Soudan du Sud : au moins 23 morts dans des combats au nord
00:20, 09/11/2026, lundi
AFP

CFP
Des déplacés internes rassemblés dans l’enceinte d’une église à Akobo, dans l’État de Jonglei, au Soudan du Sud, le 21 février 2026.Au moins 23 personnes ont été tuées et plus de 100 000 autres contraintes à fuir leurs foyers lors d'affrontements entre l'armée régulière et les forces rebelles dans le nord du Soudan du Sud, ont indiqué dimanche à l'AFP des sources locales et policières.
Affrontements meurtriers dans la région de Ruweng
Selon des sources concordantes, les combats ont opposé les forces gouvernementales sud-soudanaises au SPLA-IO, les milices fidèles à l'opposant Riek Machar, dans la région administrative de Ruweng, située au nord du pays. Les affrontements, qui se sont intensifiés depuis le début du mois, ont fait au moins 23 morts et 17 blessés, a affirmé à l'AFP Tony Chol Ayat, ministre de l'Information par intérim de Ruweng. Ce bilan a été corroboré par deux sources policières distinctes.
Par ailleurs, les rebelles auraient lancé trois assauts successifs depuis le 4 octobre dernier à partir de l'État de l'Unité, leur bastion traditionnel, visant les positions gouvernementales dans la région voisine de Ruweng. La dernière de ces attaques s'est déroulée jeudi, précisent les mêmes sources.
Déplacements massifs de population
Les violences ont provoqué un mouvement de foule considérable. Tony Chol Ayat a d'abord évoqué "plus de 25.000" déplacés, avant de réviser ce chiffre à la hausse, évoquant "plus de 100.000" personnes ayant fui leurs domiciles. De leur côté, les sources policières ont fait état de "milliers de personnes" ayant quitté la zone des combats, sans précision supplémentaire.
De plus, la population locale témoigne d'une insécurité persistante. "Ce sont les combattants du SPLA-IO, avec le soutien de civils armés, qui sont à l'origine de l'insécurité dans la zone", a déclaré à l'AFP un habitant de Ruweng. "Le gouvernement a massé des forces sur les lignes de front et les armées rebelles ont été repoussées", a-t-il ajouté.
Témoignages et silence des belligérants
Une résidente de la zone, qui s'est confiée sous couvert d'anonymat, a confirmé l'attaque menée par les forces pro-Machar. "Nous ne nous sentons pas en sécurité", a-t-elle déploré, soulignant la peur ambiante qui règne dans la région.
Toutefois, le porte-parole de l'armée sud-soudanaise, joint par l'AFP, n'a pas souhaité commenter la situation. Les représentants des forces pro-Machar n'ont pas non plus répondu aux sollicitations de l'agence pour obtenir leur version des faits.
Contexte politique et électoral tendu
Ces affrontements interviennent dans un contexte de vive tension politique. Indépendant du Soudan depuis 2011, le plus jeune État du monde est secoué par des luttes de pouvoir entre les soldats loyaux au président Salva Kiir et ceux soutenant son ancien vice-président Riek Machar, actuellement emprisonné depuis mars 2025 et inculpé de "crime contre l'humanité".
En outre, le pays doit organiser des élections présidentielle et législatives le 22 décembre prochain, un scrutin déjà reporté à plusieurs reprises. Déjà fragilisé par une guerre civile meurtrière entre 2013 et 2018 (plus de 400.000 morts), ce processus électoral "risque de déclencher une guerre", avait estimé en octobre la Commission des droits de l'homme de l'ONU au Soudan du Sud.
Pour rappel
Le Soudan du Sud, pays d'Afrique de l'Est, demeure l'un des plus pauvres et corrompus au monde, où une grande partie de la population peine à accéder aux services essentiels tels que la santé et l'éducation. La multiplication des violences intercommunautaires, souvent liées au bétail, et la fragilité des institutions étatiques continuent d'aggraver la situation humanitaire dans la région.


