Philippines : Sara Duterte paie sa caution après son mandat d'arrêt
13:38, 05/09/2026, samedi
AFP

AAX
Sara Duterte paie sa caution après son mandat d'arrêtSara Duterte s'est présentée samedi dans un tribunal de Manille pour verser sa caution, au lendemain de l'émission d'un mandat d'arrêt à son encontre pour menaces de mort contre le président Ferdinand Marcos, son épouse et un ancien député, a indiqué son avocat.
Présentation volontaire au tribunal de Manille
Selon son conseil Lawrence Lim, la vice-présidente philippine s'est présentée volontairement devant la juridiction ayant émis le mandat.
"La vice-présidente s'est présentée volontairement devant le tribunal qui a émis le mandat, il n'y avait donc pas lieu de l'arrêter",
a déclaré l'avocat. Elle a ainsi régularisé sa situation en versant une caution en espèces s'élevant à 360 000 pesos, soit environ 4 945 euros, comme en attestait l'ordonnance qu'elle brandissait en sortant de l'audience.Déclarations controversées et craintes pour sa sécurité
Mme Duterte, âgée de 48 ans, fait l'objet d'une inculpation pour "menaces graves" depuis le mois dernier. Par ailleurs, elle avait affirmé lors d'une conférence de presse avoir engagé un tueur à gages pour assassiner le chef de l'État, son épouse et son cousin Paolo Duterte, ancien député, dans l'éventualité où elle serait elle-même tuée, avant d'assurer que ses propos avaient été mal interprétés. Toutefois, craignant pour sa vie, elle a indiqué aux journalistes avant son entrée au palais de justice :
"je ne veux pas (verser de caution) si personne ne surveille". "Vont-ils me jeter en prison et, une nuit, je mourrai dans mon sommeil ?",
a-t-elle interrogé, dénonçant un harcèlement policier à son encontre.Procédure de destitution et enjeux politiques
Cette affaire de menaces présumées constitue un élément central du procès en destitution intenté contre la vice-présidente devant le Sénat. En outre, une condamnation pour ce chef d'accusation pourrait entraîner une peine allant jusqu'à six mois d'emprisonnement et, surtout, une interdiction définitive d'exercer une fonction politique, mettant ainsi un terme à ses ambitions présidentielles pour 2028. De plus, la Chambre des représentants l'avait déjà mise en accusation en mai pour corruption et détournement de fonds, des chefs distincts de ceux visés par le mandat d'arrêt.
Rupture avec le président Marcos
Les Philippines traversent une période de fortes tensions politiques depuis la brouille entre Sara Duterte et Ferdinand Marcos, pourtant alliés lors de la présidentielle de 2022. Selon des sources concordantes, la mésentente s'est rapidement aggravée lorsque le président lui a confié le portefeuille de l'Éducation, qu'elle a fini par quitter en juin 2024, plutôt que le ministère de la Défense qu'elle convoitait. Par ailleurs, l'équipe juridique de Mme Duterte avait précisé vendredi dans un communiqué qu'elle n'avait
"aucune intention de se soustraire à la loi"
et qu'elle exercerait "tous ses recours juridiques".
Pour rappel, Sara Duterte disposait encore récemment de soutiens significatifs au sein de la chambre haute et de l'appui de deux influentes sectes chrétiennes ayant organisé de vastes manifestations en sa faveur, tandis que la procédure sénatoriale se poursuit.
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