Soudan : 1.400 déplacés en un jour au Darfour du Nord
10:10, 26/06/2026, vendredi
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AFP
Une Soudanaise marche en portant un bidon en plastique dans le camp de déplacés d'al-Rahmaniyah, près de la ville d'El-Obeid, dans la région du Kordofan du Sud, le 25 juin 2026.Environ 1.430 personnes ont été contraintes de fuir en l'espace de vingt-quatre heures cinq villages de l'État du Darfour du Nord, dans l'ouest du Soudan, en raison de la dégradation de la situation sécuritaire, a indiqué jeudi l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Nouvelle vague de déplacements dans la localité d'Umbro
Selon l'agence onusienne, ces mouvements de population ont eu lieu mardi et ont spécifiquement touché les localités de Shatmarta, Sangari, Goz Laban, Dal Barida et Khair Wajid, toutes situées dans la localité d'Umbro. Les habitants de ces zones ont été contraints de quitter leurs foyers face à l'insécurité grandissante qui sévit dans la région.
Par ailleurs, une partie des personnes déplacées s'est réfugiée au sein d'autres secteurs de la localité d'Umbro, tandis que d'autres ont franchi la frontière pour rejoindre le Tchad voisin.
Ces déplacements s'inscrivent dans un contexte de violence persistante qui continue de marquer le quotidien des populations civiles dans cette partie du Darfour.
Situation sécuritaire "tendue et volatile"
L'OIM a précisé que la situation sécuritaire dans la zone demeurait
"tendue et volatile"
, ajoutant qu'elle poursuivait son suivi de l'évolution. Ces nouveaux déplacements surviennent trois jours après que l'organisation eut déjà fait état de quelque 2.260 personnes contraintes d'abandonner deux autres villages de la même localité, également pour des raisons d'insécurité.En outre, selon le collectif indépendant Emergency Lawyers, les villages d'Umbro sont la cible d'attaques menées depuis environ un mois par les Forces de soutien rapide (FSR).
Ce groupe paramilitaire est accusé de diverses exactions, notamment des raids contre des marchés, des incendies de villages et des pillages à grande échelle.
Contrôle territorial et crise humanitaire
Sur le plan militaire, les FSR contrôlent actuellement quatre des cinq États constituant la région du Darfour, ainsi qu'une partie significative du cinquième, tandis que l'armée soudanaise conserve la maîtrise de secteurs du Darfour du Nord et de la majorité des dix-huit autres États du pays, dont la capitale Khartoum. Ce partage territorial témoigne de la division profonde qui affecte le Soudan depuis le début des hostilités.
Le pays est en effet plongé dans un conflit armé depuis avril 2023, lorsque des affrontements ont éclaté entre les forces régulières et les FSR sur fond de désaccord concernant l'intégration du groupe paramilitaire au sein des forces armées.
Cette guerre a provoqué l'une des plus graves crises humanitaires au niveau mondial, faisant des dizaines de milliers de morts et générant près de 13 millions de personnes déplacées à travers le territoire.
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