France: Ciblé par un rapport, le Secours islamique perd un million d'euros de subventions
14:26, 10/08/2026, lundi
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Le Secours islamique France a perdu près d'un million d'euros de subventions après le rapport sur les Frères musulmans. Le Secours islamique France a perdu environ un million d'euros de subventions publiques dans l'Essonne, la Seine-Saint-Denis et le Rhône. L'ONG a fermé en septembre 2025 son hébergement pour femmes isolées à Massy. Ces décisions ont suivi le rapport gouvernemental sur les Frères musulmans, qui cite l'association. Le SIF conteste tout lien avec cette mouvance et réclame depuis un an une clarification du ministère de l'Intérieur.
Le
Secours islamique France
(SIF) a perdu environ un million d'euros de subventions publiques. Cette ONG humanitaire a dû fermer un hébergement pour femmes précaires. Depuis un an, elle réclame des explications au ministère de l'Intérieur.Ces suppressions sont intervenues après la publication du rapport gouvernemental sur les Frères musulmans. L'association y est citée à trois reprises. Elle conteste toute proximité actuelle avec cette mouvance.
Un centre d'hébergement fermé à Massy
En septembre 2025, le SIF a fermé son centre d'hébergement de Massy, dans l'Essonne. Ce dispositif accueillait des femmes isolées, souvent sans solution de logement.
La fermeture a suivi la suppression de près de 500.000 euros de subventions publiques. Ces fonds finançaient l'intégralité du dispositif. Sans eux, l'ONG n'a pas pu maintenir l'activité.
Le site existe toujours. Cependant, il ne propose plus qu'un accueil de jour pour une soixantaine de personnes. Un service de domiciliation y subsiste également.
La domiciliation permet aux personnes sans logement stable d'obtenir une adresse administrative. Cette adresse conditionne l'accès aux soins, à l'emploi et aux droits sociaux. Ainsi, sa disparition aurait des effets en cascade sur les bénéficiaires.
Le Secours islamique France chiffre ses pertes à un million d'euros
Au total, l'organisation évalue ses pertes à environ un million d'euros. Trois préfectures sont concernées : l'Essonne, la Seine-Saint-Denis et le Rhône.
Ces décisions ont réduit les activités sociales du SIF en France. En effet, ces programmes dépendent fortement des financements publics. La marge de manœuvre de l'association reste donc limitée.
En Essonne, l'annonce est arrivée par courrier électronique durant l'été 2025. Léo André, responsable des dispositifs sociaux, a expliqué à Mediapart que ces aides étaient auparavant reconduites chaque année. Par ailleurs, il affirme que la collaboration avec l'État n'avait jamais posé de difficulté.
Le rapport sur les Frères musulmans, point de bascule
Le 21 mai 2025, le gouvernement a publié le rapport "Frères musulmans et islamisme politique en France". Ce document cite le SIF à trois reprises.
Il présente l'organisation comme ayant longtemps été dirigée par des personnalités de la "mouvance frériste". Le rapport indique toutefois que l'association s'en est progressivement éloignée.
Les suppressions de subventions sont survenues dans les mois suivants. Cette proximité chronologique nourrit les interrogations de l'ONG.
Mahieddine Khelladi, directeur exécutif du SIF, conteste la méthode. Il a déclaré à Mediapart que l'organisation n'avait été entendue ni par les auteurs du rapport ni par leurs collaborateurs.
Aucune contradiction n'a donc précédé la publication. C'est pourquoi l'association parle d'un procès mené sans elle.
Une demande de clarification restée sans réponse
Le SIF conteste toute proximité actuelle avec les Frères musulmans ou l'islamisme politique. Depuis un an, il demande au ministère de l'Intérieur de clarifier les passages le concernant.
L'organisation estime que ces soupçons abîment sa réputation. De plus, elle considère qu'ils compliquent son accès aux financements publics.
Cette situation illustre un risque bien connu du secteur associatif. Une mention dans un rapport officiel peut suffire à fragiliser une structure, même sans décision judiciaire.
La Cour des comptes valide la gestion de l'ONG
En juillet 2026, la Cour des comptes a rendu un avis de conformité. Cet avis porte sur l'utilisation des ressources collectées par le SIF entre 2020 et 2024.
L'institution a également confirmé un point de gouvernance. L'organisation britannique "Islamic Relief Worldwide" n'est plus représentée dans les instances du SIF depuis 2006.
Ce contrôle indépendant contraste donc avec les soupçons véhiculés par le rapport gouvernemental.
Aucune préfecture n'a confirmé que les subventions avaient été supprimées en raison du rapport. Le lien direct entre les deux événements n'est donc pas établi.
Cependant, la concordance des calendriers interroge. Plusieurs parlementaires ont relayé ces questions. L'absence de motivation publique des décisions préfectorales alimente le doute.
Des femmes précaires renvoyées à des solutions incertaines
Le centre de Massy hébergeait chaque nuit des dizaines de femmes isolées. Plusieurs d'entre elles étaient enceintes.
La préfecture de l'Essonne a assuré à La Croix qu'aucune bénéficiaire n'avait été laissée sans solution. Selon elle, les prises en charge ont été réorganisées à Étampes, à Corbeil ou dans des hôtels.
Plusieurs femmes interrogées par Mediapart livrent un récit différent. Elles décrivent des solutions ponctuelles et déclarent dormir parfois dehors.
Un modèle associatif fragilisé
Les associations humanitaires françaises vivent en partie de fonds publics. Ces conventions couvrent des missions déléguées par l'État lui-même.
L'hébergement d'urgence en fait partie. En effet, les préfectures confient ces dispositifs à des opérateurs associatifs. Ces derniers assument le terrain, les équipes et les locaux.
Une coupure budgétaire produit donc un effet immédiat. Les places disparaissent en quelques semaines. Ainsi, la fermeture de Massy est intervenue peu après l'annonce.
Retrouver des financements équivalents prend du temps. Les dons privés ne compensent pas toujours ces montants. De plus, ils sont rarement fléchés vers l'hébergement.
Le SIF affirme avoir maintenu l'accueil de jour malgré tout. Cependant, son action sociale en France reste réduite.
Un dossier suivi par des parlementaires
Plusieurs élus ont demandé des éclaircissements sur ces décisions. Ils s'interrogent sur les critères retenus par les préfectures.
Aucune réponse publique détaillée n'a été apportée à ce jour. En revanche, la Cour des comptes a validé la gestion financière de l'ONG.
Ce cas dépasse le sort d'une seule association. Il pose la question des garanties offertes aux structures citées dans des rapports administratifs.
Aucune procédure contradictoire n'a été organisée. Aucune décision de justice n'a été rendue. En revanche, les effets financiers sont immédiats et documentés.
Le SIF attend toujours la réponse du ministère de l'Intérieur. Un an après sa demande, la clarification n'est pas venue.
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