Trump évoque de nouvelles frappes contre l'Iran
09:27, 01/11/2026, dimanche
AFP

AA
Une infographie intitulée « Pickaxe Mountain »Le président américain Donald Trump a menacé samedi de procéder à de nouvelles frappes contre des installations nucléaires iraniennes, évoquant notamment le mont Kolang, tandis que le guide suprême de la République islamique a promis une riposte immédiate et sans limite géographique.
Menaces de frappes sur le mont Kolang
Selon des sources concordantes, le président américain Donald Trump a déclaré samedi depuis sa résidence en Floride que Washington devait encore "s'occuper" d'un ou deux sites nucléaires iraniens, une semaine seulement après les élections de mi-mandat américaines. "Il nous reste encore à nous occuper, je dirais, d'un ou deux sites, mais nous pouvons faire ça en dix minutes (...). Vous pourriez probablement regarder du côté de Pickaxe Mountain, et il faut s'en occuper. Nous pouvons faire tout cela très rapidement", a-t-il affirmé à des journalistes, évoquant notamment ce site situé à environ 200 km au sud de Téhéran, près du complexe nucléaire de Natanz.
Par ailleurs, des informations de presse évoquent une possible campagne militaire courte et intense dans les prochains jours, alors que le conflit avait déjà fait rage pendant près de 40 jours au printemps. Un cessez-le-feu conclu en avril et un protocole d'accord signé en juin avaient pourtant mis fin aux hostilités déclenchées le 28 février par des frappes conjointes américano-israéliennes, tandis que la fragile entente a volé en éclats cet été autour du détroit d'Ormuz.
Washington et Israël évaluent leurs options
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a indiqué samedi depuis Atlanta, où se tient le sommet du G20, que Donald Trump n'avait pris
"aucune décision définitive"
concernant ces frappes. Toutefois, il a précisé que le président américain privilégiait une "solution diplomatique"
pour régler la crise, selon des propos rapportés par les médias internationaux.De plus, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a évoqué cette semaine
"une opportunité historique unique"
pour Israël avec l'administration Trump d'"éliminer définitivement la menace existentielle"
représentée par l'Iran, ennemi juré de l'État hébreu, selon des sources diplomatiques.Téhéran promet une riposte "sans limite"
L'ayatollah Mojtaba Khamenei a prévenu qu'une nouvelle agression américaine déclencherait
"d'une riposte immédiate, puissante et sans limite géographique"
de la part des forces armées iraniennes. "Si les ennemis lancent à nouveau des attaques militaires ou terroristes, ce sont les forces armées de la République islamique et le peuple iranien qui détermineront le moment et les conditions de leur fin"
, a souligné dans un communiqué écrit le guide suprême, resté invisible depuis sa nomination début mars.En outre, il a ordonné aux responsables militaires de mettre à jour la liste des cibles pour y inclure
"tous les types d'actifs matériels et immatériels appartenant à l'ennemi américano-sioniste"
. L'Iran a déjà menacé de s'en prendre aux centres de données et systèmes d'intelligence artificielle, ainsi qu'aux câbles sous-marins dans le stratégique détroit d'Ormuz, selon la même source.Par ailleurs, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a affirmé
"ne pas voir la nécessité d'une rencontre avec les Américains"
dans le cadre des tractations actuelles sous l'égide du médiateur qatari. "Si les États-Unis acceptent les conditions de l'Iran, alors Téhéran décidera si les négociations doivent être directes ou indirectes"
, a-t-il ajouté dans des propos également rapportés par l'agence officielle Irna.Population tiraillée entre espoir et résignation
Dans les rues de Téhéran, la perspective d'une reprise des hostilités d'ampleur alimente un sentiment d'attente anxieuse chez certains habitants.
"Malheureusement nous sommes un peuple qui, d'une certaine manière, attend la guerre, tout simplement parce que nous vivons dans l'entre-deux depuis un an"
, témoigne pour l'AFP Farima, une sexagénaire rencontrée dans la capitale iranienne.Toutefois, d'autres expriment une résignation fataliste face au cycle des conflits. Ebrahim, un vendeur quadragénaire, assure ainsi :
"nous ne craignons pas une autre guerre, cela fait 48 ans que nous sommes en guerre"
, en référence à l'avènement de la République islamique en 1979, selon des témoignages recueillis sur place.Selon des sources militaires citées par la télévision d'État iranienne, un pétrolier a pris feu samedi après avoir heurté des mines dans le détroit d'Ormuz, alors que Washington assure avoir en grande partie déminé la zone. Pour rappel, Téhéran revendique le contrôle de cette voie maritime cruciale pour le transport mondial d'hydrocarbures et y cible régulièrement des navires s'y aventurant sans son autorisation, dans un contexte de tensions persistantes avec la communauté internationale.
A lire également:

International
Iran : une nouvelle attaque américaine élargirait le conflit
