Pérou: détention provisoire pour un recruteur pro-Russie
11:47, 11/10/2026, dimanche
AFP

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Détention provisoire pour un recruteur pro-RussieUn tribunal péruvien a ordonné la détention provisoire pour 14 mois d'un recruteur présumé accusé de traite d'êtres humains, pour avoir envoyé des victimes combattre pour la Russie contre l'Ukraine, selon le parquet.
La décision judiciaire
Un tribunal péruvien a ordonné la mise en détention provisoire pour 14 mois d'un homme de 54 ans, Pocho Pinto, accusé de traite d'êtres humains à des fins d'exploitation par le travail. Selon le communiqué du parquet rendu public samedi, cette mesure vise à garantir le déroulement de l'enquête sur des faits présumés remontant à mars 2026.
Les victimes et le modus operandi
Le suspect est notamment accusé d'avoir envoyé en Russie Julio Salazar, décédé sur la ligne de front en avril, ainsi que trois autres Pérouviens qui ont survécu.
"Pinto aurait coordonné, financé et facilité le transport international de Salazar et d'autres victimes, en mars 2026, afin qu'ils travaillent comme personnel de sécurité dans une base militaire de la Fédération de Russie",
avec des promesses de salaires mensuels de 2.300 dollars, a précisé le parquet.Un phénomène international dénoncé
Par ailleurs, un rapport d'Amnesty International publié en septembre affirme que la Russie a recruté par la ruse des milliers de personnes originaires de pays pauvres, parmi lesquels des ressortissants du Brésil, de Colombie, de Cuba, du Sri Lanka et d'Afrique du Sud. Les parquets du Pérou et de la Bolivie mènent également des enquêtes sur ces réseaux dans leurs pays respectifs, tandis que le ministère des Affaires étrangères de Colombie a indiqué avoir reçu plus de 800 signalements de concitoyens dans la même situation.
En outre, des journalistes de l'AFP ont recueilli les témoignages de Kényans et de Dominicains qui ont raconté avoir été victimes de recrutement forcé de la part de la Russie. En avril, l'ambassade de Russie au Pérou a reconnu que des Pérouviens avaient signé des contrats pour accomplir un service militaire au sein des forces armées de son pays, soutenant qu'il s'agissait de décisions volontaires. Toutefois, l'ambassade russe en Colombie a nié en juillet tout lien avec des réseaux de recrutement, après la diffusion d'une enquête du journal télévisé Noticias Caracol ayant rassemblé témoignages et documents de Colombiens affirmant avoir été envoyés sur la ligne de front.
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