cet homme à un mouvement idéologique extrémiste
", a écrit la procureure Beccuau dans un communiqué publié en fin de journée.Selon deux sources policières, cet homme, un conducteur de train à la retraite de nationalité française et âgé de 69 ans, est connu pour des faits de violences avec armes commis en 2016 et décembre 2021.
Malgré le fait qu'il a déjà condamné pour l'agression de migrants à l'aide d'un sabre, il était étonnamment inconnu des fichiers du renseignement territorial et de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), a précisé une de ces deux sources.
Violences avec armes
La procureure de Paris a indiqué que le suspect avait été condamné en juin à douze mois d'emprisonnement pour des faits de violence avec armes commis en 2016. Il a fait appel de cette condamnation.
Il a par ailleurs été mis en examen en décembre 2021 pour violences avec armes, avec préméditation et à caractère raciste, et dégradations pour des faits commis le 8 décembre 2021 à Paris, selon Laure Beccuau.
Initialement placé en détention provisoire, il a été remis le 12 décembre en liberté provisoire, ainsi que l'exige la loi, et placé sous contrôle judiciaire, a indiqué la procureure.
En 2017, l'homme avait été condamné à six mois de prison avec sursis pour détention prohibée d'armes.
Sur place, où un périmètre de sécurité a été mis en place au croisement de la rue d'Enghien et de la rue d'Hauteville, l'émotion était vive.
Violents incidents
De violents incidents ont éclaté dans l'après-midi dans le quartier entre manifestants et forces de l'ordre qui ont repliqué à des lancers de projectiles par des jets de gaz lacrymogènes.
Des poubelles ont été incendiées et des barricades érigées dans la rue.
Les vitres de plusieurs véhicules civils et de police ont été brisées par des pavés et briques, et de nombreux feux ont été allumés sur la chaussée.
Les manifestants seraient proches de l'organisation terroriste PKK car plusieurs slogans faisant référence à ce groupuscule terroriste on tété scandés.