L'opposition israélienne choisit Eisenkot pour défier Netanyahu
17:28, 03/11/2026, mardi
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DHADHA
Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, désigné par l'opposition israélienne pour former le prochain gouvernement.Réunis à Herzliya, les chefs de l'opposition israélienne ont décidé de recommander Gadi Eisenkot au président Herzog pour former le prochain gouvernement. Ils promettent un "gouvernement d'urgence nationale" face à Netanyahu. Faute de majorité de 61 sièges, le soutien des 19 députés arabes pourrait être décisif. Pour les Palestiniens, ce changement de visage ne garantit ni la fin de l'occupation ni la justice pour Gaza.
Les chefs de l'opposition israélienne ont franchi une étape mardi. Ils recommanderont Gadi Eisenkot au président Isaac Herzog pour former le prochain gouvernement. Leur objectif affiché: remplacer l'équipe de Benjamin Netanyahu par un "gouvernement d'urgence nationale". Mais l'arithmétique parlementaire reste le principal obstacle.
Une recommandation commune de l'opposition israélienne à Herzog
L'accord date de mardi. Il a été conclu à Herzliya, dans le centre-ouest d'Israël. Les dirigeants se sont réunis à la veille des consultations organisées par la présidence.
Selon leur communiqué, tous les partis participants soutiendront Eisenkot, chef du parti Yashar. Leurs équipes de négociation travailleront immédiatement sur les orientations politiques. Elles prépareront aussi les accords de coalition nécessaires.
Les formations affirment agir de manière coordonnée. Elles veulent remplacer le gouvernement qu'elles associent au 7 octobre. Elles visent ainsi une
"majorité parlementaire claire"
à la Knesset.Par ailleurs, les dirigeants ont évoqué les premiers jours de la nouvelle législature. Ils cherchent à former un gouvernement sans retourner aux urnes. En effet, personne ne souhaite un nouveau scrutin.
Qui siège autour de la table à Herzliya ?
C'était la première rencontre commune depuis les élections du 27 octobre. Selon le Jerusalem Post, cinq personnalités y participaient.
- Gadi Eisenkot, chef de Yashar
- Naftali Bennett, ancien Premier ministre, du parti Ensemble
- Avigdor Lieberman, chef d'Israel Beytenu
- Yair Golan, des Démocrates
- Yair Lapid, chef de l'opposition
Le profil d'Eisenkot mérite un rappel. Cet ancien chef d'état-major a siégé au cabinet de guerre après le 7 octobre 2023. Il n'incarne donc pas une rupture avec la guerre menée contre Gaza. C'est pourquoi son arrivée éventuelle au pouvoir appelle à la prudence.
Les chiffres du scrutin du 27 octobre
Les résultats ne donnent de majorité à personne. Le bloc de Netanyahu a obtenu 53 sièges sur 120. L'opposition en compte 48. Les partis arabes en totalisent 19, un record historique.
Le Likud reste le premier parti avec 27 sièges. Yashar suit avec 21 sièges. Selon la presse israélienne, le bloc de Netanyahu perd donc 15 sièges par rapport à la législature sortante.
La barre des 61 sièges n'est atteinte par aucun camp. Ainsi, la formation du prochain gouvernement s'annonce longue et incertaine. Herzog a d'ailleurs promis de tout faire pour éviter de nouvelles élections.
Les députés arabes, arbitres d'un possible gouvernement
L'opposition ne dispose pas, seule, de la majorité. Son bloc compte 48 sièges, soit 13 de moins que le seuil requis. Le soutien des députés arabes devient donc décisif.
Ces partis, la Liste unie et Raam, ont obtenu un score sans précédent. Les citoyens palestiniens d'Israël ont voté en nombre. Ils espéraient écarter Netanyahu du pouvoir.
Pourtant, les leaders sionistes restent réticents. Selon la chaîne ABC, Netanyahu et Eisenkot ont tous deux exclu une coalition avec les partis arabes. En revanche, Yair Golan appelle à s'unir avec eux. Ce désaccord pèsera lourd dans les négociations.
De son côté, Netanyahu contre-attaque. Selon l'agence AP, lui et son parti ont relayé des accusations de fraude contre les partis arabes. Aucune preuve n'a été apportée. Cette rhétorique vise à délégitimer des électeurs palestiniens qui ont voté massivement.
Que changerait un gouvernement d'urgence nationale pour les Palestiniens ?
L'enjeu dépasse la tactique parlementaire. Netanyahu fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI). Son gouvernement est responsable du génocide à Gaza et de l'aggravation de l'occupation.
Cependant, un changement de visage ne garantit aucun changement de politique. L'opposition promet de remplacer Netanyahu. Elle ne promet pas de mettre fin à l'occupation de Gaza ni de la Palestine occupée (Cisjordanie).
Les Palestiniens jugeront donc sur les actes. Ils attendent la fin de la colonisation, la levée du blocus et la justice pour les crimes commis. En effet, aucune alternance israélienne ne vaut sans ces garanties.
Les prochaines étapes
Les consultations chez Herzog débutent mercredi. Chaque faction y indiquera son candidat. Le président choisira ensuite qui chargera de former le gouvernement.
Eisenkot devra alors bâtir une majorité de 61 sièges. Cette mission paraît difficile sans les députés arabes. Si les tentatives échouent, Israël pourrait retourner aux urnes début 2027.
Ce qu'il faut retenir
L'opposition israélienne a désigné Eisenkot comme son candidat. Elle veut renverser Netanyahu rapidement. Toutefois, elle manque de sièges et de consensus.
Les partis arabes détiennent la clé du scrutin. Leur rôle sera donc central. Pour les Palestiniens, l'essentiel reste la fin de l'occupation, quel que soit le Premier ministre.
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